‹ La verrerie antiqueChapitre 32 sur 145 · Vopiscus, Aurelianus,ch. XLV · texte numérisé non relu

Vopiscus, Aurelianus,ch. XLV

fixer des chiffres. Du temps où la substance vitreuse était considérée comme pierre dure, on la classait parmi les trésors. Ainsi, la stèle de verre au temple de Melkart à Tyr, faisait pendant à une colonne d'or. Dans le livre de Job, for et le verre sont placés sur la même ligne'. Nous avons vu des pâtes assyriennes serties dans des feuilles d'or; d'autres portées en bijoux; de simples (laçons à parfum ornés des noms et des titres de leurs propriétaires, qui n'étaient autres que les rois les plus puissants du monde. Une preuve irrécusable de la haute valeur qu'avait le verre à ces époques lointaines, c'est qu'il servait presque exclusivement à de petits flacons de toilette, c'est-à-dire à des objets de luxe pour lesquels on employait de préférence une matière du plus grand prix. Nous possédons des milliers de bagues, de bracelets, .de pendants d'oreilles, de colliers, tous d'un goût exquis, les uns en or fondu, les autres en or estampé, ciselé, filigrané, découpé à jour. Ces objets, qui forment une série à perte de vue, appartiennent à toutes les époques de l'art grec et gréco-romain ; mais quelle que soit la délicatesse du travail ou leur valeur intrinsèque, ils n'ont souvent pour unique ornement qu'une pate de verre, qu'ils enchâssent comme un joyau et dont, somme toute, le métal ne lorme que l'écrin.

Dans les premières années du principat d'Auguste, une petite coupe (xpop^iov) ou un verre à boire (ly.-Ku\iô.-v.m) de fabrique ordinaire se vendaient à Rome au prix d'une menue monnaie de cuivre". Peu après, sous le règne de Néron, les riches considéraient déjà les coupes de verre comme indignes de leur usage personnel ! , et à la fin du premier siècle, le poète Martial pouvait se permettre d'appliquer à la verrerie commune l'épithète de hardie, parce qu'elle ne tentait pas les voleurs et que lechanson n'avait point à trembler en la présentant aux convives4. Mais les verres artistiques atteignirent de très hauts prix. On parle de six mille sesterces (1,1406-.) payés sous l'empereur Néron pour deux coupes de ce genre s. Le biographe de Gallien reproche à ce prince d'avoir bu dans des coupes d'or, sous prétexte que le verre était trop ordinaire5.

Si nous étions mieux renseignés sur le mouvement commercial dans l'antiquité, il y aurait certainement d'utiles inductions à en tirer sur la provenance des verres dont nous ignorons la fabrique. Mais les auteurs sont muets sur ce point, et en dehors des quelques notes éparses que j'ai déjà rapportées sur le commerce avec l'Ethiopie et la Bactriane, nous n'avons plus aucune donnée positive. Je me trompe; parmi les objets de luxe que les Celtes de la Grande-Bretagne recevaient de la Gaule continentale, Strabon cite les perles vitreuses (Xt>YYo6pia) et les vases de verre )'. Dans un discours prononcé l'an 54 avant J.-C. , Cicéron raconte

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