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La verrerie au XXe siècle

S’il est une industrie qui ait bénéficié dans une large mesure des progrès accomplis par la chimie depuis un siècle, c’est certainement celle de la verrerie.

En créant la chimie des hautes températures, Henri Sainte- Claire Deville et ses élèves, Debray, Troost, Hautefeuille, puis Moissan, ont renversé la barrière entre la physique et la chimie.

De même que l’optique est devenue, en notre siècle, la science du rayonnement de l’énergie, l’étude de la chaleur est devenue, généralisée, la science de la transformation de l’énergie ou l’énergétique.

Malgré son développement graduel à travers les âges, l’industrie de la verrerie qui ne reposait que sur d’anciens procédés et ne vivait que de recettes mystérieusement transmises et fidèlement observées, semble depuis quelques années entrer dans Une voie nouvelle et devoir suivre, comme perfectionnements de fabrication et comme applications, le mouvement que les besoins, plus pressants et constamment renouvelés de la civilisation, impriment à l’industrie moderne.

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Il appartenait aux dernières expositions, et notamment à l’Exposition de 1900, de faire ressortir les améliorations apportées à cette industrie et les progrès réalisés et accumulés depuis la seconde moitié du siècle.

En effet, une Exposition ouvre des perspectives étendues dont l’intérêt est infini : machines nouvelles venant de naître ou seulement améliorées, et dont il est impossible de prévoir encore le dernier perfectionnement.

Puis, les matières brutes que la nature nous présente disséminées, entre les lointains climats, matières que nous connaissons à peine et dont nous sommes loin d’avoir tiré tout le parti possible, mais dont il y a lieu d’espérer que l’industrie humaine fera profiter la société dans de grandes proportions à cause des qualités originales qui leur sont propres. Je pourrais citer à l’appui de cette vérité, les applications multiples nées des progrès accomplis dans la façon d’extraire, de préparer, de fabriquer, depuis cinquante ans, et même moins « le caoutchouc », « le jute », « la gutta-percha », « l’ivoire végétal » ou « coroso », « le celluloïde », etc.

A la suite de chaque Exposition, on peut sans crainte, sans exagération, conclure que l’homme désirant l’amélioration du sort de ses semblables est fondé à tirer une conclusion consolante. L’ensemble d’une Exposition atteste que la puissance productive de l’homme, de l’individu, aussi bien que de la société, va en augmentant d’une manière continue, et que cette progression profite plus particulièrement au grand nombre.

Cette progression a acquis le caractère de l’accélération la plus prononcée depuis un siècle à peine, les Expositions l’ont démontré.

La puissance productive de l’homme se développe d’une manière continue dans l’enchaînement successif des âges de la civilisation ; cette croissance réside dans l’outillage, dans les machines que le génie humain a su créer et assurer à ses besoins.

Pour que l’industrie progresse, il faut à l’homme, en plus de l’intelligence, l’esprit de suite et la persévérance, il lui

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faut prévoir, il faut que certaines forces morales soient associées en lui à la force de l’intelligence. C’est par là qu’il peut faire passer ses découvertes dans la réalité, en se procurant les moyens matériels d’effectuer cette sorte d’incarnation.

En appliquant ce que la science lui a permis de découvrir, l’homme a trouvé dans son empire sur lui-même et dans sa prévoyance, l’art de réserver le capital qui est indispensable pour la mise en pratique de toutes ses découvertes, le capital, qui est la substance matérielle de la plupart des améliorations sociales et le nerf de l’industrie. Ainsi la puissance productive de l’homme peut et doit être représentée comme la résultante de sa puissance intellectuelle et de sa puissance morale.

Pour que l’industrie avance dans un État, il faut que la formation et la conservation des capitaux y soient encouragées par les mœurs et par les lois ; il faut que les habitudes privées des citoyens et la politique de l’État ne se dévorent point par des dépenses improductives.

Afin de former ou de ménager le capital qu’il importe de conserver et surtout de grossir, les classes peu aisées devraient régler leur existence, les classes aisées et les riches fixer des limites à leur amour du luxe et à leur ostentation, et les gouvernements revenir à leur simplicité et se garder des entraînements de la ruineuse passion de la gloire militaire.

