PHARES
Los phares remontent à la plus haute antiquité, le plus ancien phare dont il soit fait mention dans l’histoire est celui du promontoire de Sigée. Celui d’Alexandrie construit par Ptolémée Philadelphe, dans l’ile de Pharos (270 ans avant Jésus-Christ) a donné à tous les appareils du même genre son propre nom qu’il tirait de l’ile sur laquelle il était construit.
Des phares existaient dans presque tous les ports de la Grèce ; les Romains en construisirent aussi un grand nombre, les côtes de France et d’Angleterre possédaient des phares remontant à l’occupation romaine. A Boulogne-sur-Mer on voyait encore en 1643 les ruines d’un de ces phares (fig. 47) appelé par les boulonnais «Tour d’ordre», traduction du latin tardis ordens , corruption de ardens, tour enflammée. Jusqu’en 1784, époque à laquelle remonte l’invention des lampes à double courant d’air par Argand, les phares n’étaient éclairés que par des feux de bois ou de charbon, des torches de résine, ou par des lampes grossières. On augmenta ensuite le pouvoir éclairant des lampes par des réflecteurs. Borda lit exécuter en 1786 d’après le projet de l’ingénieur Teulère, un phare tournant pour le port de Dieppe. Puis en 1821 Fresnel inventa les phares lenticulaires dont la première application fut faite en 1822 au phare de Cordouan les lentilles destinées à ce phare furent construites par l’opticien Soleil.
L’invention des lampes à mèches multiples dont l’idée première est due à Guyton de Morveau permit à Fresnel d’augmenter l’éclat des jeux de phares et de compléter l’ensemble de son système.
Ce n’est guère qu’à partir de 1830, trois ans après la mort de Fresnel, que l’application de ses idées se généralisa.
En 1863 au phare du cap de la Hève fut fait le premier essai d’éclairage électrique des phares à l’aide d’un régulateur Serrin alimenté par une machine de l’Alliance.
Depuis Fresnel, le perfectionnement le plus important apporté à
l’éclairage des côtes est certainement l’invention des feux éclairs, due à M. l’inspecteur général Bourdelles (*;, dont le principe consiste à produire des éclats aussi brefs que possible, l/10e de seconde environ, se succédant à intervalles très rapprochés, la durée des éclipses ne devant pas dépasser 5 secondes.
Dans les phares, l’appareil optique joue le rôle d’un véritable accumulateur de lumière pendant les périodes d’éclipses, cette lumière est restituée pendant la durée de l’éclat. Plus la durée de l’éclat est court plus l’intensité lumineuse est élevée.
L’éclairage des phares se fait à l’huile minérale à l’aide de lampes à mèches concentriques, à l’électricité, au gaz d’huile et à la vapeur de pétrole ; l’acétylène a été essayé mais les résultats obtenus n’ont pas été très décisifs. L’emploi de l’électricité, malgré tous ses avantages ne tend pas à se généraliser en raison des dépenses très élevées d’installation
(1) Les progrès récents de l’éclairage des côtes est l'invention des feux éclairs par M. Jean Rey. Avril 1898, Société d? Encouragement pour l'iniuttrie nationale.
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et d’exploitation on a donc eu recours à d’autres modes d’éclairage, l’incandescence par le gaz d’huile et par la vapeur de pétrole.
L’importante maison Sautter-Harlé a créé pour l’éclairage des phares par la vapeur de pétrole des appareils qui peuvent se substituer facilement aux lampes existantes. Du pétrole sous pression est envoyé dans un vaporisateur chauffé soit par le brûleur lui-même (fig. 48) soit à l’aide d’un brûleur spécial (fig. 49) le réservoir à pétrole peut être
placé sous le brûleur comme dans la fig. 48 soit supporté par l’optique comme dans la fig. 49. Ce système d’éclairage a non seulement l’avantage de pouvoir s’adapter à tous les appareils existants mais il ne nécessite pas comme le gaz d’huile une
installation assez importante et fonctionne presque sans surveillance.
Avec l’éclairage par brûleurs à incandescence, le feu-éclair de 6e ordre est équivalent à l’appareil de 3e ordre, petit modèle éclairé par une lampe à deux mèches ; le 5e ordre se place sur le rang de 2° ordre ; le 4e ordre dépasse l’ancien 2e ordre ; enfin le 3e ordre petit modèle s’élève bien au-dessus du 1er ordre avec lampe à 6 mèches.
Le nouvel éclairage améliore beaucoup les phares des grands ordres et il opère une véritable révolution dans les phares des petits ordres, l’éclat intrinsèque des nouveaux brûleurs à incandescence étant plus puissant avec les manchons de petit modèle.
Dans les nouveaux phares l’appareil optique est supporté par un flotteur à mercure, le glissement sur un liquide remplaçant le frottement sur galets des anciens phares.
Principes de la construction des lentilles de phares.
Les phares doivent projeter à l’horizon une grande quantité de lumière. Pour éviter la dispersion de la lumière émise par la source
lumineuse, on doit rendre les rayons parallèles. On forme une lentille à échelons ou lentille de Fresnel (fig. 50) afin d’éviter les altérations qui se produiraient nécessairement avec une surface unique, la lentille centrale et tous les anneaux sont calculés pour avoir un foyer commun en F.
Les rayons qui vont du foyer à l’horizon n’ont pas besoin d’être déviés, mais tous les autres doivent subir une déviation d’autant plus grande que l’angle qu’ils font avec l’horizon est plus grand, quand cet angle dépasse 40° il faut avoir recours à la réfraction et à la réflexion pour donner à ces rayons une direction horizontale.
On utilise dans ce but des prismes triangulaires en verre (fig. 51) placés de telle sorte que les rayons lumineux qui viennent frapper ces prismes soient complètement divisés et réfléchis, ces prismes ont reçu le nom de prismes catadioptriques.
La partie de l’enveloppe qui n’agit que par réfraction est appelée zone dioptrique. La fig. 51 représente en A un profil destiné à produire les effets qui viennent d’être décrits, pour les phares à feu fixe, on fait tourner ce profil autour de J’axe vertical a— b pour obtenir des pièces d’optique dites de panneaux de feu jixe B, fig. 51. Au contraire pour les phares tournants phares à éclats ou Jeux-éclairs , on obtient le tracé des pièces à mouler en faisant tourner ce profil autour de l’axe c — c/, en C, fig. 51, on voit un panneau de phare à éclats ces pièces se désignent sous le nom de panneaux annulaires.