‹ La véritésur les Arnauld, complétée à l'aide de leur correspondance inéditeChapitre 15 sur 88 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

La scène se passe tantôt sur les bords de la Loire, dans la splendide habitation de Veretz, et tantôt près des rives de la Seine, dans le faubourg Saint-Jacques, à Port-Royal de Paris. Si depuis Molière les choses n'a- \ aient pas bien changé, nous nous montrerions plus scrupuleux sur l'unité de lieu. Mais nous croyons pouvoir donner quelque chose au progrès. M. Sainte-Reuve, qui y a contribué, nous sçiTira encore d'excuse pour cette licence, la seule d'ailleurs que nous nous permettrons désonnais.

Ainsi que dans la pièce de Molière, un fait s'est accompli ayant le lever du rideau :

Ah ! si vous aviez vu comme J'en ûs rencoptre* Vous auriez pris pour lui Tamllié que Je n\onb*e. Chaque Joui: à Féglise il vcnoit, d'un air dtfux, Toot vis-à-vIs de moi se mettre à deux geuoux.

Et, lorsque Je sorlois, il me devanroit vile, PQor m)iller, à la porte, offrir de l'eau bénite i

A Veretz un homme était venu, non pas jDffrir,.mais demander l'eau bénite; il. la demandait pour son fils

mort, et mort, nous le yerfons bientôt 2, parcequ'il l'avait écrasé sous sa volonté de fer. Fabert seul le savait. Outre l'eau bénite, comment lui refuser une larme? Mais le père malheureux est en même temps ce solitaire

Qui prêcha la retraite an milieu de ta cours,

^ Act. I, se. vi.

^ Chap, IV, seeU iv, art» lu

' AcL I, se. Vf.

178 ROBERT ARNAULD D'ANDaLY.

ces faits seulement nous parait hors de doute. Nous n'avons acquit sur le premier que de fortes, présomptions; et ces présomptions même, ce n'est pas dans nos archives que pous ea avonis trouvé les éléments. Pour cela il nous^ a fallu, contre nos habitudes, sortir de notre Arsenal, et feûre des emprunta à Un dépôt plus riche, à la bibliothèque du roi<

Daps un des^ cartons non catidogués de cette bibllothë(j[ue, la sdlicitude de MM. lés conservateurs a déposé une acquisition assez récente, *çelle de la correspondance de madathe de Sablé. — Tallemant des Réaux rappeUera beaucoup mieux que nous ne le ferions èe qu'était la marquise de Sablé : « Depuis tette* perte [celle d'Annenn tiëres, l'un de ses semants], la marquise ne fit plu&lV « jnour. Elle trouva qu'il étbit fenaps de faire la dévote ; « mais quelle dévote,' bon Dieu f II n'y. a point eu d'in- « trigue à la cour dont elle ne se sôit mêlée, et elle n'sr « voit garde de manquer et être Jansjéniste, quand ce ne <( seroit que. cette Becte a grand besoin de cabale pour a se maintenir ; et c'est à quoi la marquise se délecte sur « toutes chpses; depuis qu'elle est au monde... EJle alla « loger tout contre Port7Royal. Deîpuîs qu'elle y est, elle «.a plus d'intrigues que jamais; elle se mêle de tout.. « Ajoutez que depuis qu'elle est dévote, c'est la plus « grande friande qui soit au moiide. Elle prétend qu'il « n'y a personne qui ait le goût si fin qu'elle, et ne fait « nul cas des gens qui ne goûtent point les bonnes choses* (c Elle invente' toujours quelque nouvelle friandise ^ » Tallemant décrit ensidte les terreurs ridicules que les maladies inspiraient à madame de" Sablé, et ses préten-

tîonâ au bel esprit sérieux.

1 BixtorieUeK, l ii, p. 82Î. •

€HAP* u, myr. u, iRT. n, 8 ^i- i9f

L*EBliITE. •

Vous êtes un sot, en trois lettres, mon fils

LA GONGBÉGATIOJf DB SAINT-M AUfi.

Je prois

l'ebmite.

Mon Dieu ! sa sœur, vous Alites la discrète. Et voqs n'y touchei pas, tant vous semblez dooce(te ; Mais U p*esl, comni^ on dit, pire eau que reaq qui dort. Et Toqs menez sons cbape qn train que Je liab (oru

L^ANGIBNNB OBSBBVANCB OB CITBAUX.

