VERRE A VITRE
Les premières verreries à vitres ont été installées en France au xi° siècle ; elles produisaient le verre par le procédé dit « des plateaux. »
Cette fabrication fut remplacée par la fabrication « en cylindres » , importée en France par des ouvriers tchèques amenés par l’oflicier français Drolinvaux, qui établit au xviue siècle une verrerie dans les Vosges, à Saint-Quirin.
M. Bivort, maître de verrerie à Jumet (Belgique), a introduit le premier dans ses verreries le chauffage par le gaz. On chauffe également dans beaucoup de verreries les fours de recuisson, ou étenderies, par le gaz.
Cette fabrication aurait dù, depuis vingt ans, adopter les procédés de soufflage par l’air comprimé, tout au moins pour une grande partie du travail .
Les procédés suivants viendront peut être dans quelques années modifier la façon de faire actuelle .
Pour la recuisson, les étenderies Biévez ont remplacé les fours fixes.
L’irisation des verres a été sinon supprimée, au moins atténuée par 1 immersion des feuilles de verre dans un bain acidulé.
En Bohême, vers 1825, le verrier Lippert modifia avantageusement les formes à étendre les cylindres de verre à vitre ; la plaque à étendre qui était formée d’une feuille écrue, fut remplacée par une plaque de terre réfractaire. Joseph Lequady imagina pour la coupe de ce verre « La glasschneider. »
En Amérique, William Clarke, de Pittsburg, essaya do fabriquer le verre à vitre en le laminant dans des appareils inversibles. Ce procédé permet d’obtenir de plus grandes quantités de verre que dans le procédé en cylindres, pendant la môme période de temps .
En Europe, en Amérique, les fours à cuves ont remplacé partout les fours à creusets pour la fabrication du verre à vitre, ce qui a eu pour conséquence de diminuer le prix de revient, le prix de vente, mais d’augmenter énormément la production, d’où une lutte entre les fabricants et diminution du bénéfice du fabricant.
En 1890, rendant compte de l'Exposition des verres à vitres, nous écrivions : «... L’industrie du verre à vitre subit une crise, par suite de la diminution des exportations en Amérique. Cette crise se fait principalement sentir en Belgique. En Amérique, le chauffage des fours par le gaz naturel a groupé les verreries dans le voisinage des endroits où ces gaz abondent et cela principalement dans le pays de Pittsburg.
Cette situation est encore identique, avec cette modification que les Américains négocient avec les verriers belges une entente pour ne pas abaisser les prix et pour réglementer la main-d’œuvre, devenant au besoin propriétaires de la plupart des verreries belges actuelles.
D’autre part, le Japon s’installe, embauche des ouvriers et se prépare à alimenter les pays d’Extrême-Orient, enlevant encore ce débouché important à la Belgique.
On n’est pas arrivé sans difficulté à la perfection actuelle dans la fabrication du verre à vitres ; ce produit nous représente le passé et le présent, mais l’avenir nous semble appartenir aux glaces minces, d’une planimétrie parfaite, et pour cela les moyens de fabrication du verre à vitre devant être modifiés, améliorés, il en sera de même de la fabrication des glaces minces; lutte entre verre à vitre qui se défend, et lu glace mince qui arrivera peu à peu à se substituer au verre à vitre, le progrès le veut ainsi. Nous entrevoyons une modification importante, radicale, dans la fabrication actuelle du verre à vitre. Le soufflage mécanique par le procédé Siéuert.
La Belgique et la France, pays de forte production de verres à vitres étaient représentées en 1900 par :
L 'Association des verreries belges représentant les trente verreries belges.
L' Association des verreries à vitres du nord de la France comprenant les treize verreries du département du Nord.
La France et la Belgique exportent leurs produits dans le monde entier.
2e PARTIE : PRODUCTION ET MANIPULATION
La France exporte 40 0/0 de sa production, la Belgique exporte les 5/6 de sa production.
En Belgique, il y a en activité environ trente-six fours à bassin ; en France dix-sept fours à bassin ce qui représente, à 800 000 m* de production annuelle par four à bassin, une production totale annuelle de 42400000 m2.
Les qualités des verres français et des verres belges sont identiques ; les emballages des verreries françaises quoiqu’étant en progrès sont encore inférieurs aux emballages des verreries belges. Les fours de fusion, les fours d’étendage et de recuisson sont semblables dans les deux pays. Cette uniformité dans les appareils explique l’uniformité de qualité et d’aspect des produits. Le rendement de l’ouvrier belge est supérieur à celui de l’ouvrier français, c’est là une cause importante d’infériorité dans le prix de revient pour les fabricants français.
Les fabricants français ne peuvent exporter les 40 0/0 de leur fabrication que grâce à leur groupement en association, celle-ci ayant pour but, grâce à leur « caisse d'exportation » d’indemniser les fabricants qui presque toujours vendent, à perte, leur excédent de production à l’étranger, rarement en faisant coïncider le prix de revient avec le prix de vente.
L’Association des verriers belges a été fondée pour que les fabricants s’entendent simplement sur leurs intérêts généraux ; on voit la différence qui existe entre les deux Associations.
On a été amené à fabriquer, dans le nord de la France, du verre non affiné, quelquefois même à peine fondu « calcin », cela dans des creusets percés à la partie inférieure d’un trou d’écoulement. Cette ouverture, fermée par un tampon métallique refroidi à l’aide d’un courant d’eau, permet de laisser couler le verre liquéfié et de le produire dans des conditions économiques satisfaisantes ; ce verre est ensuite vendu aux verriers, comme calcin, c’est-à-dire comme fondant.
Il nous a été permis de visiter récemment une nouvelle verrerie de verre à vitre, à Charleroi (Belgique). Cette verrerie construite pour M. Henri Lambert, d’après ses plans et sous sa direction, contient, croyons-nous, le plus grand four à cuve du continent. La construction économique et rationnelle de cette usine constitue à notre avis le type le plus perfectionné de la verrerie moderne.
Commerce français des Verres et Cristaux pendant les années 1901-1900-1899