V. — [.ES VERRIERS, LEURS USINES ET LEURS PROCÉDÉS TECHNIQUES
Les anciens étant arrivés, dans l'art de travailler le verre, à un degré de perfection que l'on n'a pas égalé depuis, leurs procédés techniques ont dû être, à bien des points de vue, supérieurs à ceux de nos verriers contemporains. L'humanité néglige souvent ses conquêtes les plus précieuses pour se donner I:i satisfaction de remporter de nouvelles victoires.
Je ne veux pas m'en tenir aux généralités. Employons encore une fois le moyen qui nous a déjà réussi et recherchons dans les auteurs classiques les termes grecs et latins qui se rapportent à l'industrie verrière. Leur nomenclature est des plus considérables, bien qu'il n'existe aucun traité spécial sur la question et que nous soyons obligés de recueillir péniblement nos matériaux dans mille passages épars des écrivains de l'antiquité.
En Grèce, le verrier s appelait ùaXo^ç, celui qui cuit le verre*, comme le fondeur de bronze s appelait xaWrmjç. Ce qui frappait avant tout l'imagination hellénique, c'était l'action de rendre fusible la substance vitreuse; les travaux qui suivent la cuisson ne venaient qu'en seconde ligne. Moins expressive, la langue romaine se sert du mot vitratius ou vitriarius5, comme elle disait marmorarius pour désigner le marbrier, ferrarius pour le forgeron.
Le travail du verrier était considéré comme un art {-zi/yn , ars vilri), l'ouvrier comme un artiste (ùaW/vr.ç, arlifexG); mais les mots d'art et d'artiste n'avaient pas alors la signification que nous leur donnons aujourd'hui. Chez les anciens, on ignorait cette distinction tranchée entre l'art et l'industrie qui s'est établie depuis,
r . Heraclius, III, tyiPlumbeim vitrum, Judaum scilicet.
2. Midi. Glycas, p. fcG, DcH-cr. Cedrenus, t. i, GSI3-GS8, Bekker. Vita Simeonis Sali, dans Us Acta Sanctorum,7'(/(V/L'/, t. 104. i(i8.