DU THERMOMETRE ET DE SON ORIGINE
Tout le monde sait que le thermomètre, ainsi que son étymologie l'indique1, servant à mesurer les diverses variations de la température, se compose généralement d'une plaque marquant par des divisions égales les divers degrés du chaud et du froid. A son milieu est un tube en verre, cylindrique et perpendiculaire, d'un petit diamètre, ayant à l'intérieur une très-faible quantité soit de mercure, soit d'esprit-de-vin coloré au carmin, qui s'arrêtant, l'un ou l'autre, à l'une des divisions indiquées sur la plaque, marque les fluctuations successives de la température.
Suivant M. Libri2, l'invention du thermomètre serait due à Galilée3; suivant d'autres auteurs, à Fr. Bacon4, ou
1 Du grec thermos, chaud, etmetron, mesure.
8 Histoire des sciences mathématiques en Italie, t. IV, p. 189.
3 Galilée (Galilée- Galilei), né à Pise en 15Gi, mort en 1642.
4 Bacou (François), né à Londres en 1561, mort en 16"2G.
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à Fludd1, ou à Drebbel2, ou enfin à Sanctorius3. L'opinion la plus générale en fait honneur à Cornélius Drebbel, et cependant à celte longue suite d'inventeurs supposés, M. Hoefer4 ajoute un nouveau compétiteur, van Helmont, qui, suivant ce savant, aurait émis le premier l'idée de la construction d'un thermomètre. Nons donnons les paroles textuelles de M. Hoefer:
« Van Helmont, s'indignant de ce qu'un certain Heer lui reproche d'avoir poursuivi la chimère du mouvement perpétuel, dit qu'il s'était servi d'un instrument de sa propre invention, non pour chercher le mouvement perpétuel, mais pour constater que l'eau, renfermée dans une tige creuse de verre terminée par une boule, monte et descend, suivant la température du milieu ambiant. Cette idée, jetée au hasard, devait être en jour féconde en résultats. »
Si l'absence de preuves laisse encore indécis le nom de l'inventeur, on est plus heureux quant à la date de l'apparition du thermomètre, car on est généralement d'accord que le premier parut en Allemagne, en 1621, sous le nom de Cornélius Drebbel.
Si le thermomètre était dès ce temps trouvé et même en usage, il devait encore être, d'après les descriptions qu'on en possède, à un état bien éloigné de la perfection à laquelle il est arrivé de nos jours.
Ces améliorations, ces perfectionnements successifs, nés delà marche toujours ascendante de la science, ont
1 Fludd (Robert), médecin, né à Milgate (comté de Kent) en 1574, mort en 1637.
2 Drebbel (Corneille van), né à Alckmaer (Hollande) en 1572, mort en 1634.
5 Sanctorius, nom latinisé de Santori, célèbre médecin, né à Capod'Istria en 1561, mort en 1636.
4 Dictionnaire de chimie, au mot Thermomètre,
été racontés par M. Figuier1 dans son livre des Grandes inventions anciennes et modernes.