‹ La verrerie antiqueChapitre 23 sur 145 · OPIFICI ARTIS VITRIAE.Donati,/Hicn>f · texte numérisé non relu

OPIFICI ARTIS VITRIAE.Donati,/Hicn>f

2, p. 335, 2. Orelli 4299.

au détriment de L'un et de l'autre. L'artiste était un ouvrier de talent, et l'ouvrier avait le plus souvent la trempe d'un artiste. Néanmoins, on ne leur appliquait pas toujours un titre aussi flatteur, car nous trouvons fréquemment le mot : Oa/iouir^; (l'homme qui travaille le verre), ou ùeXwMWlée, (celui qui fait des objets vitreux) ', en latin/jier", ce qui nous ramène à l'idée plus sobre et plus prosaïque du travail manuel3. Les verriers qui signaient leurs produits employaient le verbe Ma/n (il a fait ) , absolument comme les grands sculpteurs ou les graveurs et peintres les plus en renom.

Je n'ai rencontré, dans la littérature grecque, qu'une seule expression pour la manufacture verrière : ùatoupycïbv ; mais il doit y en avoir eu d'autres qu'on pourrait reformer par analogie. Les Romains et les Byzantins préféraient un terme général : Spyauffiftpiov, ofjicina (l'atelier)4.

Jusqu'à quel point les anciens ont-ils connu les qualités du verre? Leurs œuvres subsistent en assez grand nombre pour prouver qu'il ne leur restait pas grand'chosc à apprendre sous ce rapport. En plusieurs endroits, les auteurs classiques parlent des qualités inhérentes à la pâte vitreuse, et il m'a paru utile de grouper ces témoignages d'autant plus curieux qu'ils sont plus rares.

Une des principales propriétés du verre est sa fragilité. Très sensible aux variations de la température , la coupe se brise lorsqu'on la remplit d'un liquide, chaud sans avoir pris la précaution d'y verser d'abord de l'eau froide. De bonne heure, les Grecs aussi bien que les Romains s'en aperçurent à leur dépens5. Pline vante la ductilité du verre; . il n'y a pas de substance, dit-il, qui soit plus élastique et plus naturellement flexible (sequax)' ». A ce propos, l'on affirme que, sous le règne de Tibère, un verrier aurait trouvé le moyen de rendre le verre malléable. Les écrivains qui racontent le fait ajoutent que cet habile inventeur fut récompensé par une condamnation à mort et par la destruction de son atelier, l'empereur voulant à tout prix empêcher la dépréciation des métaux J'avoue ne rien comprendre à cette anecdote. Peut-être l'artiste aura-t-il fabriqué des médailles de verre en prétendant qu'il les avait frappées d'après le même procédé qu'on employait alors pour battre monnaie. En effet, à une température élevée, inférieure toutefois à celle de la fusion, le verre devient malléable, mais cet état de viscosité ne saurait être de longue durée.

Après ces préliminaires indispensables, arrivons à la manipulation du verre. Pour établir une usine verrière, deux conditions sont essentielles : il faut du sable

i . Inscription Je Sparte. Bullettino deW Instiluto 1844, p. ,46.

"- Pétrone, ch. LI.

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