Mon ils!

l'ebmite.

Ma mère, soit; mais, ne vous en déplaise, . Voire conduite en tout est tout k foit mauvaise. Vous devriez nous mettre on bon exemple aux yeux ; « SaiptBerpird, noiirepère, ennsqitbeanoQppmieuxt. -

On voit d'ici se dérouler toute cette admirable scène d'exposition, chef-d'œuvre qui ouvre le chef-d'œuvre*

Une autre scëpe incomparable du premier acte, celle de l'indisposition d'Elmire et du traitement qu'y applique le pauvre homme j se trouve indiquée dans le portefeuille de madame de Sablé. D'AhdiUy y donne d'abord la description de la retraite où il accomplit les austérités de sa pénitence.

tt 8 mai. Puisque vous m'ordonnez de vous rendre a comte de mes occupations, il; faut vous obéir. .... Je « suis trop bien logé, et n'ay pas peu de honte d'estre u si à mon aise pendit que d'autres qui vallent cent a fois mieux que moy sont er^'ans et vagabonds, et souf-

1 Act. It K. 1.

180 BOBERT ARNÂULD D*AMDILLY.

appartiennent à F époque où Rancé retire à d'Andilly la direction de sa conscience. — Y aurait-il entre ce fait et celle de nos deux énigmes qui parait le plus impénétrable quelque secrète analogie ? Nous le supposons.

Une hypothèse (des présomptions ne peuvent aboutir qu'à une hypothèse) est, nous le savons,' inadmissible en histoire. Mais elle suffit du moins à la vraisemblance littéraire ; et pour un instant l'on nous .permettra sans doute de substituer, à propos des relations de d'Andilly avec madamç de Sablée une étude littéraire à nos recherches historiques: En cela d'ailleurs nous ne ferons que suivre l'exemple de l'écrivain^ dont le talent vient de faire -asseoir Port-Royàl au fauteuil académique.. Et puisque nous sommes en veine d'imitation, pourquoi n'êmprûnterions-nous pas à M. Sainte-Beuve jusqu'à la forme? N'a-t-il pas soumis les plus célèbres épisodes de la biographie des Amauld à des combinaisons dramatiques 2? N'a-t-il pas groupé. toute cette faipille, et d'AndiUy lui-même, dans des scènes habilement rapprochées de celles d'Esther.et de Polyeucte ? La voie se trouvé donc, heureusement pour nous, frayée par un maître.. Nous J'y suivrons. Seufementpaur ne pas nous traîner trop servilement sur ses pas, nous laisserons les siens chausser le jcothurne tragique.; nous glisserons les nôtres derrière, les talons rouges de Molière. L'ombre de Rancé en frémira saife doute'; mais, à bien prendre

1 L'amilié dont M. Sainte-Beuye nous honore nous, laisse moins de liberté qu*aux indiCTérentSf.et nous interdit les épithètes dont tout autre userait en parlant de ses travaux.

2 Port'Hoyal, 1. 1., p. 105-18Sk '

^ L'ombre.dc M*"* de Sablé nous apparaîtrait peut-être aussi^ armée de cette lettre de d^Andilly que contient vi carrespondance : — a 9 février 1661. « Si le plaisir que Ton prend d'entendre parler admirablement contre une

CHAP. Uf SECT. Il, AKT. If, § V. 181

cependant, n'est-ce* pas lui ménager une flatteuse réminiscence que de la mettre au régime des fictions?

t chose qai est blasmablc D*estoit le plus innocent du monde, je devrois c estre dans'le scrupule d*a?oir ?eu ce qile vous avez écrit sur'Io sujet de c la comédie ; puisque je doute fort que ceux qui l'aiment le mieii\ y pren- « neuf plus de plaisir que je n*en ajr en à entendre traiter (% sujet d'une

■ manière si délicate, si judicieuse et si forte toute ensemble, que les plus

• opîniastres ne sçauroient n'estre pas persuadez de la vérité de ce que vous c diUes. Aussi faut-il avouer que ce langage ne s'apprend que dansie grai)d c monde, et qu^il ne peut^mesme s'y apprendre que par des personnes qui c ont Tesprit fait comme v0us l'avez ; ce que je n'ose spécifier plusparticu* f lièrement, de crainte que vous ne m'accusassiez dé vous flatter, lorsque je « ne ferois que vous dire très sincèrepient ce que je pense. Mais je ne puis

