‹ La verrerie depuis vingt ansChapitre 38 sur 46 · CO · texte numérisé non relu

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On cesse d'introduire la vapeur quand la température n'est plus suffisamment élevée pour permettre la réduction de Go2 ; on remet alors en marche la soufflerie d'air, et ainsi de suite.

Dans des essais faits sur l'emploi du gaz d'eau en 1872, par M. Tessié du Mothay, on soufflait de l'air pendant 10 minutes, puis de la vapeur pendant 5 minutes; les insufflations d'air et de vapeur se reproduisant et alternativement pendant les mêmes intervalles de 10 et 5 minutes.

Comme le gaz d'eau et le gaz de gazogène, ainsi obtenus, ont une puissance calorifique bien différente, on les recueille chacun dans un gazomètre distinct, en utilisant le gaz d'air au chauffage des fours, et réservant le gaz d'eau pour l'éclairage. Quoique le gaz à l'eau soit, à volume égal, d'un prix moins élevé que le gaz d'éclairage, il n'est pas encore établi d'une manière bien précise, si le prix de revient par bec, à intensité lumineuse égaie, est plus faible dans le cas du gaz à l'eau. En effet, le volume de gaz à fournir, devant être double du volume de

gaz d'éclairage produisant le même effet utile, les frais généraux sont accrus de même que les frais de canalisation, de distribution et de pertes de gaz par les conduites ; il faut encore joindre à ces frais ceux qui sont occasionnés par la carburation.

A ce sujet, nous ferons remarquer que le docteur Laffont — le défenseur de la cause du gaz à l'eau — rejette la carburation du gaz, et qu'il préfère accroître l'intensité lumineuse en produisant une sorte de lumière Drummond. L'appareil qu'il recommande dans ce but est dû à M. Otto Fahnehjelm, ingénieur suédois. Il est formé d'un peigne à carcasse métallique, dont la denture est composée d'aiguilles de magnésie à peu près de la grosseur d'une allumette-bougie. Ce peigne se fixe audessus d'un bec Manchester, et, comme il offre une grande surface de rayonnement, il donne à la flamme un aspect très satisfaisant.

Par ce moyen, on réalise une grande économie, quant à la quantité de gaz dépensée ; ainsi, on a trouvé qu'à consommation égale, le gaz d'eau accuse au photomètre une intensité lumineuse plus considérable que le gaz de la ville de Paris. Malheureusement, le prix très élevé des aiguilles de magnésie, et leur peu de durée (60 à 80 heures), réduit à très peu de chose l'économie ainsi réalisée sur le volume de gaz consommé.

Au point de vue hygiénique, les idées émises sur le gaz d'eau sont absolument contradictoires. Quoique ce gaz renferme près de 50 0A> d'oxyde de carbone, dont les propriétés toxiques ne sont pas mises en doute par le docteur Laffont, cet hygiéniste n'admet pas que le gaz d'eau soit plus dangereux que le gaz ordinaire d'éclairage. Il reproche à ce dernier d'absorber trop d'oxygène en brûlant, et de dégager par conséquent un volume considérable d'acide carbonique et de vapeur d'eau ; en outre, dit-il, la combustion, toujours imparfaite, donne naissance à de l'acétylène, laisse échapper de l'oxyde de carbone et des vapeurs sulfureuses.

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Tous ces produits ne sont pas à redouter lorsqu'on brûle du gaz d'eau, car la combustion qui se produit sur une petite surface est toujours complète à cause de la haute température, en sorte que — et nous citons textuellement — « le gaz d'eau qui, dans la conduite peut être considéré comme plus vénéneux que le gaz de distillation, l'est en réalité moins lorsqu'on le brûle. »

Et le docteur Laffont ajoute, en s'appuyant sur l'autorité de son confrère, le professeur Ghandler, président du conseil d'hygiène de New- York, que le gaz est acheté pour être brûlé et non pour être aspiré.

Ceci est parfaitement exact, mais il est également vrai que, s'il se produit une fuite dans un appartement, il se trouvera bien vite dans l'air une dose d'oxyde de carbone suffisante pour occasionner des accidents graves ou même la mort ; ces accidents sont beaucoup moins à craindre avec le gaz ordinaire d'éclairage, qui est beaucoup moins toxique et dont l'odeur décèle la présence bien avant que l'air soit devenu irrespirable.

