Lîv. II, ig
Chambéry'. On y voit quatre paires de gladiateurs, séparées par des palmes. Chaque combattant est coiffé d'un casque, vétu dune espèce de pagne, le subligaculum, armé d'une jambière, d'un poignard et d'un bouclier convexe. Ce sont des Samnites; ils appartiennent tous à la même arme. Les noms des vainqueurs : Camus, Calamus, Tetraïtes' et Sficulm, se déroulent autour de l'orifice en magnifiques caractères du premier siècle de notre ère; ceux des vaincus : Merops, Hermès, Prude(n)s, Columbu(s), sont en lettres plus petites et remplissent le champ. Notez que plusieurs de ces noms nous sont connus, soit par les auteurs classiques, soit par les inscriptions contemporaines. Le groupe de Tetraïtes et Prudens se retrouve , sur trots autres verres, sans compter un graffite de Pompéies. 11 n'est donc pas douteux que l'artiste n'ait reproduit des jeux célèbres, qui auront eu lieu sous le règne de Néron ou d'un de ses prédécesseurs. Je tiens même pour certain qu'il a copié un vase d'argent, un de ces fpcula pcmderosa dont il est question dans le roman de Pétrone.
En effet, au revers des figurines et des moulures, c'est-à-dire à l'intérieur de la coupe, on aperçoit toujours de légères dépressions, comme s'il s'agissait d'une lame de métal repoussée. La ressemblance est telle qu'un auteur ancien a pu s'y méprendre et croire que les bas-reliefs en verre et en argent s'obtenaient par le môme procédé '.
Je renonce à décrire les verres semblables'; ils méritent plutôt une étude à part, une comparaison avec l'œuvre des céramistes romains, qui ne saurait en être séparée et dont il se dégagerait certainement une quantité de remarques neuves et instructives Ce qui m'attire plus, c'est cet autre genre de reliefs, les jeux de cirque, qui décorent un petit nombre de coupes exactement pareilles à celle de Montagnole. Sur le verre de Charnay, quatre chars se suivent au galop, séparés par des mâts qui se dressent au point de départ et au point d'arrivée des quadriges. Ils rappellent les quatre factions du cirque romain, les blancs, les rouges, les verts et les bleus (albati, rouan, prasini, veneli). On est en pleine course et le vainqueur n'est pas encore proclamé. Dans le bas, une frise d'arabesques fait le tour du vase ; mais il n'y a pas de légendes
1. Pâte jaune translucide. Trouvée en 1 856 avec une urne cinéraire, remplie d'ossements brûlés, et une lame de poignard en fer. Mém. de ta Société savoisiettne, 11,25. VIII, xvii!.— Revue archéologique, i865,t. II, 3o5 (pl. XX).— Baudot, Notice, pl. 2. — Allmer, Inscriptions de Vienne, pl. 38, 24.
2. Les manuscrits de Pétrone écrivent ; Retraites (ch. 52. 71}; le verre de Lillebonnc : PETRAHES ; celui deChavagnes : [FJETRAIIES, caria première lettre ne semble pas certaine. Celui de Vienne n'a que [RETRAITES, avec un i long. Un graffite de Pompéies confirme la leçon du verre de Montagnole : Tetraïtes. En ne consultant que l'étymologie , )C préférerais cependant Retraites, car te nom doit être un ethnique, comme QanutOHttfqc,