‹ La verrerie antiqueChapitre 28 sur 145 · Anthol. grecque, XVI, 3ï · texte numérisé non relu

Anthol. grecque, XVI, 3ï

!i. J'aimerais mieux nàjoç que xtya*;.

4. A la leçon des manuscrits : jyàktw, Jacobs substitue yrj.iwi (les tenailles); mais il s'agit de la canne du verrier.

5. M. Deville (p. 24, pl. i7)penscque cas verres ont été tordus par le feu du bûcher, et il en avait recueilli lui-même dans des nécropoles où l'on ne brûlait plus les corps, où on les enterrait !

6. Vente HolFmann (19-21 janvier 1 875), Catalogue n° 116. Ce verre est entré dans la collection de M, Barre, graveur général de la Monnaie.

3o VERRERIE ANTIQUE

Un auteur arabe, Kazwini, nous a rendu le service de récapituler tout ce qu'on vient de lire. Je cite ce passage en entier, parce qu'il a été traduit d'un ouvrage grec, aujourd'hui perdu, et qui portait, à tort ou à raison, le nom d'Aristote1.

« On connaît plusieurs espèces de verre. Tantôt il se trouve à l'état de pierre « (c'est le cristal de roche), tantôt il est fait avec du sable, sous lequel on a allumé i du feu, après y avoir jeté une dose d'oxyde de plomb qui facilite l'amalgame " des matières vitresciblcs. On en fabrique aussi avec du gravier moulu et de la ■< soude que l'on fait fondre dans un four voûte\ construit exprès et chauffé au « moyen d'un grand feu qu'il faut entretenir jusqu'à ce que la masse soit en « fusion. Mais quand le verre est encore chaud de l'action du feu et qu'on le met en

contact avec l'air , avant qu'il ait été enfumé (recuit), il se casse et reste sans utilité ».

J'ai ?ous les yeux de nombreuses analyses de verres antiques dues à des chimistes expérimentes. Leurs résultats s'accordent sur un point principal, car tous constatent la présence de la silice, de la soude, de la potasse, de l'oxyde de plomb; mais quant à la proportion des doses, ces analyses varient à l'infini, de sorte qu'il n'y a pas de règle générale à en déduire. C'est que le dosage dépend absolument de la nature du sable qu'on emploie et, par conséquent, varie selon la provenance de chaque verre. A en croire Pline, on remplaçait quelquefois la silice par un mélange de fossiles , de coquilles et de cailloux pulvérisés % ou bien par une farine calcaire que l'on se procurait en broyant le marbre noir pourpré d'Aiabanda de Carie 3. Les Indiens fabriquaient des verres inimitables avec le cristal de roche réduit en poudre4.

Dans l'histoire de l'art antique, l'artiste nous intéresse au même degré que son œuvre. Je ne crains donc pas de trop fouiller les replis et de rester trop longtemps dans les ateliers afin de noter quelque trait curieux ou de surprendre quelque secret. Voici un dernier détail; il forme le corollaire obligé de la fabrication du verre.

Pour réparer les verres brisés, les anciens déjà avaient essayé plusieurs sortes de colles. L'une d'elles, composée de chaux vive et de blanc d'œuf, est encore la principale ressource de nos restaurateurs modernes5. Un autre moyen de recollage consistait à réchauffer les cassures et à les souder avec du soufre". On a retrouvé des poteries raccommodées à l'aide de tenons de cuivre ou de fils de plomb ; mais je doute qu'un verre grec ou romain, recollé, fasse partie d'une de nos collections.

1. Clément- Mullct , Essai sur la Mincralogiv arabe , p. 24G-247.

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