On a cherché, et on est arrivé, par l'emploi du mercaptan, à communiquer au gaz à l'eau une odeur qui permette d'être rapidement fixé sur les fuites qui pourraient se produire, mais malgré tout, les diverses Commissions d'hygiène, qui se sont occupées de la question, ont généralement prescrit, une série tellement longue de précautions, qu'elle équivaut à une proscription absolue.

Cependant, on a affirmé à l'Institut du fer et de l'acier que 300 villes des États-Unis se servent du gaz à l'eau pour leur éclairage. Il est donc à présumer que les chances d'accidents sont en réalité peu nombreuses, et que, d'un autre côté, il y a avantage au point de vue financier. C'est ce que l'expérience de plusieurs années fera connaître.

Laissant de côté l'utilisation du gaz d'eau pour l'éclairage, comparons ce gaz au gaz ordinaire de gazogène, et cherchons à prévoir quel sera son avenir comme combustible.

Nous avons calculé que 1 kilogramme de carbone, transformé en gaz à l'eau fournit 3m3,12 d'un gaz composé à volumes égaux de :

lm3,86 oxyde de carbone donnant .... 5.592 calories

lra3,86 hydrogène 4.846 —

Soit au total. . . . 10.438 calories.

La température de combustion sans excès d'air, étant 2758e (nous admettons qu'on peut comparer entre eux divers combustibles par la détermination de la température dite théorique). Le volume total des produits de la combustion serait de :

lm3,86 + lm3,86 + 7m3,44 = 11-3,16 = = 3 fois la valeur. Co2 Ho Azote

Dans le cas du gaz à l'air, nous trouverions que 1 kilogramme de carbone fournirait :

lm3,86 CO 3m3,72 Azote

Soit 5m3, 58 gaz combustible, dont la puissance calorifique est de

5.592 calories, la température de combustion sans excès d'air étant de

1818°, et le volume occupé par les produits de la combustion s élevant à

lm3 86 + 7m3,44 = 9m3,30 soit = 1,66 fois

Des chiffres ci-dessus, nous pouvons tirer les conclusions suivantes : avec un poids donné de carbone, transformé en gaz à l'eau, on obtiendra comparativement à ce que fournirait le même poids de carbone transformé en gaz à l'air ;

1° Un volume de gaz combustible moins considérable, quoique contenant une quantité double d'éléments combustibles (ce qui permettra de faire usage de gazogènes plus petits, et par suite d'une conduite plus facile);

2° Un volume plus considérable de gaz brûlés (d'où possibilité de chauffer un espace de plus grande capacité sans dépenser plus de houille ou de coke) ;

3° Une température plus élevée de (2757°-1818°) = 939° (ce qui abrégera la durée du travail au four).

Nous n'ignorons pas que les excédents signalés ci-dessus, en faveur du gaz à l'eau, ne sont pas obtenus gratuitement, nous admettrons même qu'il faudra fournir aux gazogènes une quantité de chaleur au moins égale, peut-être supérieure, à celle qu'on obtiendra comme excédent au four ; mais, quand même on serait en perte du côté du gazogène, n'existe-t-il pas certains cas particuliers où, la nécessité d'obtenir au four une température plus élevée que celle qu'on peut obtenir avec le gaz à l'air, rendra cette perte plutôt fictive que réelle ? Ce sera une quantité négligeable en raison des immenses avantages qu'on retirera, dans ces cas particuliers; de l'emploi du gaz à l'eau.

En résumé, nous ne mettons pas en doute que, étant donnés les perfectionnements apportés dans la construction des appareils destinés à produire et à utiliser le gaz à l'air, ce gaz soit produit plus économiquement qu'un égal volume de gaz d'eau, mais nous notons que le gaz d'eau, en raison de son pouvoir calorifique élevé, de l'accroissement considérable de volume qui résulte de sa combustion, et de la haute température qu'il permet d'obtenir, est appelé à remplacer le gaz d'air dans la plupart de ses applications, surtout dans celles qui nécessitent une température élevée.

A en juger d'ailleurs par l'extension de cette application aux usines d'Essen et de Hoerde, qui les premières en ont tenté l'essai, il est logique de penser que les résultats ont été satisfaisants.

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