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III. — Gazogènes à gaz régénéré des fumées

Dans ces gazogènes une partie des gaz brûlés, mélangés avec de l’air en excès sont employés au soufflage dans le but de récupérer le carbone de l’acide carbonique des fumées, c’est une amélioration très discutée et qui ne semble pas avoir été sanctionnée parla pratique, aussi croyonsnous inutile d’insister sur ces gazogènes.

Pour le gazogène Wilson, on revendiquait cette utilisation de l’acide carbonique, qui a surtout été proposée par MM. Biederman et Harvey.

IY. — Gazogènes à gaz à, Peau.

Les gazogènes de ce système sont des appareils intermittents. Pendant une période dite de réchauffage, le combustible est traversé par un courant d’air qui produit une élévation de température, puis pendant la période de gazéification, il n’y a plus d’air admis au gazogène,

mais on y introduit la vapeur d’eau qui, au contact du charbon incandescent, se décompose et donne lieu à la réaction suivante :

La puissance calorifique du mètre cube de gaz à l’eau est en moyenne de 2.800 calories.

Dans les premiers gazogènes à gaz à l’eau, la période de réchauffage avait une durée double de celle de la période de gazéification, on produisait pendant la période de réchauffage du gaz d’air, qui était employé à un chauffage quelconque.

Actuellement, on a évité de recueillir le gaz produit pendant la période de réchauffage, ce gaz est brillé soit directement dans la cuve du gazogène grâce à un excès d’air (procédé Delwick-Fleischer), soit dans un récupérateur séparé qui surchauffe ensuite la vapeur d’eau envoyée au gazogène (procédés Strong, Lowe, Strache, etc.).

Avec le gazogène Dellwick Fleischer, la durée de la période de gazéification est de 50 minutes pour 10 minutes nécessaires à la période de réchauffage, nous croyons qu’il en est à peu près de même pour le gazogène Strache.

Le gaz à l’eau convient à tous les usages, chauffage, éclairage, force motrice, mais sa préparation exige une grande surveillance et tous les gazogènes pour gaz à l’eau sont compliqués ; pour le chauffage industriel on lui préfère en général le gaz mixte, dont la préparation est très simple et plus économique.

Y. — Gazogènes à cornues.

Ces appareils, qui sont cependant des générateurs de gaz, ne sont pas en général désignés sous le nom de gazogènes ;

Dans les usines à gaz on leur donne le nom de fours à cornues. Les gaz produits par ces appareils coûtent trop cher pour être employés au chauffage des fours.

Selon la nature du gaz produit, on peut les classer :

a. En gazogènes ou fours de distillation ;

b. En — à gaz à l’eau ;

c. En — à gaz Riche au bois (gaz de distillation et gaz

à l’eau).

r'e PARTIE : LA FUSION DU VERRE

a. — Gazogènes ou fours à distillation.

Pour la distillation de la houille, on fait usage de cornues en terre en forme de moufle groupées en nombre variable dans un four. Le gaz obtenu a une puissance calorifique moyenne de 5.200 calories au mètre cube, on obtient comme sous-produits du coke des goudrons, de l’ammoniaque, etc.

Le bois qui distille à une température moins élevée est distillé dans des cylindres en fonte, on obtient un gaz à 3.300 calories par mètre cube, et il reste dans la cornue du charbon de bois, on recueille comme produits secondaires de la distillation, de l’ammoniaque, de l’acide pyroligneux, de l’esprit de bois, du goudron et diverses essences.

b. — Gazogènes et gaz à l'eau.

Un petit appareil qui mérite d’être signalé est le gazogène Guénot qui pour de petites installations peut être utile, il est représenté schématiquement par la fig. 6.

Une cornue en fonte formée de deux tubes assemblés en forme d’U est portée au rouge à l’aide d'un foyer non figuré sur le dessin, les flammes arrivent en a et s’échappent en b. La cornue contient du charbon de bois ; par le siphon c de l’eau tombe goutte à goutte, elle se vaporise et au con- Fig. 6. — Gazogène Guénot. tact du charbon de bois produit du gaz à l’eau qui se dégage en d.

c. — Gazogènes à gaz Riche.

Dans les gazogènes Riché, les produits de la distillation du bois traversent une couche plus ou moins épaisse de charbon de bois chauffé au rouge, ce charbon de bois provient des distillations précédentes. Le gaz obtenu a une puissance calorifique moyenne de 2.800 calories par mètre cube, il reste dans la cornue du charbon de bois.

La fig. 7 représente un gazogène Riché. En a est le foyer, b et b sont des carneaux servant au passage des flammes du foyer qui viennent chauffer les cornues c, d est le conduit de fumée et e la cheminée.

Les cornues sont fermées par des couvercles maintenus par des ctriers. Dans la partie infé-

Fig. 7. — Gazogène Riché.

rieure de la cornue, celle qui est la plus fortement chauffée, est le charbon de bois provenant de la distillation du bois. Dans le haut de la cornue on place le bois à distiller. Les gaz traversent le charbon de bois de haut en bas et se dégagent par l’orifice f. Le charbon de bois produit est extrait par le regard g.

Le gaz Riché peut convenir dans certains cas pour l’éclairage, mais pour le chauffage et pour la force motrice il est infiniment plus économique de brûler le bois et la houille, nécessaires au chauffage du gazogène Riche, dans des gazogènes à gaz mixte (*).

A l’une des séances du Congrès International de Chimie appliquée tenue à Paris en juillet 1900, M. E. Damourafait une communication intéressante sur le chauffage des petits fours à bassin par le gaz de bois Riche.

Nous ne sommes pas complètement de l’avis de l’auteur de cette communication : l’emploi du gaz Riché pour les chauffages industriels ne nous parait pas avantageux en ce sens que le mètre cube revient à environ 0 fr. 06, ainsi que nous avons eu occasion de le constater. La puissance calorifique de ce gaz est de 2.800 calories au mètre cube, aussi nous croyons plus avantageux d’employer :

1° Si le chauffage à produire est important:

а. — Le gaz à Veau dont la puissance calorifique est sensiblement égale à celle du gaz Riché et que l’on peut obtenir plus économiquement. De plus le fonctionnement des gazogènes à gaz d'eau n’expose pas aux mêmes inconvénients que l’emploi des cornues en fonte du système Riché.

б. — Le gaz de houille. Plusieurs usines distillent la houille dont le gaz a 5.200 calories environ ne revient qu’à 6 ou 8 centimes le mètre cube, c’est-à-dire beaucoup moins cher que le gaz Riché, à puissance calorifique égale.

c. — Le gaz pauvre, brûlé avec de l’air sous 80 à 100 grammes de pression, dans des brûleurs convenablement disposés. Des essais ont été faits et les résultats obtenus sont assez satisfaisants pour décider à construire à Leignelay, près Fougères, un four de fusion à un seul creuset de 500 kg. C’est, croyons-nous, une bonne solution pour le chauffage des petits fours de verrerie.

2° Pour les petites installations, les gazogènes à gaz pauvre employés comme nous venons do l’indiquer, ou bien les gazogènes de gaz à l’eau nous paraissent les plus avantageux.

(1) V. Etude des divers gaz combustibles, par M. A. Lencauchez ( Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, mai 1899).

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