‹ La verrerie depuis vingt ansChapitre 2 sur 46 · IMITATIONS DE PIERRES DURES · texte numérisé non relu

IMITATIONS DE PIERRES DURES

Cristaux genre quartz enfumé et quartz améthyste.

On sait que l'oxyde de manganèse colore la matière vitreuse en violet riche ou terne, suivant que la base en est sodique ou potassique. Mais les quartz sont rarement unis, et sont plutôt striés, nuageux. Les procédés de M. E. Galle ont servi à reproduire ces accidents, qui divisent

les rayons lumineux d'une façon agréable à l'œil, et rompent par des nuances locales la monotonie du ton. On voit des pièces où la coloration violacée est affectée de marbrures, de jaspures, d'agatisés, de nuagés, — et d'autres où elle est condensée à certains endroits. Les compositions numéros 121 et 92 (*) au péroxyde de manganèse,

Fig. 4. — Vase en cristal marbré, gravure camée : « Orphée perdant Eurydice ». Composition de la fabrication de M. E. Gallé. de Nancy. (Exp. 1889, collection de M. L. Cléry).

maintenu à son maximum d'oxydation, donnent une sorte de truité, et les numéros 81 et 82 ont des aspects d'algues marines.

M. Gallé a reproduit les fêlures brillantes de certains quartz en pro-

1. Ces numéros et ceux qui suivent sont ceux dans lesquels étaient cataloguées les pièces exposées par M. Gallé en 1889.

Nous reconaissons qu'il est difficile au lecteur de so reporter à cette classification, mais nous ne voyons pas le moyen d'opérer d'autre manière qu'en reproduisant les notes prises par nous à cette époque.

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jetant de l'eau froide sur le vase pendant le travail du verrier; mais c'est là un procédé connu; d'ailleurs, ces pièces de forte épaisseur ne sont déjà que trop exposées à prendre la trempe, qui amène ensuite la rupture à la taillerie. Aussi a-t-il employé quelquefois des brins d'amiante, des paillettes micacées; exemples : numéro 3, vase méplat, souillé d'une préparation au manganèse., sujet gravé et doré : « Vercingétorix » ; numéro 301, vase Médicis, verre améthyste, nuagé, agatisé par l'incorpoporation d'un verre demi-opaque, dit albâtre ou pâte de riz, sous forme de composition d'une vasque, numéro 98, dont le Journal de Saint-Pétersbourg a donné une description lyrique : manganésée, puis à couche de cristal rubis, elle est encore marbrée de préparations diverses à l'or et à l'argent.

La juxtaposition, le soudage de bandeaux de cristal violacé, plus ou moins bleu ou rouge, et d'une pâte noire opaque, pour former un seul vase, a donné des aspects riches et nouveaux. La gravure des couches noires est venue achever cette œuvre.

Ainsi, dans la pièce numéro 16, la base et le col blanc, à couche noire ciselée de phalènes en relief, sont séparés par une boule améthiste, et le tout forme un cornet; de même, dans la pièce numéro 12"ï, une paraison bleue violacée a son bord égalisé, soudé à celui d'une autre parai son blanche, doublée de pâte opaque noire; les compositions n'étant pas discordantes, on a pu en faire, sans rupture, une seule coupe richement gravée. Une coupe gravée de fins camées noirs est portée par un pied améthyste tendre, où l'artiste a gravé cette inscription : « De noir chagrin, douce améthyste console ».

Enfin, d'un type similaire était le flacon offert à M. le Président de la République par la collectivité des distillateurs; dans des couches d'un noir rouillé et d'un violet pourpre, sont découpées des branches fleuries et des fruits d'illicium anisatum, avec cet exergue : « Je vaincrai par la douceur ».

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