‹ La véritésur les Arnauld, complétée à l'aide de leur correspondance inéditeChapitre 4 sur 88 · A MES AUDUETOS BRETONS. XI · texte numérisé non relu

A MES AUDUETOS BRETONS. XI

pour cette Société, comme je Tai fait pour les Arnauld, que j'admets tout ce que je n'ai point combattu. Je n'avais pas à faire son histoire; et le peu que j'en ai dit, je l'ai forcément emprunté à celle de ses adversaires.

Il est un point cependant par lequel mes recherches peuvent ne pas être inutiles à la cause des Jésuites. Ce point, je me garderai de le dissimuler ; car pour l'historien la justice n'est pas chose facultative, et le devient d'autant moins qu'il est plus impopulaire de la rendre. .

La cause principale du discrédit des Jésuites, le fait est notoire, c'est la persévérance qu'a mise le Jansénisme à leur attribuer en masse les opinions et les actes de quelques-uns d'entre eux; actes et opinions la plupart du temps condamnables, mais condamnés avant tout par la Société dont faisaient partie leurs auteurs. Or mes recherches prouvent qu'en procédant de la même manière il n'est guère de griefs articulés par les Jansénistes contre cette corporation qu'on ne puisse rétorquer contre ciuxmêmes. Seulement^ pour cela, il ne serait pas besoin de descendre chez eux jusqu'à cette lie que les temps d'orages font fermenter dans tous lés partis; il suffirait de s'arrêter aux plus grands, aux plus purs, à ceux-là mêmes dont tout autre paiti pourrait s'enorgueillir.

XU A- HB8 AUDITtintS fiBFTOHS.

Ainsi ce n'est point un La Valette qui entraînerait Port-Royal à des spéculations hasardeuses; ce serait le grand Arnauld lui-même '. — Ce ne sont plus des séides inconnus qu'on accuserait chez les Jansénistes d'attenter aux existences qui leur feraient obstacle; c'est te procureur du grand Arnauld, le docteur de Saint-Amour •. — Le Jansénisme ne s'introduirait paft seulement au sein des familles étrangères pour en relâcher à son profit ou pour en dissoudre les liens; d'Andilly ferait tout cela au sein dé sa propre famille, dans l'intérêt de ses ambitions et de ses doctrines'. — Aucun confesseur de cour ne serait plus avide de la direction d'un roi, plus convoîteux de circonvenir les princeA que cet instituteur manqué de Louis XIV*, rêvant la curatelle de tous les ducs d'Orléans". — En dehors de la cour, aucun Jésuite, même en robe longue, ne vaudrait ce Janséniste en robe courte pour accaparer les consciences- de choix et tenter IcS conquêtes influentes; témoins ses efforts près de Fabert et de Rancé'. — Enfin nul casuiste en présence du danger ne capitulerait mieux avec les

> T. I, p. 188-SSl.

1 T. I, p. IIS-318.

^ t. Il, p. I-», 184-314, tir.

* T. I, pi 15-38.

B T. I, p. fl-14, et U II, p. SO-IDD,

• T. I, p. il-ïll.

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apparences que Pomponne ayec la manifestation de ses doctrines enprésenee du pouvoir'. — Et les fils de celui^i défieraient n'importe quels courtisans en fait d'obséquiosité^.

Mais est-ce à dire pour cela que le parti fanséniste, et même que la famille Amauld soient un composé d'àqoJ)itieux insatiables.^ dlntrigants habiles, de spéculateurs effrontés et au besoin d'as* sassins intéressés ? *— Tant s*en faut«. Un parti peut yaloir mieux que ses chefs même ; la famille, mieux que ses principaux membres ; les indiyidusy mieux que certains de leurs actes. -<>^ Il y aurait de beiuix côtés dans rhistoire du Jansénisme, ny^ftt^t^tle la supériorité du talent; il j en a d'admirables, \e l'ai déj^ teçonnu, dans la biographie des Amauîd. Mais en leur Mit4ant justice, je pense -qu^on peut aussi la rendre même aux Jésuites.

Ainsi quoique mcm but premier soit de compléter hr biographie de la famille Arnauld) )e me féltciterais si, d We . mai^ère accessoiie, mon travail contribuait à transpcHrter dans l'histoire dé «leux partis fameux ces habitujies de l'Ëcole, qui interdit si sév^ment toute conclùsioa du paniètUier aa généraL Les questions essentielle^ qui concernent ces partis, cdlés que je n.*ai pu ni Voulu aborder,

1 T. H, p. i0»479é » T. Il, p. ti^fîdé

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en seraient bien sin)plifiées. Tous deux avec leurs mérites propres, et non plus avec leurs démérites d'emprunt, se trouveraient face à face dans l'histoire, comme ils se sont rencontrés lorsqu'ils existaient (maintenant nous ne connaissons de l'un qu'un profil lumineux, de l'autre qu'une noire silhpuette}.— D'un côté les esprits pieux pourraient rendre hommage àr cette Congrégation qui a sauvé de l'hérésie une moitîé de l'Europe, de la barbarie uM Btroitié du Nouveau-Monde; et qui, dans l'ancien,, en dehors de l'Europe même, a versé au profit de la civil^salion tout le sang qu'elle a répandu pour l'Évàngtle. — Les esprits amis du pro^ grès intellectuel, tel qu'il s'accomplit aujourd'hui,

pourraient à leur tour rappeler, sans crainte d'être

contredits^ que le Jansénisme, partisan ^daKbre exameaau dix-septième siècle, comme la Réforme l'avait éXé au seizième, comme la Philosophie le fut au dix-huitième, est l'une des trois grandes phases de l'émancipation individuelle >durant les trois derniers siècles, et l'acheipinement trajisitoire d'une négation restreinte à une négation^absolue de l'autorité dans les temps modernes: -^Lés premiers «omprendraient dans ' leurs - sympathies jusqu'à la république du Paraguay* — Les seconds réclanieraîent, dvec Grégoire, la part de Jansénius dans la révolution de 1789.— Enfin, parmi les indifférents.

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tous seraient à même de se prononcer en connaissance de cause, et quelques-uns de se consoler peutêtre en songeant qu'ils peuvent au besoin n'avoir i\ choisir qu'entre deux républiques.

15 mai 1846 -i5 avril 1847.

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