PARTIE : LES PHARES
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de 0'",40. Plus de 3,000 projecteurs et réflecteurs Mangin ont été fournis par la maison Sautter-Harlé et Cie.
La France a la première installé sur ses côtes le service régulier et méthodique des phares ; la première elle a tiré parti des miroirs Mangin pour les signaux à bord des navires, puis ensuite pour préserver les navires des surprises causées par les torpilleurs.
Les armées de terre ne se sont pas laissées devancer par les armées étrangères et on peut constater avec satisfaction que dans cette branche de l’industrie et pour assurer à sa défense un élément important, la France est là encore à la tête du progrès (').
Pour les sous-marins, l’emploi du verre présente également un intérêt de premier ordre. Le verre judicieusement employé est « l’œil du sous-marin ». Le problème de la navigation sous-marine est en partie subordonné à celui de la vision à travers l’opacité des eaux. Il est clair que, si l’eau de mer était douée d’une transparence comparable à celle de l’atmosphère, il suffirait de disposer vers l’avant du sous-marin des hublots assez larges et aux vitres bien nettes, par lesquels le timonier observerait son but pour gouverner sur lui. Mais il n’en est rien, et c’est tout au plus si par les hublots supérieurs pénètre, par un temps clair, assez de lumière pour l’éclairage intérieur du navire. Des observations les plus récentes et les plus précises faites à ce sujet, il résulte que, par un temps très clair et dans une eau limpide, dès que le sous-marin atteint sept à huit mètres de profondeur d’immersion, c’est tout au plus si les hommes placés à l’intérieur peuvent distinguer un objet immergé dans leur plan horizontal, dans un rayon de dix à douze mètres ; encore cet objet apparait-il comme embrumé et d’une teinte uniforme d’un bleu noirâtre.
Les difficultés de la vision sous l’eau ont ôté longuement exposées dans une communication faite à l’académie des sciences le 27 mai 1890, par le docteur H. Fol, qui concluait ainsi : «Jamais un bateau sous-marin ne pourra se diriger d’après ce qu’il est possible de distinguer à travers l’eau. Pour peu qu’il soit rapide il ne pourrait pas s’arrêter devant un obstacle qui surgirait subitement dans le cercle restreint de la vision aquatique. Une fois immergé, il ne pourra se guider que sur des directions prises avant de plonger. La navigation sous-marine se trouve resserrée dans d’étroites limites. »
Il est évident qu’après avoir résolu la partie du problème relative à
(1) Les projecteurs électriques, « Revue scientifique»; 19 mai 1894, Jules Henrivaux.
l’équilibre du sous-marin en plongée, c’est-à-dire le principe fondamental de la navigation sous-marine, la première question qui se pose est celle de la vision. On peut l’énoncer ainsi : le but vers lequel on doit se diriger étant choisi et tel qu’il soit, en partie au moins, situé audessus de la surface de l’eau, déterminer un système optique tel que cette portion supérieure du but soit visible pour un observateur placé à l’intérieur du sous-marin immergé. Ou, en résumé, ramener la vision horizontale d’une portion de l’horizon à un plan inférieur à celui de l’horizon.
Le tube optique.
Le premier appareil imaginé dans ce but est le tube optique ou primoscope, dont le principe a été formulé par le major Daudenard, qui avait même imaginé et décrit un appareil de ce genre, mais tellement complique qu’il n’a jamais pu servir. Le tube optique ayant un champ restreint, ne permettait l’inspection de divers points de l’horizon que successivement; aussi chercha-t-on à réaliser un système optique répondant au même but, mais permettant l'observation d’une image panoramique de l’horizon. Une fois, on a cru y être arrivé par l’invention du périscope, imaginé par le commandant Mangin, puis perfectionné peu après par le colonel Laussedat ; mais la déception fut prompte, et il fallut bien avouer que le panorama donné par le périscope était insuffisant et imprécis.