- c vous dissimuler qtie je croy'que vous ne pourriez mieux employer quel-

■ ques heures de vos journées, qu'à écrire des choses semblables,»puisqu'il < seroit presqu'impQssible qu'elles ne fissent impression sur les personnes « raisonnables ; et qu'ainsi Dieu u'eust très agréable le bonheur que vous c leur procureriez en les détrompant des. fausses opinions que le relaschec ment a introduitse,'que la coutuine a autorisées,' et ^qucTexempIe des 1 personnes les plus considérables fait que l'on n'ose contredire, à* moins c que d*y estre porté par cet amour de la Véfité si rare 'dans un sic de c aussi corrompu qu'est Iç nestre. •

Contre les anathèmes de Râncé, de d'AndUly et de M"" de Sablé, nous nous armerons d'un heureux àrpropos que nous fournit, sur "^artufTc niôme, Racine dans sa seconde Lettre à Nicole,

< C'étoit chez uiie persoqne qui, en ce temps-là, étoit fort de vos amis ; « elle avoit eu beaucoup d'envie d'entendre lire le Tartuffe ; et l'on ne

■ s'opposa point à $a curiosité: ou vous avoit dit que les Jésuites étoieut c joués dans celte comédie ; les Jésuites au contraire se flatloient qu'on en « vouloit aux Jansénistes. Mais il ^'importe: la compa^ie étoit assemblée; « Molière alloit commencer, lorsqu'on vit arriver un homme fort échauflé, c qui dît tout* bas -ù cette personne : Quoi* Madame^ vous entendrez une t comédie le jour que le mystère de Viniquité s*accomplit^ ce jour qu*on c nous âte nos Mères! Cette raison parut convaincante: la compagnie fut

• congédiée^ Molière s'en retourna bien étonné de l'empri^sseroent qu'on t avoit eu pqur le faire venir, et de celui qu'on avoit pour le renvoyer....

Comme depuis lors le Jansénisme a fini par triompher, et que depuis longtemps il ne court plus aucun danger, nous pourrons donc continuer avec Racine : « En effet. Messieurs, quand vous raisonnerez de la sorte, nous « n*aarons rien à répondre, il faudra se rendre : car de me demander, « comme vous fait^, si je crob la comédie une chose sainte? si je la £rois t propre à faire mourir le vieil homme? je dirai que non. Mais je vous c dirai en même temps qu'il y a des choses qui ne sont pas saintes, et qui

S yi. Etude sur le Tartuife.

M. Sainte-Beuve a choisi pour ses parallèles, comme

cela se tlevait, les chef-d'œuvres de Racine et de Cor-

c soot pourtant iunoceules. Je vous demanderai si la cbasseï la musique, t le plaisir de faire des sabots,' et quelques autres plaisirs que tous ne tous c refusez .pas à vous-même, sont fort propres à foire mourir le vieil homme; c s*il faut renoncer à tout ce qui divertit, s*il fkut pleurer à toute heure? t Hélas, oui, dira le mélancolique 1 Mais que dira le plaisant? U voudra « qu'il lui soit permis de rire quefquefois^ quand ce ne seroit que d'un « Jésuite ; il vous prouvera, comme ont fait vos amis, iiue la raillerie est a permise, que les Pères ont ri, que Dieu même a raillé. Et vous semble-t-il « que les Lettres Provinciale» soient autre' chose que des qomédies ? Dites- « moh. Messieurs^ qu'est-ce qui se* passe dans les comédies? On y jotie un c valet fourbe, un boui]^eois av^re, un marquis extravagant, et tout ce c qu'il y a dans le monde de plus'digne dexisée. J'avoue que le Provincial « a mieux choisi ses personnages : il les a* cherchés dans les couvents et c dans la Sorbonne ; il introduit sur la scène, tantôt des Jacobins, tantôt c des docteurs et toujours des Jésuites. Combien tie rôles leur fait-il jouer ! « Tantôt il amène un Jésuite bonhomme,' tantôt un Jésuite méchant, et tou- « jours un Jésuite ridicule. Le monde en a ri pendant quelque temps, et le ff plus austère Janséniste auroit cru trahir la vérité que de n'en pas rire.

