T PARTIE : LUS PHARES
Avec lo premier système d’optique la lumière est visible uniformément de tous les points de l’horizon, avec les panneaux annulaires la lumière est concentrée à un nombre plus ou moins grand de faisceaux séparés les uns des autres par des intervalles obscurs, certains phares à éclats ont jusqu’à 24 panneaux.
Pour modifier les effets obtenus on a imaginé des panneaux annulaires à plusieurs éclats, en traçant sur un même panneau deux groupes do lentilles et d’anneaux dont les centres sont séparés par une distance inférieure au rayon des lentilles (À fîg. 51).
Fresnel avait imaginé aussi pour produire des éclats de faire tourner devant le tambour optique des phares à feu fixe des lentilles verticales, (B fig. 51) ces lentilles rendent parallèles dans le plan horizontal les rayons lumineux déjà rendus parallèles dans le plan vertical, par l’optique de feu fixe. En tournant autour du tambour optique cette lentille produit la concentration de la lumière en faisceaux parallèles séparés par des intervalles d’ombres, et promène ces faisceaux tout autour de l’horizon.
Un môme phare est souvent garni de panneaux de feu fixe alternant avec des panneaux annulaires.
Lorsqu’un phare à feu fixe n’est pas destiné à être visible de tous les, points de l’horizon, on installe dans l’angle non éclairé des réflecteurs, qui renvoient la lumière qui les frappe aux panneaux d’optique qui leur sont diamétralement opposés et dont l'éclat lumineux est ainsi renforcé. . .
Les panneaux optiques des feux-éclairs sont du même genre que ceux des phares à éclats mais ils sont en bien plus petit nombre.
Fig. 53.
Les figures 54 et 55 représentent une vue de face et une coupe verticale d’un feu éclair à deux éclats. Les phares fixes ou tournants sont
classés en sept ordres, qui sont caractérisés, sauf dans les appareils à éclairage électrique par la distance focale. Les trois premiers ordres ou grands ordres ont O111, 97, 0'n,70, 0n,,50 de distance focale. Les quatre derniers ou petits ordres ont 0m,375, 0m,250, 0m,185et 0m,150 de distance focale.
3’ne PARTIE : LES PHARES
La fabrication des pièces d’optique pour les phares est l’objet de soins tout particuliers, le verre soigneusement affiné est puisé dans le creuset et coulé dans un moule en fonte de forme appropriée, puis la pièce est recuite.
Le verre de Saint-Gobain, qui est employé en France pour la construction des phares, a la composition suivante:
Silice . 72,1
Soude . 12,2
Chaux . 15,7
Alumine et oxyde de fer . . traces
Indice de réfraction. . . . 1,54
Ce verre doit à sa forte teneur en silice et en chaux d’être très dur et inattaquable par l’air humide, sa teinte est légèrement verdâtre.
Le travail des pièces de verre circulaires qui composent la majeure partie des pièces d’optique pour phares se fait sur des tours horizontaux. La pièce à travailler est fixée par de la poix sur le plateau du tour, puis la pièce est dégrossie à l’aide d’un frottoir en fonte, et de grès mouillé qui est ensuite remplacé par de l’émeri de plus en plus fin, puis on procède enfin au polissage à la potée, le frottoir employé est alors garni de feutre.
Toutes les pièces sont soigneusement calibrées et essayées, il serait sans intérêt de décrire ici tous les procédés de fabrication de la partie mécanique. La construction des phares constitue une industrie importante qui alimente plusieurs usines en France et à l’étranger. Celle de
I’ig. 86. — Projecteur Mangin.
3>ne PARTIE : IES PHARES
MM. Sautter-Harlé et Cie a été le berceau de cette industrie, elle fut fondée en 1825 par l’opticien Soleil qui sous la direction de Fresnel construisit les premiers phares lenticulaires, aujourd’hui les établissements Sautter-Harlé et Ci0 exécutent tous les travaux se rattachant aux phares et aux signaux sonores et lumineux. Les ateliers de MM. Henry Lepaute et Barbier et Bénard de Paris sont aussi justement renommés. En Angleterre MM. Chance de Birmingham et en Allemagne Shukart de Nuremberg s’occupent également de cette fabrication.
Projecteurs électriques. — L'emploi des projecteurs électriques se généralise de plus en plus, cette fabrication a pris actuellement une très grande importance.
Tous les navires de guerre possèdent des projecteurs en nombre plus ou moins considérable, les ports et les batteries des côtes, les postes des torpilles fixes en sont aussi pourvus. Les navires de commerce et les yachts de plaisance les emploient également.
L’armée de terre les a d’abord employés dans les forts, puis des appareils de petites dimensions d’abord ont été essayés pendant les manœuvres, les services rendus ont engagé à employer des appareils plus grands, et aujourd’hui il existe pour l’armée de terre des projecteurs ayant 0"',90 de diamètre. Un moteur à vapeur ou à pétrole monté sur une voiture spéciale actionne une dynamo, le projecteur est monté sur une autre voiture quelquefois sur un affût de pièce.
La fig. 56 représente un projecteur Mangin de 0m,75 de diamètre employé par l’armée de terre et construit par la maison Sautter- Harlé et Cie.
Les projecteurs employés sont de deux sortes ceux à miroirs paraboliques et ceux à miroirs aplanétiques; ces derniers sont dus au colonel Mangin.
Les premiers miroirs sont obtenus par bombage d’une feuille de verre épaisse. Un moule concave ayant la courbure du miroir à obtenir est chauffé dans un four, la glace à bomber est placée sur le moule, on cesse le chauffage quand elle s’affaise de la quantité voulue puis on laisse refroidir lentement.
Les miroirs Mangin ou miroirs aplanétiques sont obtenus par coulagemoulage.
La fig.57 représente deux projecteurs Mangin, l’un de l'",80 de diamètre destiné à la défense des côtes, est à commande électrique à distance ; le deuxième projecteur destiné à l’armée de terre a un diamètre
Fig. 57. — Projecteur Mangin