Dans les pays gouvernés par les principes d’égalité et de liberté, la marche ascendante vers une situation économique de plus en plus favorable au plus grand nombre, s’affirme et s’accélère en quelque sorte invinciblement de jour en jour. Ainsi le veut une loi supérieure que nous pourrions appeler la loi des réciprocités.

Dans de tels pays, en effet, la surproduction qui n’est autre chose que le développement intensif de la puissance productrice à un moment donné, ne peut être, comme on l’a craint et comme on l’a trop témérairement proclamé, une cause de ruine. Ou l’article produit dans une mesure qui semble de prime abord dépasser le besoin de la consommation est un article usuel, ou il est un objet de luxe. Dans les deux cas

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il résulte de sa multiplication une diminution sensible de son prix. Si l’article est d’usage général, se rapporte au vêtement, à l’habitation, à l’alimentation, à l’ameublement, toutes les familles, même les moins aisées, pourront se procurer en plus grande quantité ces objets nécessaires, et 'il en résultera plus de bien-être. Si l’article est un objet de luxe, il deviendra nécessairement plus accessible qu’il ne l’était auparavant ; sans doute il se démocratisera et sera peut-être dédaigné par quelques-uns des privilégiés qui l’avaient jadis recherché et admiré ; mais en définitive il sera une cause de satisfaction pour un nombre sans cesse grandissant d’individus, et sa possession sans cesse multipliée prouvera tout ensemble un progrès de la civilisation et un accroissement de la richesse individuelle.

Mais le producteur de cet objet, nous dira-t-on, n'en retirera pas, en raison de l’avilissement des prix, les bénéfices qu’il avait le droit d’en espérer. Pour un temps peut-être et il peut se faire qu’il ait à souffrir d’une crise momentanée. Et encore pourrions-nous répondre que même dans ce cas le producteur n’a qu’à s’en prendre à son imprévoyance. Le producteur avisé sait en effet pressentir vers quel nouvel horizon s’oriente l’activité humaine et, comme on dit vulgairement, de quel côté le vent souffle. S’il redoute la concurrence, c’est à lui de diminuer le prix de revient ; en tout cas, s’il ne l’a pas fait de bon gré, il le fera bientôt de force ; dans ce but, aiguillonné par la nécessité, il fera des combinaisons, souvent même des découvertes heureuses qui tout en sauvegardant ses intérêts particuliers serviront l’intérêt général. Depuis plus d’un demisiècle il ne se passe pas pour ainsi dire de jour sans que l’une ou l’autre des nombreuses indications entre lesquelles se partage l’activité matérielle de l’humanité, ne reçoive — et c’est là presque toujours un effet de cette surproduction tant redoutée — un perfectionnement dont l’effet est de permettre à une personne de faire ce qui auparavant nécessitait dix, vingt ouvriers et davantage, ou d’exécuter en quelques heures ce qui jusque-là réclamait des semaines. Ce sont autant

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d’accroissements de lapuissance productive ou, mieux encore autant de facilités nouvelles pour la création et la diffusion de la richesse, et, par suite, ce sont autant de causes de progrès général.

Car on ne saurait trop le répéter, il existe une étroite solidarité entre le progrès de la puissance productive, d’une part, et la marche ascendante de la politique démocratique, de l’autre, de cette politique, voulons-nous dire, qui de plus en plus met le grand nombre en état de profiter, au double point de vue moral et matériel, des conséquences des deux principes si bienfaisants de liberté et d’égalité.

Et en effet, le grand nombre reçoit la rémunération de son travail, de sa collaboration à l’œuvre incessante du monde, sous la forme d’un salaire en monnaie ; or, n’est-ce pas augmenter ce salaire qu’accroître la quantité d’articles de tous ordres qu’on peut se procurer avec une somme d’argent de moins en moins considérable ? La hausse numérique des salaires peut, dans bien des cas, n’être pas aussi avantageuse pour la classe laborieuse que l’abaissement du prix des objets susceptibles d’assurer l’existence ou d’en améliorer les conditions.

N’y a-t-il pas même dans cette ascension croissante du grand nombre à des facilités de vie jadis réservées aux classes privilégiées, une application des principes d’égalité sociale et le philosophe n’a-t-il pas à se demander, en présence de pareils phénomènes, si ce n’est point de ce côté qu’on devrait chercher la solution des problèmes aujourd’hui posés devant la Société ?