n Reconnaissez donc. Messieurs, que puisque) nos comédies ressemblent n si fort aux "vôtres; il faut bien qu'elles ne soient pas si criminelles que M vous le dites. Pour les Pères, c'est à vous de lious les citer, c'est à vous, « ou à vos ami^, de nous convaincre par une foule de passages que l'Ëglise n nous interdit- absolument la comé4ie, en l'élat qu'elle est*: alors nous tf cesserons'd'y aller, et nous attendrons patiemment que le temps vienne a de mettre les Jésuites sur le théâtre. » (Deuxième lettre à Nicole, Œuvres^ t. VI, p. 90.)

n .... Et vous autres, qui avez succédé à ces Pères, de quoi, vous étes- « vous avisés de metlrc en fran^is les comédies de Térence> FaHoit-il n interrompre vos saintes occupations pour devenir des traducteurs de « comédies ? Encore, si vous nous les aviez données avec leurs grûces, le « public vous seroit obligé de la pçine que vous avez prise. Vous direz a peut-être que vous eu avez retranché quelques libertés. Mais vous dites « aussi que le soin qu'on prcn<il de couvrir les passions d'un voile d'hou- « néteté, ne sert qu'à les rendre plus dangereuses. Ainsi, vous voilà vous* « mêmes au rang des empoisonneurs. » (Premier^ lettre à Nicole, OEuvreê, U VI, p. 19J.

Que si Racine, quoique précédemment élève et depuis apologiste de Port- Reyai, était suspect de partialité d^os une cauçe qui était autf^nt la sienne

neîUe. Nous choisirons celui de Molière : le Tartuffe. Qu'on ne se récrie pas d'avance, Qu'on n'en appelle pas avec surprise aux grands poms de 1^ Trappe et de Port- Royal, n ne s'agit ici que de d'Andilly et de Raiicé. Nous n'attribuerons à celui-ci que le rôle de l'honnête OrgOD. Rancé avait bien choisi pour le remplacer à la tête de son saint bercail cet épouvantable pora Gervaise que Saint-Simon a démasqué '• Si le saint informateur, vers

que eeUe de Molière, noos nous fetrancherioiu derrière Nicole lui-même, à ^ Radne s'adreiiait, et derrière Goiget, le plus jenM&iiiste des Mofra^ plies de Taustère Inoraliste, qui écrit : « On assure que M. Nicole hit plu-* c sieurs fols Térence avant que de s'appliquer ii la traduction [leUne] des « promnfialfiêj où Ton trouve en ellét le. style et les'délioatesses de ce « comique. » ( Vie de Nieolp, parU i,.p. 80.) Ce que Picole janséniste se pennettait pour mieux ridiculiser ses ennemis, nous croyons pçuvoir le faire pour rinstwctlQii de aos lecteurs* . .

i Nous QQus caiderops de souiller ces pages des infamies que rapporte Saînt-fiimon» t« xv, p. ii-83, sur D. Genaise. Bffais pour faire comprendre tout ce que Rauoé apportait de méoagenients dans ses ruptures les mieux autorisées» obus transcriroiis le certificat qu'il crut devoir déliwer à soo sacttsfteor» qui avait été son peivécuteur, après savoir acquis la cerUtude que cdoi-cl s'était couvert de cHmes dqnt plusieurs devaient alors le ftUre moQtcr MUT k bûcher.

CerHfUat de M. Vabbé de (a Trappe en faveur de Dùtn François Armand.

F. Armand Jean, ancien abbé de la Trappe, reconnois et me crois obligée de déclarer dans les conjonctures présentes, que le R. P. Armand, mon successeur, s'est copduit.avec tant de bénédiction dans le gouvernement de cette communauté, que jamais la piété et la discipline ii'y a été plus exacte ; que tOQta les pratiques de péAitence et de régul^té y ont été conservées avec tant de lèle et d'ardeur, que tous ceux qui sont venus visiter la maisou sur le bmit qui s'en étoit répandu de tous cdtés, en ont reçu toute l'édificaUon qu'ils en avaient espéré : ce qui n'a pu être, que l'effet non seulement de l'instruction et de la parole^ omis de la prière, de l'action et de rexemp)e« Je ne puis aussi me dispenser de témoigner que presque aussitôt qu'il s'est vu en place, on a attaqué sa réputation et sa personne, qu'on a débité contre lui quauGté de choses fausses, et qui pe sont jamais tombées sous ma connaissante, quoique je fusse toujours présent dans le monastère. C'est ce que je certifie être véritable. •

