‹ La verrerie antiqueChapitre 6 sur 145 · LES NOMS DU VERRE · texte numérisé non relu

LES NOMS DU VERRE

retrouverions le même mot : gujdr, en gaélique ; pver, en bas-breton '. A défaut de preuves matérielles, cette similitude d'expressions suffirait pour établir un fait : les Gaulois, ont appris la fabrication du verre par l'intermédiaire de leurs conquérants, les Romains. Avant de le fabriquer eux-mêmes, ils connaissaient évidemment les bijoux en pàlc colorée, importés par le commerce et regardés comme pierres dures. Les fouilles nombreuses qui ont été entreprisés dans l'intérêt de l'archéologie préhistorique, ne laissent pas subsister de doute à cet égard. Sous les dolmens de la Lozère, on a rencontré des grains de collier en pâte bleue, de fabrique égyptienne. On a recueilli une perle analogue, côtelée et de couleur noire avec des veines d'azur, dans les couches supérieures du grand dolmen de Locmariaquer " , que la tradition populaire appelle : Montagne de la Fée. Les bijoux de ce genre se trouvent plus fréquemment encore à l'âge du bronze, et leur présence a été constatée partout : en Belgique, en Angleterre, en Danemark, en Poméranie', en Hongrie, en Roumanie», sans parler des maisons lacustres de la Suisse. 11 ne faut pas s'étonner qu'à côté des mots celtiques empruntés au latin, il en existe un plue ancien, le substantif irlandais glmne(tày gloingha), qui vient combler une véritable lacune. Et dans un raisonnement où chaque chose se tient et devient également nécessaire, rien ne serait plus fâcheux qu'une solution de continuité qui menacerait de tout infirmer ou remettre en question.

Nous nous rapprochons insensiblement des langues germaniques qui forment ici une famille à part. Les Germains, eux aussi, avaient eu de fréquents rapports avec les Romains, et ne se gênaient pas pour puiser à l'occasion dans le vocabulaire des vainqueurs; mais ce ne fut pas à eux qu'ils durent la connaissance de la pâte vitreu.se. Le tableau suivant en est le témoignage le plus intime et le plus sur. En effet, le verre s'appelait ou s'appelle encore :

en allemand en néerlandais

en anglo-saxon, glœs, g[as en v'eux saxon, gles,

en danois ' •' ea Scandinave, gler

en suédois )■ en nImoUi klasi et

en anglais, glass, en lapon, las.

On ne saurait mieux faire sentir les liens qui unissaient les peuples primitifs qu'en confrontant ainsi leurs langues. C'est l'histoire en miniature. L'ctymologie du

mot glas nous fournit de nouveau cette idée d'éclat , d'étincellemcnt s , qui

nous est déjà connu et qui porte un cachet tout oriental. La langue Scandinave

1. En celtique, le v placé au commencement du mot, devient gu.

2. René Galles, Dolmen découvert sous un limtulus à Locmariaquer (Vannes, i S63), p. 5 (pl. VI, i3j.

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