En outre, la surproduction impose en même temps que la diminution du prix de revient la recherche de nouveaux débouchés. N’est-ce pas encore ici une doctrine de liberté qui s’impose ? L’écoulement des produits n’est-il pas une conséquence des échanges ? Moins le producteur rencontre d’obstacles et de barrières, plus il demandera à son activité productive et plus, ainsi, il contribuera à la richesse publique. C’est l’éternelle histoire du pont à péage : tant que le tribu^

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est exigé, nul n’y passe, à moins d’y être contraint ; dès que la circulation est libre, le pont devient un chemin de prédilection, à la grande joie de l’ancien préposé qui, transformant le maussade bureau en pimpante guinguette, s’enrichit là où il vivait autrefois à grand’peine.

Donc, indépendamment des études profondes dont les Expositions universelles fournissent la matière au philosophe, au géographe, à l’économiste, à l’artiste, aux penseurs et aux savants de tous ordres, les grandes assises du travail humain excitent et augmentent la puissance productive des individus et des nations, et par un phénomène de haute répercussion, accélèrent l’élévation morale des uns et des autres. Le perfectionnement des arts mécaniques et de tout l’outillage industriel eût, sans nul doute, été beaucoup plus lent qu’il ne l’a été depuis un demi-siècle, sans les grands rendez-vous commerciaux que tous les producteurs se sont donnés sur divers points du globe depuis 1855. Or, toutes les inventions depuis lors réalisées, fruits de son intelligence et de son activité, donnent de plus en plus à l’homme conscience de sa valeur et aussi de la valeur des autres. Il comprend de plus en plus que le succès de son effort dans les diverses branches de la production dépend des conditions dans lesquelles il s’accomplit, et que ces conditions se résument le plus souvent dans une seule, la liberté.

La liberté du travail est de nécessité absolue pour les agrandissements de la puissance productive individuelle et générale, et il n’est pas téméraire d’affirmer que là où les institutions sociales sont inspirées par la liberté, et où les opinions, les coutumes, les mœurs sont à la hauteur d’un tel régime, la puissance productive de l’individu et de la société doit prendre le plus rapide essor.

De ce besoin de liberté nouvelle doit naître nécessairement le respect de la liberté d’autrui, et du haut en bas de l’échelle sociale, chez tous les peuples participant aux grandes manifestations pacifiques de leur activité que sont les Expositions universelles, germe et peu à peu éclot un sentiment de soli-

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darité qui, avec l’aide du temps, du progrès, de la multiplicité des relations internationales, contribuera plus peut-être que tous les armements d’une part, que les doctrines soi-disant humanitaires de l’autre, d’abord à la concorde entre les citoyens d’un même État, et ensuite à la paix entre les nations.

Depuis 18S3, diverses conlérences ont été faites sur la Verrerie ou sur diverses parties de la Verrerie, entre autres par MM. Léon Appert, E. Sartiaux, Girieud, Seguy. Des publications spéciales, des ouvrages, ont été publiés par MM. Léon Appert, Jules Henrivaux, Gerspach, Olivier Merson, E. Garnier, H.Havard, E. Damour; des comptes rendus des diverses Expositions ont tenu le public au courant des progrès accomplis en Verrerie.

Des journaux spéciaux, qui paraissent en France et à l’étranger, indiquent les progrès incessants accomplis en Verrerie, et M. le docteur Schott, d’Iéna, a fait et a publié des études remarquables sur les verres d’optique. M. Mantois et son successeur, M. Parra, ont fait faire à l’industrie de l’optique des progrès considérables en fabriquant, entre autres produits, 1 j 6 sortes de verres spéciaux dont les densités varient entre 2,433 et 5,004, ce qui permet à l’industrie et à la science d’employer des verres de fabrication française qui sont supérieurs à ceux obtenus jusqu’ici à l’étranger.

L’Exposition de 1900 aura mis en évidence au point de vue de la verrerie :

i° En glacerie , la tendance à couler les glaces en dimensions de plus en plus grandes.

