‹ La verrerie au XXe siècleChapitre 61 sur 83 · GO O CO CD · texte numérisé non relu

GO O CO CD

L’éclairage des locaux sombres par les Prisme s-Luxfer.

« Le mal naît à l’ombre et meurt au soleil » dit-on couramment en Italie. Quoique la faconde méridionale ait le proverbe facile, on ne saurait cette fois contester l’absolue justesse de cette appréciation.

L’étude des plantes et des organismes inférieurs a depuis longtemps révélé une série de faits des plus intéressants et il est aujourd’hui prouvé que la lumière entrave énergiquement le développement des germes infectieux. En dehors de cette donnée un peu spéciale, qui ne connaît par expérience les graves inconvénients d’un local insuffisamment éclairé ? Toutes nos Sociétés savantes, l’Académie de médecine notamment, ont fréquemment discuté la question de l’éclairage, la considérant à juste titre comme capitale au point de vue de l’hygiène.

C’est un fait acquis, la lumière du jour doit être suffisante et utilisable dans tout local habité si l’on veut éviter à l’organe visuel et à la santé générale des êtres qui y séjournent les conséquences les plus graves. Si, partant de ce principe, oh examine quelle est la situation faite aux populations des villes, il faut constater que la presque totalité des immeubles sont critiquables et qu’un grand nombre même d’entre eux devraient être l’objet de modifications imposées.

Certes, les Pouvoirs publics ne se sont pas absolument désintéressés et parmi les causes d’insalubrité visées par diverses ordonnances et circulaires remontant à une quarantaine d’années déjà, le défaut ou l’insuffisance de jour des locaux sont signalés comme très préjudiciables à la santé publique et devant être combattus. Le désir d’agir n’est malheureusement pas la solution du problème et la percée de portes, de fenêtres, l’établissement de plafonds lumineux, moyens correctifs préconisés, ne sont que des projets inexécutables dans la majorité des cas. Quant aux panneaux vitrés éclairant par lumière réfléchie, ils demeurent, malgré leurs perfectionnements, des à peu-prés donnant, d’une part, des résultats insuffisants à celui qui les emploie, de l’autre, créant pour les voisins situés immédiatement au-dessous, un obstacle au peu de lumière qui leur parvenait. De trop nombreuses courettes parisiennes permettraient, à qui en aurait le désir, de constater la- réalité de ces faits.

Les choses en étaient là, lorsqu’un chercheur eut l’idée d’appliquer à l’éclairage diurne des locaux obscurs, la lumière du jour réfractée par le prisme.

8e PARTIE : MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION

Cette invention connue sous le nom de Prisme '§- Lux fer est, à notre avis, le seul procédé jusqu’ici digne de fixer l’attention de ceux qu’intéresse l’hygiène. Cette ingénieuse disposition permet de diriger le rayon réfracté à la volonté du constructeur, il suffit pour cela de modifier la disposition et les angles des prismes. .

Au point de vue de la construction, cette innovation s’applique à toutes les utilisations du verre. Qu’il s’agisse de plafonds lumineux, de dallages transparents, de verres de croisées.

Châssis

quise,

uise

Mary

ZjEtape

Forilux

ISŒtaqi

du vitrage d’une marie Prisme-Luxfer demeure à la fois utile et décoratif.

Il convient de signaler, comme très intéressante, la façon dont sont montés les vitraux-primes. Au lieu d’utiliser la baguette de plomb habituelle, l’assemblage des prismes est obtenu en les disposant dans les mailles d’un réseau formé par un ruban de cuivre de moins d’un millimètre d’épaisseur. Ce premier travail effectué, on plonge le vitrage ainsi monté dans un bain galvanoplastique ; là s’opère un dépôt de métal sur toutes les parties saillantes du lacis et les morceaux de verre se trouvent sertis avec une précision qu’aucun procédé manuel ou mécanique ne saurait atteindre.

On obtient ainsi un tout parfaitement étanche, d’une solidité extraordinaire, résistant même à faction du feu, ainsi que le démontrent des expériences dont nous avons pu personnellement constater les effets.

Au résumé, le Prisme-Luxfer permet l’utilisation de la lumière du jour dans les très nombreux locaux qu’un éclairageinsuffisant ou artificiel rend dangereux; cette simple constatation suffit à justifier son rôle éminent hygiénique.

Si l’on se place sur le terrain économique, cette innovation se caractérise, là encore, par de sérieux avantages. Toutes les installations

Imposte

de

Trismes Luxfer

de Ch .

Lucidux

Sous-Sol .

Fig. 143.

faites jusqu’à ce jour, et elles sont nombreuses, ont permis de réduire les dépenses d’éclairage au point d’amortir les frais d’acquisition dès la première année.

Il est actuellement procédé à l’aménagement d’un bureau de poste modèle ; les locaux de cette catégorie sont, nul ne l’ignore, pour la plupart éclairés de la façon la plus défectueuse. Ce champ d’expériences, où s’affirmera l'utilité des Prismes-Luxfer, va permettre aux pouvoirs publics de sanctionner par un patronage officiel une découverte que le monde industriel et commercial s’est judicieusement empressé d’accueillir.

Tuyaux et récipients métalliques vitrifiés, avec adhérence absolue.

Système L. Bergier, à Paris.

Le développement industriel incessant et les nécessités hygiéniques de plus en plus impérieuses ont fait rechercher un moyen de canalisation, de conservation et d’innocuité parfaite, qui pût être appliqué avec succès et de façon réellement efficace et économique à la fois.

Certes, des applications ont été tentées; mais elles sont demeurées sans résultat pratique sérieux.

L’invention récente de M. L. Bergier, vient donner satisfaction à tous les desiderata et répondre aux besoins que les progrès de ce siècle ont fait naître dans toutes les branches de l’industrie et notamment dans le domaine des applications hygiéniques.

