Geographi grœri minores, t. I, p. 261 . 264. 2o
2. Aristophane encore , dans les Nuées (voir plus bas) l'appelle pierre diaphane: rip XfOsv xdtap Mpouc
3. Tt^cï aussi est du féminin, et plusieurs autres que nous rencontrerons plus loin.
4. Scholies d'Aristophane , Nuées, v. 768. — Voir Rossignol , les Métaux dans l'Antiquité, p 362-364.
5. Odyssée, A, 73. 0, 460 (/.pioeev îp|«y îyw, 3' ■^UxTpoimv Ufxa).
<5. Callimaque, Hymne à Cérès, v. 29. — Virgile,
Giorgiques III, bii.~ Généralement, les poètes comparent le verre à l'eau [vitrta Nais, viirea Circe, etc.) En Allemagne, il y a des rivières du nom de Glasbach (en Wurtemberg), Glaeserbach ( près de Salzbourg); undocument du xnr siècle mentionne ui\ghi\brunnen dans le Palatinat.
7. La différence des genres ftXexTp:; et rft.ex-.pi~,) explique peut-être la différence des significations.
8. Au-fxcJpisv. Voir M. Schmidt , dans Zeitschrift Jiir rerglekh. Sprachforscliung, t. IX, 399, contre G. Curtius, Grundyige (4* éd.), p. &G5.
l'urine du lynx. Si l'on rapproche de ces témoignages décisifs l'étymologie du substantif ftexrpoç, qui renferme l'idée d'une chose étincelante, brillante comme le soleil, on voit que la question aboutit toujours au même point, sous quelque aspect qu'on veuille la considérer. La pâte vitreuse tenait chez les Grecs , comme chez les Asiatiques , le rang d'une pierre précieuse' ; le verre n'avait donc pas de nom spécial, un nom qui l'eût distingué des autres matières, comme celui de l'or diffère de ceux de l'argent ou du bronze; c'était une gemme, dont la dénomination variait selon sa couleur et selon la comparaison à laquelle elle prétait.
Le substantif grec ualoç. ou ik^oç, 2 apparaît pour la première fois dans Hérodote *. On le dirait beaucoup plus ancien , et son origine est encore inexpliquée. Les maîtres de la philologie comparée 4 le rangent parmi les dérivés du verbe ûew , pleuvoir; ils supposent qu'on aura voulu désigner par là un objet transparent comme la goutte d'eau 5. Mais une image aussi poétique ne me semble pas bien choisie ; j'aimerais mieux prendre la voyelle u pour un ancien digamma, ce qui nous ramènerait au sel minéral (SiXç). Et cette étymologie n'est pas si maladroite, car le verre est une espèce de sel ; des chimistes autorisés l'ont ainsi défini.
On éprouve, dans cette autopsie des langues, un embarras réel en abordant le mot latin vitrum. A coup sûr, il n'a rien de commun avec le verbe videre (voir) G, et l'on ne se sent pas plus disposé à le mettre, avec Jacob Grimm7, à côté de cette plante , appelée vitrum également (tVtmç), dont le jus verdàtre servait au tatouage des Celtes de la Grande-Bretagne8. Le verre blanc, imparfaitement affiné, ayant une teinte verte, il eût été difficile de le mieux caractériser, et les anciens avaient un sens pratique de réalité qui les poussait à préférer, en toute chose, une idée simple, précise, à une idée vague ou plus abstraite. Mais la question se complique d'autres qui la contrarient, et que je n'ai pas la prétention de résoudre.
Le substantif vitrum a passé dans les langues romane et basque; on dit :
en italien : vetro, en provençal : veire,
en portugais : vidro, en français : verre,
en espagnol : vidrio , en basque : bitre.
Si l'envie nous prenait de jeter un coup d'œil sur les idiomes celtiques, nous
1. Hésychius : Lskii. l.ï^piv, rp£fov, ï| XKtos t£|U8(. Voir le Philologus, t. XII, 62G.
2. Diminutif , EiiXiïiev, adj. h£/.\nq, i>i\'-;<; ou tiaXcùç, tiXisiî , etc. On connaît aussi les noms propres Hyaie et "r«Xe(. Pott, Zeitschrift Jlir vergt. Sprachforschling, t. VI, 41 1 . — En grec moderne: CAsc et