VERRERIE DE DEUBEN (SAXE
MAGASIN CONTENANT DES CUVETTES ET DES CYLINDRES DESTINES A OBTENIR LE VERRE A VITRE (PROCÉDÉ SiÉVERt)
3me PARTIE : FABRICATION d’oBJETS EN VERRE CREUX
de métal, et de le dégager des parois du châssis (parois qui à ce moment sont réduites à un simple rebord circulaire) on dégage ce châssis, en retirant les targettes dont nous avons parlé ci-dessus. On redescend également le fond et le récipient mené à bonne fin, quoique encore brûlant, se trouve délivré du châssis et de la plaque de métal. Par une autre figure on se rend compte de cette opération définitive. On procède à la mise sur un chariot, du récipient, qui est finalement conduit au four de recuisson.
«Quelles que soient les dimensions et la forme du récipient à fabriquer, la manipulation est la même. Le poids du verre n’est plus un obstacle pour le verrier. La pesanteur est même utilisée pour cette fabrication.
« Le procédé Sievert est non seulement apte à fabriquer des vases, récipients, pots, bouteilles et autres articles de ce genre ; mais il parait en outre destiné à exercer une grande influence sur nos méthodes employées jusqu’à ce jour pour la fabrication du verre à vitres. »
Le verre à vitres est parfois passé au rouleau, et ensuite poli. M. Sievert cependant se propose d’éviter tout l’outillage nécessaire au maniement du rouleau et de souffler la feuille de verre d’une façon analogue au procédé employé pour les baignoires et les récipients. Autant que nous avons pu nous renseigner, deux méthodes sont actuellement en perspective pour le soufflage des glaces minces. La première consiste dans le soufflage d’un cylindre de la manière décrite ci-dessus ; dans le refroidissement du cylindre ; en le tranchant dans sa longueur en deux parties et en séparant le fond du corps du cylindre. On laisse ensuite ces sections séparées s’étendre sur des plaques en les soumettant à une température suffisamment élevée. La deuxième méthode consiste dans le soufflage d’un énorme récipient en se servant d’un moule cubique et en séparant ensuite les cinq sections formées par les côtés et par le fond. Une figure montre le récipient en cours de fabrication. C’est un énorme globe de verre ayant 4 pieds de haut et 5 de large. Les parois ayant une épaisseur de 2 mm 1/2.
Bien que le procédé de Sievert puisse donner des résultats pour la fabrication de toutes espèces de vases, il est constaté par la pratique actuelle que pour produire des objets de petites dimensions le verre se solidifie trop rapidement pour pouvoir être moulé. Conséquemment on a recours à un autre procédé non moins ingénieux que le premier. Nous savons tous que lorsqu’une gouttelette d’eau tombe sur une surface brûlante — un poêle ou un morceau de verre en fusion — l’eau ne
reste pas en contact avec cette surface brûlante, mais se trouve supportée par une couche de vapeur. Cette goutte d’eau ne s’évapore du reste pas rapidement, elle est lentement convertie en vapeur et disparait graduellement. L’état spliéroïdal — ou qualéfaction décrite par Pictet — est utilisé fort habilement par le verrier; car l’eau ne gerce pas le verre, et produit suffisamment de vapeur pour gonfler le verre qui est au bout de la canne. C’est sur ce phénomène que M. Sievert base sa méthode pour fabriquer de petits objets, à l’inverse cependant puisqu’il vide du verre chaud sur une couche d’eau au lieu de projeter de l’eau dans le verre chaud.
Par exemple pour faire une cuvette photographique comme celles actuellement employées, on verse du verre très chaud sur une feuille de papier buvard mouillé. Le verre ne vient pas en contact avec le papier et de ce fait ne le détériore môme pas, mais danse sur la surface humide dans toutes les directions suivant la façon dont il est versé. À l’aide d’un rouleau humide semblable à ceux employés par toutes les ménagères pour étendre leur pâte, on étend de la môme façon la masse de verre en une couche régulière et mince. La plaque de verre ainsi obtenue est saisie avec des pincettes et déposée sur une feuille humide d’amiante où l’on continue à faire tressauter le verre. Sur cette plaque de verre plastique on pose un moule, ayant la forme à obtenir, et la vapeur qui se dégage et qui est la cause du mouvement incessant qui est imprimé à la plaque, applique le verre sur les parois du moule . La cuvette est terminée.
De la même façon on peut produire un vase de n’importe quelle forme. On fabrique ainsi à la verrerie de Pensig (Silésie) des objets de gobeletterie avec 30 0/0 d’économie sur les anciens procédés et ces objets sont irréprochables.
Le Palais des Illusions (Salle des Glaces).
Les 72 glaces de ce magnifique palais qu’il est ici inutile de décrire car il a charmé et séduit tous les visiteurs à l’Exposition, ont été fournies et posées à titre gracieux par la Compagnie de Saint-Gobain. C’est grâce à ce concours désintéressé que l’architecte du palais, M. Hénarta pu mettre son œuvre au point et faire refléter à l’infini la magnifique coupole que des milliers de lampes électriques de toutes nuances, si harmonieusement installées par la maison A. et G. Martine, de Lille, faisait briller d’éclats prestigieux.
6mc PARTIE : FABRICATION D’OBJETS EN VERRE CREUX
La coloration douce et changeante des colonnes creuses en opaline soutenant les retombées de la coupole, fabriquées aussi à Saint-Gobain, produisait les effets les plus séduisants.
Fig. 127.
Le Palais de l’Optique.
Tout le monde a encore présent à la mémoire les attractions de ce superbe Palais où l’esprit ingénieux, persévérant et fécond de M. François Deloncle a fait jouer au verre un rôle considérable.
Une belle verrière de Bruin : un Kaléidoscope monstre et un labyrinthe de 90 glaces exposés par les glaceries de Jeumont : une galerie unique de 32 glaces grotesques de lm,80 de haut, dues au bombeur Bonnard : des glaces platinées de 2 m de haut obtenues à Saint-Gobain : un jeu sans précédent de tubes de Crookes soufflés par M. Seguy : un écran de réfraction de 9 m2 en cristaux de Bohême, ont fait l’admiration de deux millions de visiteurs.
Mais « le clou » du Palais était incontestablement la grande lunette de 00 m de long avec son sidérostat monstre dont le verre coulé par
M. Georges Despret à Jeumont a 2 m de diamètre, 0m,30 d’épaisseur et pèse environ 4 tonnes.
Les verres de la lunette, fondus dans les ateliers Mantois à Paris, ont lm,25 de diamètre et pèsent, le flint 360 kg. et le crown 230 kg. Le travail optique des verres du sidérostat et de la lunette est l’œuvre de M. P. Gautier et il a été obtenu à la machine dans les conditions qui font le plus grand honneur à ce savant constructeur.
Dans une salle du Palais, M. Georges Despret a exposé une série de disques dont l’un, plus puissant encore que celui du sidérostat, mesure 2m,10 de diamètre, 0"’,37 d’épaisseur et pèse 5 tonnes.