Cette invention consiste à revêtir de verre, intérieurement, tous récipients quelconques et plus particulièrement les tuyaux en métal (fer, fonte, acier, cuivre, etc.) ou en grès. On obtient, sans interposition d’aucune matière étrangère, une adhérence et une soudure complètes entre le métal et le verre, et — conséquence de la composition spéciale du verre employé — aucune rupture due à la dilatation du métal n’est à craindre, et le verre offre la même résistance que le métal lui-même.

Les applications du système sont innombrables. Nous nous bornerons à mentionner ici les principales d’entre elles.

Et d’abord, en ce qui concerne la canalisation des eaux minérales de toutes sortes ^froides ou chaudes), les tuyaux vitrifiés permettent l’adduction en parfaite pureté de la source au point d’utilisation, des eaux destinées à la consommation : plus d’empoisonnement à craindre par le plomb ou par tout autre métal. Ils sont indispensables aujourd’hui

8e PARTIE : MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION

dans toutes les constructions : établissements publics ou privés, hôpitaux, travaux de salubrité, immeubles urbains ou ruraux, etc., aux canalisations ménagères, pour le tout à l’égout, pour les conduites d’évacuation, etc... Leurs parois intérieures de verre permettent de les laver facilement et assurent leur parfaite innocuité.

Pour les eaux minérales, spécialement, la canalisation au moyen de tuyaux vitrifiés permettra leur adduction de la source au point de consommation ou d’utilisation, en leur conservant leur pureté, leurs principes naturels et hygiéniques, en un mot toute leur efficacité alimentaire ou thérapeutique.

Fig. 144.

Dans les laiteries et, généralement, pour la préparation et la conservation de tous liquides alimentaires (tuyaux et récipients), l’innocuité du verre donnera toute sécurité aux hygiénistes et au public consomma teur.

Dans les brasseries, distilleries et toutes industries similaires, où le cuivre joue le plus grand rôle, les tuyaux vitrifiés rendront d'éminents services : on pourra les rincer facilement, au besoin, au moyen d’une lance et on évitera les inconvénients des tuyaux ordinaires qui ne peuvent avec les moyens actuels, être purifiés de tous dépôts nuisibles.

D’autre part, dans l’industrie des produits chimiques, dans les laboratoires, les papeteries, les tanneries, l’usage des tuyaux à parois intérieures de verre rendra d’inappréciables services tant au point de vue économique que pratique, par leur plus grande durée et le rendement plus parfait des opérations, en évitant les oxydations par les acides et produits divers employés.

Dans les tanneries, plus particulièrement, l’emploi de ces tuyaux permettra de conserver purs de tous oxydes de 1er, de plomb ou de cuivre, les jus destinés au tannage des peaux.

Enfin, dans le domaine si étendu de l’électricité (canalisation et applications générales), ces tuyaux constituent pour les conduits l’isolateur parfait en préservant les fils de tout contact avec des matières corrosives ou impures, et, surtout, en diminuant la grande déperdition des fluides pendant la transmission, par suite de l’augmentation de l’isolement de la ligne.

Ajoutons que toutes formes de tuyaux peuvent être obtenues (coudes, T, Y, U, syphons, etc.), ainsi que toutes dimensions en longueur et en diamètre.

Que la solidité de la couche de verre garnissant les tuyaux dans le système L. Bergier, permet à ceux-ci de résister aux changements de température les plus divers, ceci contrairement aux applications peu heureuses tentées jusqu’à ce jour : ainsi le collage par interposition d’une couche de ciment se brise facilement sous l’influence de la température, et les systèmes antérieurs ne pouvaient être utilisés qu’en tubes droits et non sous toutes les formes ci-dessus indiquées.

Enfin que la pression que peuvent supporter les nouveaux tuyaux vitrifiés Bergier est au moins égale à celle que peut supporter le tuyau métallique lui-même.

Une dernière considération qui a bien son importance : les prix de revient sont minimes.

8° PARTIE : MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION 3oü

C'est, (lire qu’en raison des nombreux et sérieux avantages qu’il présente, le système Bergier (tuyaux vitrifiés) est appelé à se développer considérablement.

Pièces de verre moulées par le procédé Siévert.

Ayant développé dans la deuxième partie de ce travail (aux chapitres I à IY) ce que nous savons des verres moulés, des verres spéciaux, nous ne croyons pas devoir y revenir ici, mais nous insistons tout particulièrement sur les nombreuses applications qui vont naître des procédés Siévert, aussi bien pour les emplois usuels, domestiques, que pour les applications hygiéniques aux constructions. Pour les revêtements extérieurs et intérieurs des habitations, ces pièces de verre minces, fabriquées en verres de toutes couleurs se prêteront très bien aux divers styles d’ornementation, de décoration et nous ne pouvons trop appeler à ce sujet l’attention des architectes.

Avant de clore ce chapitre nous voulons citer l’un des nombreux articles publiés en France, aussi bien qu’en Europe et aux États-Unis, sur nos publications relatives à l’emploi du verre de plus en plus généralisé pour la construction. Nous sommes même allé jusqu’à vouloir édifier une maison complètement en verre — avec ossature métallique. L’idée qui paraissait hasardée, prématurée, a fait son chemin; au lieu de rire de cette idée, on la discute, en attendant sou application, sa réalisation, les usages du verre se sont multipliés, ils se développeront encore. Nous avons conscience d’avoir fait oeuvre utile aussi bien au point de vue industriel qu’au point de vue de l’hygiène et nous citons à l’appui de notre thèse les critiques suscitées par nos travaux sur ce sujet :

LA MAISON DU XXe SIÈCLE

Page 1