J'ajoute au témoignage ci-dessu$ que je ne saurois ne point parler d'une malignité ouU^ avec laqudle op l'a traité. On dit de tous côtes qu'il ne

192 ROBERT ARNAULD D'ANDUXY.

c( extresme exactitude, et où je trouve des chozes et des « manières de les dire qui me ravissent. C'est l'employ

« des-heuresdu matin — iS juillet 1668, Je ne vous

ft ments point quand je vous dis que je lis avec d'ex- « tresmes plaisirs Pletms] A[ur€lius] ; et constanment a la quantité de chozes que j'y trouve m'empesche d'al- (i 1er fort vitte ; et il me semble que cest un chemin que « l'on ne peut faire sans s'arrester à touts les moments, « et je vous avoue que je n'envisage nullement la lon- (( gueur de la carrière, mais seulement la beauté du « voiage que j'ay entrepris, et que je suis en pêne de le « bien faire et non pas de le' finir. Asseurément la vie (( ne peut estre ni mieux ni plus utilement emploiée. Je « sçai sur cçla Tobligation que je vous ay. Mais comme « je rie vous fais plus, de. corfijiliment, je n'en dirai pas

« davantage — 30 juillet 165S. J'espère achever dans

« peu P[etru8'A[urelius]. La suitte rie m'en plsdst moins «que les commenceriients , et il me semble qu'il faut <( avoir perdu le goust des bonnes chozes pour estre

« d'un autre avis. — 20 aoust 1658: J'achèverai cette

«semaine le P[etru8] A[urelius] dans ce sentiment « qu'il n'y a rien qui mérite tant d' estre leu, et^ dont Tu- « tljité soit si visible. Je suivrai de là le restB de mqn (( chemin, sans me mestre beaucoup en pêne quand j' arec riveray, dans l'assurance où je suis que je me trou- « versd au port au bout de la route que je vais faire, « quelque longue qu'elle puisse estre. ... — 24 aoust 1658. « J'ai achevé P[etrus] A[urelius], où je n'ai rien veu qui « ne m'ait confirmé dans l'opinion que je vous ay mandé « dans le commencement que j'en avois. Je n'ay jamais « rien leu d'une plus grande utilité, et j'ai asseurément « bien de l'obligation à ceux qui me l'ont indiqué.

CHAP. n, SECT. II. ART. Il, S VI- 1^2

« 5 février 1659. J'ai commencé depuis quatre ou tt cinq jours à lire Baronius. Je ne prétends pas m*aban- « donner tousjours à son sentiment sur touttes chozes. « J'y aporterai les précautions nécessaires suivant fadvis « que ton m'en a (tonné. J'y vois desjà des chozes si peu ttestablies et si mal fondées que je m'imagine qu'il (( faudra le regarder de près dans celles qui seront plus tt importantes. Je fais estât d'avancer tout autant que je (( le pourai avant que de faire le voiage que je vous ai 0 mandé que je devois faire vers le mois de may ; et en

«ce temps-là j'aurai bien des chozes à vous dire —

(t 19 mars 1659. Je continue mon chemin sur mon plan « ordinaire, et je trouva tant de .faussetés dans le livre a que j'ai présentement dans les mains, et tant de mes- « contes, que je m'apçrçois qu'il ne le faut pas croire sur tt sa parolle, et particulièrement* dans les chozes importt tantes;...»

On ne voit point, dans les lettres de Rancé, qu'il ait poursuivi cette lecture ; et cependant nous n'y trouvons pas non plus les vers suivants, qui sans doute en auront été enlevés par Molière :

rai là. Monsieur, une pesic chez mol ,

Avec qui, sans péché, je ne saurais plus vivre. Je me sens hors d'état maintenant de poursuivre. Ses discours insolents m'ont mis Pesprit en fej. Et Je vais prendre Tair pour me rasseoir un peu ^

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