Les perfectionnements apportés dans la partie mécanique du travail des glaces ;

20 En verrerie , les dimensions plus grandes des manchons ou cylindres qui, aplanis, donnent le verre à vitre ;

30 Dans la fabrication mécanique des bouteilles, la mise en lumière du remarquable procédé Boucher, adopté déjà dans un grand nombre de verreries ;

40 Les procédés Sievert de Dresde ;

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5° La pierre de verre Garchey ;

6° La mise au point des procédés Appert par la Compagnie de Saint-Gobain, pour le moulage du verre par ascensum, et aussi le verre armé ;

7° L’emploi de plus en plus fréquent des verres spéciaux dits “Américains” et des verres anglo-français ou imprimés, qui, en conservant imprimés des dessins, ont multiplié les applications dans les constructions usuelles ;

8° La pâte de verre de Henry Cros ;

9° La pâte d’émail de Dammouse ;

io° Les verres-émaux de la glacerie de Jeumont;

ii° Les Rubis, Frémy-Feil, Verneuil;

12° Les nombreux verres d’optique de densités et d’indices variés de M. Mantois-Parra ;

130 Enfin, l’application si heureuse, au point de vue artistique des verres colorés, incrustés, cylindrés, gravés en camées, etc., dont M. Gallé, le maître éminent de Nancy, a donné de si remarquables spécimens, faisant preuve de véritables qualités de chef d’école, et suscitant des émules qui, comme MM. Daum, Léveillé, etc., produisent également des œuvres de rare mérite.

En ce qui concerne les produits naturels utilisés comme matières premières et nécessaires pour la fabrication du verre, la France est certainement une des contrées les plus favorisées; elle possède, en effet, en abondance, des produits d’une très grande pureté: les sables de Fontainebleau, en particulier, qu’on trouve à N emours, sont réputés pour leurs qualités exceptionnelles, et les calcaires purs et les marbres se rencontrent un peu partout.

En ce qui concerne les matières premières fabriquées, les produits chimiques principaux, comme la soude et la potasse, ont participé aux progrès des arts chimiques; il en est de même des oxydes métalliques de toute nature employés pour lafabrication des verres colorés; dans ces conditions, on comprend qu’on ait pu obtenir des verres remarquables par leur blancheur ou par la pureté de leurs nuances : à la présente Exposition, la

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fabrication du cristal était particulièrement intéressante à ce point de vue, aussi bien en France qu’en Angleterre et en Suède, par la blancheur et l’éclat des pièces exposées. La verrerie de Bohême était elle-même très digne d’intérêt avec ses verres sans coloration que présentaient plusieurs importantes fabriques dont les produits sont exportés dans le monde entier.

Mais ce n’est pas seulement en vue de ces spécialités de verre généralement employées pour la fabrication d’objets, pourraiton dire purement de luxe, que les qualités de la matière ont de l’importance, elles sont utilisées également et non sans raison pour la fabrication des objets destinés à la confection des appareils d’optique de tout genre : la Compagnie de Saint-Gobain , la plus importante dans cette branche d’industrie, a eu jusqu’ici la spécialité de la fabrication des verres pour les phares; elle s’y est acquis une réputation justifiée; ces verres, considérés au point de vue de la déperdition de la lumière, sont re marquables, en ce que leurs qualités de transparence et leurs propriétés de faible absorption des rayons lumineux correspondent à celles non moins dignes d’être signalées de diathermanisme ; d’autres fabriques françaises se sont appliquées, dans le même ordre idées et dans le même but, à la fabrication de pièces pour l’optique courante : la Compagnie des chemins de fer du Nord a fait, à cet effet, avec MM; Appert frères, des essais du plus grand intérêt, sous la direction de M. Eugène Sartiaux, en ce qui concerne le matériel fixe, et sous la direction de M. Javary, pour le matériel roulant.

La portée lumineuse des divers appareils où ont été employés des verres fabriqués dans ces conditions a été augmentée dans des proportions considérables. Ces verres, d’une grande transparence possèdent les propriétés des verres diathermanes ; il est à désirer que les autres Compagnies de chemins de fer adoptent des appareils de même nature et emploient des verres de fabrication analogue.

La composition chimique des verres, au point de vue de l’optique astronomique et scientifique, a été remarquablement étu-

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diée par la verrerie scientifique d’Iéna, qui avait exposé dans la section allemande.

