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CHAPITRE II

GAZOGÈNES

L’emploi direct des combustibles solides pour le chauffage des fours a presque complètement disparu ; on gazéifie au préalable le combustible dans des appareils spéciaux.

Actuellement on appelle, en industrie, gazogènes, des appareils dans lesquels par une combustion incomplète, obtenue en réglant convenablement l’air admis au gazogène, il se produit des gaz combustibles, oxyde de carbone et hydrogène ; ces gaz contiennent aussi des carbures d’hydrogène, produits par la distillation des combustibles. Il existe également des fours à cornues pour la production de gaz à l’eau et pour la distillation des combustibles; certains de ces appareils ayant pris le nom de gazogènes, nous en ferons une classe à part.

Nous diviserons donc ainsi les gazogènes :

1° Gazogènes à gaz d’air ;

2° Gazogènes à gaz mixte ;

3° Gazogènes à gaz régénéré des fumées ;

4° Gazogènes à gaz à l’eau ;

5° Gazogènes à cornues.

Il résulte de très intéressants travaux de M. Boudouard, préparateur au collège de France, que dans les gazogènes on doit, pour obtenir un bon rendement, c’est-à-dire pour produire des gaz renfermant aussi peu que possible d’acide carbonique réaliser les conditions suivantes :

1° Température aussi élevée que possible ;

2° Grande porosité du combustible ;

3° Extrême division du combustible ;

4° Courant gazeux avec vitesse minima.

La haute température est nécessaire pour la production d’une forte teneur en oxyde de carbone ainsi que le montre le tableau suivant extrait de la communication faite par M. Boudouard au IVe Congrès International de Chimie (Paris 1900) (*).

Température

Action de l’acide carbonique sur lo carbone

Action de l’air sur le carbone

Acido carbon. CO2

Oxyde do carb. CO

Acide carbon. CO2

Oxyde de carb. CO

La grande porosité du combustible joue aussi un rôle très important comme on peut le voir par les chiffres suivants dus à M. L. Bell. En faisant passer dans des conditions identiques de l’acide carbonique sur divers combustibles on obtient les résultats suivants :

Coke dur .

Coke poreux . . .

Charbon de bois. .

La réduction de l’acide carbonique en oxyde de carbone est donc facilitée par la porosité du combustible, sa division joue aussi un rôle important sauf cependant pour le charbon de bois avec lequel la grosseur des morceaux ne donne pas de différence appréciable, ainsi qu'il résulte d’expériences faites à 800° par M. Boudouard sur des morceaux de combustibles de la grosseur d’une noisette et sur d’autres ayant 2 à 5 mm de côté.

(1) Compte rendu du IV- Congrès International de Chimie tenu à Paris en

lre PARTIE : LA FUSION DU VERRE

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