DU THERMOMÈTRE
verre, ramolli par la chaleur, cette boule, suivant la traction qui lui est donnée , s'allonge à tel point que, de boule qu'elle était tout à l'heure, elle devient un long tube.
On comprend que la boule soufflée étant creuse à son intérieur, le tube qui en résulte conserve à son centre une cavité continue et égale, en rapport avec le diamètre qu'on donne au tube. (Voir ce que nous en disons à l'article Verre fdé, page 171.)
Pour ne pas revenir sur ce sujet, et avant de nous occuper exclusivement des tubes destinés aux thermomètres, nous dirons que tous les tubes droits se font indistinctement de la même manière. Quant à la fabrication des tubes en spirale en usage dans la chimie, et qui affectent trèssouvent des formes en serpenteaux, ils s'obtiennent au moyen de cylindres en fonte autour desquels on les enroule alors que le verre est malléable.
Revenant aux tubes spécialement destinés aux thermomètres, voyons par quel moyen on peut les charger soit de mercure, soit d'alcool.
La capillarité1 du tube, mais plus encore la résistance qu'offre l'air qu'il contient rendant impossible l'introduction directe soit du mercure, soit de l'alcool, on détruit cette résistance en chauffant, à l'aide d'une lampe à esprit-de-vin, le réservoir du tube2 encore vide.
La presque totalité de l'air intérieur étant chassée par cette première opération, on plonge alors l'extrémité ouverte du tube, opposée au réservoir, dans une masse de mercure ou d'alcool, et bientôt, comme la force de l'air
1 Par capillaire, du latin capillaceus, on désigne un tube dont la percée intérieure ne dépasse pas la grosseur d'un cheveu.
2 Le réservoir, qu'il soit sphérique ou allongé, est une partie ajoutée au tube, après que ce dernier est fait.
atmosphérique est plus grande que celle du peu d'air qui reste dans le tube, elle vient peser sur le mercure ou
l'alcool qui, par cette pression, s'élèventdans le tube.
Dès qu'une portion de mercure ou d'alcool est entrée dans le tube, on le relève, et alors ne trouvant plus de résistance, l'un ou l'autre tombent par leur propre poids dan s le réservoir, qu'on chauffe de nouveau et assez pour que les vapeurs de la substance contenue dans le réservoir et mise en ébullition chassent complètement ce qui pouvait rester d'air dans le tube.
Cette opération terminée, on ferme à la lampe la partie ouverte du tube, et il ne s'agit plus que de le graduer.
Fig. 39.