III. — Fours à combustibles gazeux (à gaz naturel
Le gaz naturel qui se trouve en abondance dans certains pays est utilisé pour le chauffage des fours pour Péclairage et pour la force motrice.
A Pittsburg, qui est à environ 150 km. de New-York, toutes les industries emploient ce moyen de chauffage.
Les fours chauffés au gaz naturel n’utilisent pas la récupération, sauf un seul type de four, celui de M. Joseph Anderson. La fig. 21 représente un four de ce système employé à la glacerie américaine d’O’Hara. Le gaz est réglé par la valve n, b est un tube demi-annulaire, percé de nombreux trous, servant de brûleur, chaque four possède au moins deux brûleurs semblables, on peut ainsi réparer un de ces brûleurs sans laisser pour cela le four se refroidir.
Immédiatement au-dessus du four se trouve un tube de fer d affectant la forme d’un an-
Fig. 24. — Four à gaz naturel de
neau ouvert, l’air nécessaire à la combustion ° la giaeerie d’O’Hara. entre en c?, circule dans le tube où il s’échauffe en prenant la chaleur perdue des gaz sortant du four puis vient déboucher sous le brûleur b.
Si pour une cause quelconque le combustible gazeux venait à manquer, il serait facile de chauffer ce four à l’aide d’un combustible liquide, pétrole, benzine, etc. Le tube g est en communication avec le réservoir à combustible liquide qui est placé dans un endroit assez élevé pour que le liquide coule jusqu’en b. Pour employer le combustible liquide on ferme d’abord la vanne à gaz a puis on ouvre une autre vanne e, le liquide arrive au brûleur b où il est vaporisé par la chaleur.
Ce four a fait ses preuves, il a fonctionné plus de trois ans sans réparations.
Dans certaines verreries de Pittsburg, on emploie le four représenté
par la fig. 22. Le gaz arrive par des tubes a sur lesquels sont branchés des tubes plus petits pénétrant dans le massif du four en b.
L’air entre en c monte par les canaux cl et pénètre dans le four audessus des arrivées de gaz en e, les produits de la combustion s’échappent par les orifices f. Une porte g permet d’introduire au four une quantité déterminée d’air pendant l’affinage, cet air est donc introduit au four d’une façon facultative.
Dans le four Atterburg employé en cristallerie et qui pourrait tout
aussi bien être employé en verrerie (fig. 23) un bloc de terre réfractaire a est placé au-dessus de l’arrivée de gaz ; il est maintenu par un support en fer b faisant corps avec le tube e. 11 résulte du choc du gaz sur le bloc a un mélange plus intime du gaz et de l’air et une combustion plus complète, il évite aussi une usure trop rapide de la voûte d qui, sans lui, serait frappée directement par la flamme.
L’air entre par d’étroites ouvertures g pratiquées dans le mur au niveau du sol.
Les gaz brûlés s’échappent par les ouvertures f.
IY. — Fours à combustibles liquides.
Les fours employant des combustibles liquides, benzine, pétroles bruts ou les résidus de la distillation des pétroles, l’astatki ou mazouth peuvent se diviser en deux catégories selon leur mode d’alimentation.
1° Ceux dans lesquels le combustible est volatilisé dans le brûleur par la chaleur dégagée par la combustion, dans ce groupe se trouve le
lre PARTIE : LA FUSION DU VERRE
four de la glacerie américaine d’O’Haradont nous avons parlé page 36. Ces fours ne peuvent employer que des combustibles complètement volatils, ne laissant aucun produit solide parla distillation.
2° Ceux dont les brûleurs sont alimentés par le combustible pulvérisé par un jet d’air ou de vapeur sous pression. Ces jours permettent l’emploi de combustibles impurs dont le prix d’achat est très bas, ce sont donc les plus avantageux, ils sont très répandus en Russie, en Bulgarie, en Roumanie, etc.
Des essais faits en 1896 par la Société belge des Glaces de Roux ayant donné des résultats satisfaisants, ce système a été appliqué l’année suivante par sa liliale la Société Belgo-Russe.
Voici quelques renseignements sur les fours de cette société, renseignements que nous devons à M. Gernaërt, administrateur délégué de la glacerie de Roux (Belgique).
Chaque pignon du four comporte quatre entrées d’air, trois sorties de llammes et deux pulvérisateurs de naphte, appelés « farsunkas » ; des récupérateurs Siemens reçoivent les flammes perdues et chauffent l’air admis au four. On peut se servir à volonté, soit de deux entrées d’air et de deux sorties de flammes, soit des quatre entrées et des trois sorties.
Les « farsunkas » pulvérisent le naphte à l’aide d’un jet de vapeur.
La construction des fours à naphte exige certaines précautions pour les mettre à l’abri des coups de feu toujours à craindre avec un combustible aussi riche. Les fours de la Société Belgo-Russe donnent toute satisfaction; leur durée est comparable à celle des fours à gaz Siemens.