‹ La verrerie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 29 sur 66 · DES VERRES A DEUX COUCHES · texte numérisé non relu

DES VERRES A DEUX COUCHES

à deux couches, qu'en citant la merveille des merveilles, ce vase désigné par les archéologues successivement sous les noms de vase Barberini et de vase Portland (fig. 35).

Quelques mots expliqueront l'origine et le motif de cette double dénomination.

Trouvé au seizième siècle dans un sarcophage en marbre des environs de Rome, ce vase, après avoir été pendant plus de deux siècles le principal ornement de la galerie des princes Barberini à Rome, fut adjugé en vente à la duchesse de Portland au prix de quarante-six mille huit cents francs.

Quoique légitime et unique propriétaire de ce chefd'œuvre, la duchesse, qui ne se reconnaissait sans doute pas le droit de cacher à l'admiration publique un objet sans analogue, prêta ce vase au Musée britannique, où il se trouve encore aujourd'hui.

Aussi respecté qu'admiré par tous, peut s'en fallut cependant qu'un jour il ne restâtplusque le souvenir de ce vase, car un fou nommé Lloyd le brisa en morceaux d'un coup de canne.

Si le manque de raison avait commis le dégât, le talent d'un artiste sut le réparer de telle sorte et avec une telle habileté, qu'il est impossible de distinguer le joint des nombreuses fractures.

Ce vase unique, qui est présumé de l'époque des Antonins (l'an 138 environ de J. C), se compose de deux couches de verre superposées. L'une (celle du fond) est bleu foncé, et l'autre blanc opaque, de telle sorte que les figures se détachent en blanc sur un fond bleu foncé.

La superposition des deux couches imite à tel point l'onyx i

1 Du grec onax, ongle. Espèce d'agate très-fine qui présente des couches parallèles de différentes couleurs, et dont la laiteuse est d'un blanc couleur d'ongle.

que, pendant très-longtemps, les archéologues décrivirent ce vase comme étant un camée1 ancien, tandis qu'il est bien reconnu aujourd'hui que ce n'est , comme nous venons de le dire, qu'un vase en verre à deux couches.

Si la matière est parfaitement connue, il n'en est pas de même du sujet qu'jl représente, car il est encore indécis de nos jours. Nous le rapportons ici tel que le donne Millingen dans ses Monuments inédits, tome 1, page 27.

« Le vase Portland représente (n°l) le mariage de Thétis et Pelée. La femme assise, tenant un serpent dans sa main gauche, est Thétis, l'homme auquel elle donne la main droite est Pelée. Le serpent rappelle les différentes transformations au moyen desquelles elle comptait échapper au mariage. Le dieu placé devant Thétis est Neptune. Un Amour, planant dans les airs réunit les deux époux : le portique derrière Pelée signifie probablement le palais de ce prince, ou bien le sanctuaire dans lequel Thétis recevait les honneurs divins.

« Sur le revers (n° 2) on voit encore Thétis assise, tenant un flambeau renversé, emblème du sommeil. L'homme assis à ses pieds est Pelée. L'autre figure, qui porte une lance, est la nymphe du mont Pélion, où la scène se passe. »

Sous la frise développée de la partie postérieure du vase, nous donnons un buste (n° 3), qui placé sous le pied du vase, et omis par Millingen, représente Ganymède (?).

De chaque côté de ce buste sont reproduits (n° 4) les mascarons des anses.

1 De l'italien cameo, pierre composée de différentes couleurs et gravée on relief.

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