‹ La verrerie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 2 sur 66 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

création, les infiniment grands et les imperceptiblement petits, le prouvent assez. Ici c'est le télescope qui, découvrant les secrets du firmament, oblige, pour ainsi dire, les astres à descendre de leur immense espace pour venir s'offrir à l'étude de l'astronome ; là c'est le microscope qui, plus utile encore en ce sens qu'il est la lumière de toutes les sciences naturelles, devient la source des découvertes les plus curieuses et les plus importantes, car il offre à nos regards tout ce dont nous ne soupçonnions même pas l'existence ; il nous ouvre un monde nouveau ; l'atome le plus imperceptible à l'état de nature prend un corps, grandit et se développe à tel point que là où tout à l'heure rien ne paraissait exister, nous découvrons des myriades d'êtres vivants.

Ces deux exemples méritent certes à eux seuls le nom de merveilles : mais ils ne suffisent pas à l'éloge du verre, qui, obéissant à la volonté de l'homme, se prête à tous nos besoins, à toutes nos fantaisies.

La vie privée et pratique de tous les jours ne profile-t-ellepas de ses bienfaits? Sous formé de vitres, le verre nous donne le jour tout en nous défendant des injures des saisons ; glace ou miroir, il reproduit nos images ; lustre, il double le feu des lumières par ses nombreux reliefs diamantés, et si nous entr'ouvrons la porte de la salle à manger, nous retrouvons son éclat transparent dans ces carafes et dans ces terres à boire aux formes sveltes, pures et élégantes.

AVERTISSEMENT. m

Tant d'applications diverses en sont-elles moins des merveilles parce que nous sommes habitués à les voir tous les jours, et ne méritent-elles pas, elles aussi, leur petite histoire individuelle? C'est ce travail que nous allons entreprendre.

Si malgré nos nombreuses recherches et tous les soins apportés dans leur classification, le lecteur trouve encore quelque oubli, quelque erreur même (et certes nous sommes loin de penser que notre travail en soit exempt), qu'il veuille bien nous les pardonner en considération de tout ce que notre sujet embrasse^

La crainte qui nous oblige à cet aveu n'étonnera personne, quand nous rappellerons que l'un des hommes les plus savants de notre époque, M. Péligot* traitant spécialement la question du verre sous ses diverses formes chimiques et pratiques, dit à ses lecteurs : « Je ne me fais pas illusion sur les imperfections que présente mon travail1, mais j'ai espéré qu'on me tiendrait compte des difficultés qu'on éprouve à rassembler des documents un peu étendus sur l'industrie verrière, industrie qui vit par la tradition, qui évite la publicité, et sur laquelle, si l'on excepte les articles des encyclopédies et des traités de chimie, aucun travail d'ensemble n'a été fait depuis plus d'un siècle et demi. »

4 T)ouzc leçons sur Vart de la verrerie.

iv AVERTISSEMENT.

Si, par excès de modestie, M. Pèligot réclame l'indulgence du lecteur, lui qui certes en a moins besoin que personne, comment pourrions-nous, au début de ce livre, nous dispenser de solliciter une indulgence plus grande et surtout plus nécessaire!

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