‹ La verrerie antiqueChapitre 19 sur 145 · Juhannes Roth · texte numérisé non relu

Juhannes Roth

LA JUDEE

a constate sur la côte sud-ouest de l'ile la présence d'une multitude de scories et de substances à demi vitrifiées1. Au Musée Britannique, il y a toute une collection de pâtes, des formes les plus variées, découvertes dans les ruines de cette cité J. En Orient, d'ailleurs, les traditions sont tenaces, et lorsqu'au XIIe siècle de notre ère, Benjamin de Tudèle arriva à la Nouvelle-Tyr, les verreries y étaient encore en pleine exploitation 3.

Je nai rien à dire au sujet des colonies phéniciennes, bien qu'elles n'aient pu demeurer étrangères à l'industrie du verre. Le seul renseignement que Ion possède là-dessus nous est fourni par une inscription latine +, une pierre sépulcrale consacrée à la mémoire d'un verrier de Carthage qui était venu s'établir à Lyon.

En abordant ainsi, par couches successives, les peuples qui ont travaillé le verre, on ne saurait passer à côté de l'art judaïque , si original et néanmoins si étroitement lie à celui des peuples voisins. Certes, dans la littérature juive, les éclaircissements n'abondent pas davantage, et la pénurie des monuments se fait sentir de plus en plus. On se flatte à tort de connaître quelques échantillons de verrerie remontant à l'autonomie de la Palestine5. Les objets de parure, recueillis par M. de Saulcy, en 1863, dans les chambres du Tombeau des Rois à Jérusalem, se composent de bijoux d'or, de grains en terre émaillée bleue, d'une perle vitreuse et d'un petit tube de verre qui ne portent pas le cachet d'un art particulier aux Hébreux. Seuls, quelques flacons en verre verdàtre, de la même provenance5, peuvent avoir été fabriqués en Judée, bien qu'ils soient de l'époque romaine. Ils ressemblent, quant à la matière, à ceux que je viens d'attribuer aux Phéniciens - de nos jours encore, les usines d'Hébron en produisent d'absolument pareils, qui imitent à s'y tromper les formes et la couleur des vases antiques. Pour ne rien omettre de ce qui peut jeter un peu de jour sur des questions aussi obscures, je rappellerai ce passage du Talmud7, où le législateur juge contraire aux bonnes mœurs que l'on apporte à boire aux riches dans des verres blancs, tandis que les pauvres se contentent de verres de couleur. Voilà un témoignage précis en faveur de ma thèse de la priorité des pâtes opaques et du prix que les anciens ont dû attacher à l'invention du verre blanc translucide.

Ce serait s'arrêter à mi-chemin que de ne pas suivre les Juifs jusqu'au moyen

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