Cette verrerie est, comme on le sait, patronnée et subventionnée par l’État qui lui a consacré 200 000 marks, une première fois, pour son installation; cette subvention a été renouvelée quelques années plus tard; cet établissement a pu entreprendre la fabrication et étudier les propriétés de plus de deux cents verres de composition différente, et ayant tous les indices de réfraction et des poids spécifiques différents : il a été obtenu ainsi des verres inconnus jusqu’ici et doués de propriétés nouvelles qui ont pu servir à la constitution des appareils optiques et plus particulièrement pour la confection des microscopesà très fort grossissement et desappareils photographiques.

En France également, la maison Mantois-Parra a présenté une série de verres non moins remarquables, en moins grand nombre peut-être, mais produits dans des conditions de fabrication meilleures que celles delà verrerie d’Iéna ; ces verres présentent, en effet, une très grande pureté et sont exempts des fils, filandres et pierres si préjudiciables à leur emploi pour l’astronomie et l’optique en général; leur supériorité a été unanimement reconnue. Cette fabrication fait le plus grand honneur à la France.

Des verres de fabrication spéciale ont été également utilisés pour un emploi nouveau, celui de la téléphonie ; on recherche pour cet usage des résonnateurs puissants, et en même temps déformant le son aussi peu que possible ; on les fait généralement en verre qui répond assez bien à ces desiderata ; on a été amené à penser cependant que des résonnateurs en cristal, à grande densité, seraient encore préférables. Les tentatives faites dans ce sens, paraissent avoir été couronnées de succès, caron a obtenu des appareils d’une résonance plus puissante et plus parfaite et sans déformation sensible du son. Le verre employé pour cette fabrication doit être très mince, de i/2oe de millimètre d’épaisseur environ, il présente certaines difficultés de fabrication qu’on est arrivé à surmonter à la Verrerie de Clichy avec succès.

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La verrerie pour laboratoires paraît s’être développée d’une façon remarquable en Allemagne, en Bohême, ainsi qu’en Russie ; dans chacun de ces pays, la composition de ces verres très spéciaux a été étudiée d’une façon particulière en vue d’obtenir la plus grande résistance aux agents chimiques et la plus grande stabilité sous l’action au chalumeau d’un feu prolongé.

M. le professeur Tchitchenko, de Saint-Pétersbourg, a comparé entre eux les verres des fabriques les plus renommées pour cette fabrication; la verrerie Rutin et Cie, en Russie, celle de M. Kavalier, en Bohême, la verrerie scientifique d’Iéna, en Allemagne, la Société Legras et Cie, en France, se sont fait remarquer par la supériorité de leur fabrication. La verrerie de Rutin a présenté, entre toutes, les coefficients de résistance les plus satisfaisants.

Les essais de résistance de ces verres avaient été faits par M. Tchitchenko en premier lieu à l’eau distillée à ioo°, puis à l’acide sulfurique à 66° à 90 grammes par litre, à la soude caustique et, enfin, au carbonate de soude.

Se basant sur l’observation des phénomènes qui accompagnent l’opération de la trempe du verre mise en pratique par M. de la Bastie et étudiée en particulier par M. le professeur de Luynes, et sur les résultats pratiques qu’on peut obtenir par son emploi, la verrerie d’Iéna a cherché les moyens d’obtenir des résultats analogues par l’emploi de verres de composition étudiée en vue de cette application spéciale.

Les objets fabriqués par cet établissement avec des verres doués de coefficients de dilatation différents et employés concurremment par superposition présentent des propriétés analogues à celles des objets ayant subi la trempe ; ils présentent comme eux une résistance remarquable àla casse, sous l’action des variations brusques de température; ces verres, auxquels on a donné le nom de verres soudés , sont employés spécialement pour la fabrication des vases et récipients de laboratoires et analyses chimiques (vases à filtration chaude), pour la fabrication de la verrerie d’éclairage et celle des tubes pour chau-

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dières à vapeur. Des spécimens de ces objets étaient exposés dans la section allemande, au Champ-de-Mars.

Depuis, la Verrerie de Choisy-le-Roi fabrique de semblables verres, dits « sili-chromé » qui ne laissent rien à désirer pour les verres d’éclairage à incandescence par le gaz, pour les tubes de niveau d’eau des chaudières à vapeur, etc.

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