‹ La verrerie antiqueChapitre 3 sur 145 · Job, XXVIII · texte numérisé non relu

Job, XXVIII

LES NOMS DU VERRE 5 pierre d'Egypte (XtOoç Afyurma), c'est-à-dire la perle de verre : de nos jours encore , les nègres ont une grande affection pour ce genre de parure. Et un second géographe, l'auteur du Périple de la Mer Rouge 1 , mentionne parmi les objets que l'on vendait aux Ethiopiens de la côte orientale : des pierres vitreuses de formes variées (XiOîotç

Il y a là comme une révélation, et à ne voir les choses que du simple point de vue philologique, on peut conclure d'emblée que le verre est d'origine égyptienne, qu'il a été inventé dans la vallée du Nil, et qu'on l'y appelait tantôt pierre, tantôt gemme, ou encore, lorsqu'on tenait à être plus exact, pierre fondue1.

A cette occasion, je ferai observer que les mots >iOoç et \M& sont, comme les substantifs sanskrit et hébreu1, du genre féminin, détail qui indique généralement une pierre précieuse.

Ce résultat acquis, nous pourrions laisser à d'autres le soin de le compléter, car les matériaux fournis par les langues européennes n'en forment que le corollaire. II y a cependant quelque chose à gagner à ne pas s'arrêter sur le seuil et à pénétrer plus en avant. On sent bien qu'il ne s'agira pas ici de faire une moisson complète dans un champ que personne n'a encore cultivé , mais d'y jeter quelques semences qui, tôt ou tard, viendront à germer et à fructifier.

Un grammairien grec4, cherchant à déterminer la valeur du mot électre qu'il avait lu dans V Odyssée et dans d'autres poèmes anciens 5, affirme que cette matière équivoque et insaisissable était du verre. L'idée mérite qu'on s'y arrête; les poètes comparent à lelectre l'eau limpide des sources et des rivières 5 ; mais la plupart des écrivains classiques donnent au même mot un sens différent : il signifie ambre. Que croire en face de ces assertions contradictoires ? Les antiquaires ont déjà essayé, à maintes reprises, d'aplanir la difficulté. Je ne les suivrai pas dans leurs démonstrations qui n'ont rien de convaincant ; pour moi, l'ambre présente, sous le rapport de la couleur aussi bien que de la formation, une analogie frappante avec le verre opaque. 11 ne serait donc pas impossible qu'on eût employé parfois le même terme pour désigner les deux matières7. Dans les gloses d'Hésychius, le lynkourion6 est à son tour assimilé, tantôt au verre, tantôt à lelectre. Or, le lynkourion était bien certainement de l'ambre, car, d'après une croyance populaire très répandue , le succin devait sa naissance à

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