‹ La verrerie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 28 sur 66 · DES VERRES A DEUX COUCHES · texte numérisé non relu

DES VERRES A DEUX COUCHES

Jusqu'à présent nous n'avons parlé, comme on l'a sans cloute remarqué, que du verre ou du cristal d'une seule couleur.

Là, ne s'était pas cependant arrêtée l'industrie des anciens, car, non contents d'être arrivés à produire les pierres précieuses factices monochromes, ils étaient encore parvenus à imiter une des œuvres les plus rares de la création, l'agate onyx, qui, comme on sait, est une pierre à deux ou trois couches de couleurs diverses.

La collection du Louvre possède plusieurs splendides objets en cette manière extrêmement rare, pour ne pas dire introuvable à notre époque.

Avant de placer sous les yeux du lecteur le spécimen du vase Portland qui est la plus belle pièce connue en verre à deux couches, et, avant de lui raconter l'histoire et les malheurs de ce chef-d'œuvre, disons un mot sur le mode employé pour obtenir des verres à deux couches distinctes.

Si, par exemple, un verrier veut obtenir un vase quelconque à raies alternées blanches et rouges, il commence par prendre au bout de sa canne une petite quantité de verre blanc qu'il pare sur le marbre. Cette paraison faite, il trempe alors ce verre blanc dans un creuset contenant du verre rouge en fusion; ce second verre, en couche assez mince, étant ainsi superposé sur le premier, l'ouvrier souffle l'objet et lui donne la forme voulue.

Ce travail terminé, il s'agit de faire reparaître, en partie, le verre blanc qui se trouve totalement caché par lé verre rouge.

Le résultat à obtenir offre, ainsi qu'on Ta sans doute déjà pressenti, la plus grande analogie avec la gravure sur verre (page 146), en ce sens que si le travail de celleci consiste à tracer un dessin en enlevant une partie de la matière vitreuse, celui des verres à deux couches est exactement le même, puisqu'il ne s'agit aussi que d'enlever certains endroits de la couche de verre supérieur, afin de faire reparaître celle qui est dessous. La ressemblance de ces deux travaux est telle, que Lune et l'autre de ces industries se servent exactement des trois mêmes modes, le silex, la roue, et l'acide fluorhydrique.

Quant au mode d'enlevage par le silex, la roue ou l'acide, le lecteur comprendra, sans que nous ayons besoin de le dire, que dans les deux premiers moyens, le silex et la roue n'attaquent que les parties à enlever, de même que, dans le procédé par l'acide, ces dernières sont les seules qui, comme dans la gravure sur verre, ne sont pas enduites d'un vernis de cire et de térébenthine qui comme on sait, neutralise l'effet dévorant de l'acide *.

Nous ne saurions mieux clore ce qui concerne les verres

1 Voy. De la coloration du verre.

Fi g. oo. — Vase Portland.

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