FOUR BOËTIUS
Le principe du four Boëtius repose sur la combustion méthodique du charbon, dans réchauffement de l'air destiné à la combustion et le mélange intime des gaz comburants et combustibles.
Ce four se compose du four de fusion proprement dit a (fîg. 32, 33, et 34) et des deux générateurs à gaz b b\ situés directement au-dessous du four et séparés par un massif central c. L'aspiration s'effectue par des cheminées d d' ménagées dans des piliers d'ouvreaux et en communication avec la hotte du four. Le siège est composé d'un seul massif légèrement incliné vers les parois du four et percé en son axe longitudinal de deux lunettes IV par lesquelles les gaz arrivent dans le four.
Il est composé de deux tas de grandes briques de siège, superposés à un lit de petites briques de siège qui, à son tour, recouvre un réseau de petits canaux r r débouchant dans les lunettes l V .
C'est par ces canaux que sont lancés les jets d'air destinés à la combustion.
Directement sous le siège et suivant son axe longitudinal s'étendent les deux gazogènes. Ce sont des foyers à grille inclinée et à tirage naturel, dont le fond est formé par le massif central c et dont les parois s'élè-
vent en se rétrécissant jusqu'aux dimensions des lunettes ll\ Les générateurs sont recouverts de deux voûtes qui supportent le siège et dans lesquelles on a ménagé une ouverture communiquant avec les lunettes IV .
En g g' sont les grilles qui se continuent jusqu'aux tisarts en t £ par des plans inclinés p p appuyés sur les voûtes x> v\ Sous chaque grille court le cendrier K appelé cave.
Fig. 33. Fig. 34.
Outre Téconomie de combustible, on atteint dans le four Boètius des températures bien supérieures à celles que le chauffage à foyer direct permet d'obtenir ; le verre y est plus beau, plus fin, et s'y maintient
plus longtemps à l'état malléable, en même temps qu'il reste à l'abri des poussières pendant toute la durée du travail.
D'après les données de M. Boëtius, M. Tocke a isolé du four les deux gazogènes en les reportant à une certaine distance et en les reliant au four au moyen d'un conduit en maçonnerie.
En 1885, M. Appert a apporté quelques perfectionnements au four primitif de Boëtius. Les modifications introduites ont eu pour but de donner à l'air amené dans le laboratoire du four, autour des creusets, une température sensiblement plus élevée que dans l'ancien dispositif, produisant ainsi un accroissement de température avec une consommation de combustible notablement moindre (10 à 15 °/0).
Par un système de chicanes placées le long des murs verticaux des gazogènes et dans le damier disposé sous le siège du four, les filets d'air sont obligés de suivre un parcours beaucoup plus considérable et égal dans toutes ses parties avec la vitesse la plus faible possible en contact avec les parties chaudes des gazogènes et du four en les rafraîchissant et en rendant l'usure moins rapide.
Un ensemble de regards convenablement disposés permet la visite et le nettoyage des chicanes et des carn^aux. L'air arrive dans le four à une température d'environ 500 à 600 degrés.
Les fours ainsi modifiés sont employés dans un grand nombre de verreries produisant la gobeletterie ou demi-cristal.