Depuis, les sous-marins ont été dotés d’appareils de vision plus pratiques, et, il y a quelque temps, une dépêche annonçait que, grâce à l’invention d’un nouveau périscope à tube optique à coulisses, comme une longue vue, la profondeur d’immersion des sous-marins, jusqu’ici très limitée, pourrait être sensiblement accrue.
L’idée du tube optique à coulisses n’est pas nouvelle; M. Maurice Gaget, dans son livre sur la navigation sous-marine, a donné la solution d’un système optique à tube à coulisses permettant au sous-marin immergé la vision panoramique exacte de l’horizon. La description et le fonctionnement de l’appareil, dont nous donnons le schéma, sont des plus intéressants et des plus simples.
La masse réfringente qui fournit le miroir conique est représentée en 1. Cette masse assujettie au chapeau C par l’écrou E mobile sur le pas de vis fixe Z est bordée en bas par un ressaut t 1, qui glisse .dans
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un tube t 2, mobile lui-même à frottement dans un tube £3, et ainsi de suite jusqu’au dernier tube t 5. L’appareil forme ainsi un système télescopique dont les tubes s’emboîtent les uns dans les autres, t 4 dans t 5, t 3 dans t 4, jusqu’au prisme 1 lui-même qui vient s’emboîter guidé par le ressaut t 1 dans ie tube 1 2. Quand l’appareil est complètement fermé, Je bord extérieur c du chapeau C vient s’appuyer contre une rondelle de caoutchouc c, encastrée dans la partie supérieure du dôme de commandement D, où elle forme point étanche.
Tous ces tubes sont poussés dans un sens ou dans l’autre par rapport au dernier tube z!5 au moyen de la vis Z dont la tête T s’appuie sur le chapeau C avec lequel elle est jointe de façon étanche par des lames de plomb ou par une soudure faite surtout son pourtour. Cette vis Z est mise en mouvement dans le sens vertical au moyen du volant Y manœuvré au moyen des manettes M et dont le centre est constitué par l’écrou E qui reste toujours au contact avec le point P qui porte la masse réfrigérante 2, tandis que par sa rotation la vis Z s’élève ou s’abaisse, élevant ou abaissant avec elle le chapeau C et les tubes t qu’il entraîne avec lui.
Voilà donc tout le système (1, 2) qui peut se développer en hauteur ou rentrer tout entier dans le tube £5. Ce tube 1 5, qui est relié en f avec la masse 2, est à son tour mobile à travers la partie supérieure du dôme par glissement dans un presse-étoupes p. Quand le système est complètement fermé, le tube £5 se trouve rentré à l’intérieur du sous-marin, et le chapeau C serrant la rondelle de caoutchouc fait corps avec le dôme lui-même. Quant aux masses 3 et 4, elles sont invariablement fixées à la coque du dôme et reliées l’une à l’autre vers l’intérieur par un tube a, qui sert en même temps à consolider leur position et à préserver les faces horizontales des impuretés et des accidents. Des contreforts Fportantune couronne K supportent le bas de la masse 3 dans laquelle on observe l’image de l’horizon.
Fig. S8.
Au-dessous de la partie supérieure du dôme, qui est alors réservée à l’appareil de vision, se trouve la couronne de hublots H qui permettent l’inspection directe de l’horizon quand le bateau navigue en affleurement. Cet appareil très ingénieux n’est pas, d’après M. Gaget un appareil définitif, mais un projet dont le constructeur fixera les détails. L’auteur a voulu seulement poser le principe d’un appareil de vision panoramique sans déformation sensible. Son initiative n’aura pas été vaine, et il aura contribué à la solution définitive de cette partie si importante du problème de la navigation sous-marine.
Les essais du nouveau périscope, dont nous avons parlé plus haut, qui se poursuivent actuellement à Cherbourg, ont donné, assure-t-on, d’excellents résultats; s’il en est ainsi, nos sous-marins seront bientôt munis de cet appareil qui leur permettra d’évoluer en toute sûreté pendant la plongée, et leurs détracteurs ne pourront plus leur reprocher leur myopie.