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LA VERRERIE DANS LE MOBILIER FUNÉRAIRE

Ces^croquis, au nombre de 18, ont été disposés dans l'ordre chronologique, de façon à ce que le lecteur puisse se rendre facilement compte des modifications qui ont été successivement amenées dans

Alonlij-Jsaf).

FiG. 330. • — Mobilier d'uxe tombe a incixér.\tion' du cimetière: de Kreuznach. — Musée de Mayence. I. Phiale côtelée. — 2. Fibule de bronze du tj-pe à couvre-ressort et à disque, dite Provmciale militaire. — 3. Ampoule de verre mince. — 4. Goulot d'une fiole en verre noir. — 5. Fragment d'uu anneau de verre noir.

la composition du mobillier des tombes depuis la haute époque impériale jusqu'au temps des invasions.

FiG. 331. — Mobilier d'o-e sépultt.'re a ustiox, conservée au Musée provincial de Trêves (S. T. 4690). — I. Amphorisque de verre soufflé. — 2. Verrerie en forme d'oiseau. — 3. Trois ampoules de verre mince dont ime colorée en bleu. — 4. Cuve de pierre à operculum, contenant le mobilier funéraire et des os calcinés.

Les tombes de l'époque romaine se rencontrent par groupes formant des cimetières dont quelques-uns ont été fouillés avec mé-

thode, mais dont beaucoup, ou bien n'ont pas encore été explorés, ou, ce qui est plus grave, ont été saccagés par des chercheurs de trésors qui y ont tout bouleversé sans se soucier qu'ils arrachaient et perdaient pour toujours les feuillets les plus précieux de nos annales archéologiques.

Les grande nécropoles de la Gaule contiennent, pour la plupart, des tombes d'époques très variées depuis le second âge du fer jusqu'aux temps mérovingiens.

On distingue facilement, par l'examen des mobiliers funéraires,

. AloAisJ'â

P'*'- 332- — Olla cixer.'Vri.^ de verre, encore en place dans une cuve de pierre à operculum.- — Incinération de Fomperron (Deux-Sèvres). — Musée de Niort.

les sépultures gauloises des tombes romaines, ou franques; mais des difficultés surgissent quand il s'agit d'établir des coupures chronologiques dans l'ensemble des sépultures romaines. On connaît plusieurs sortes de cimetières romains : 1° Les cimetières de longue occupation, qui ont été utilisés depuis le premier siècle jusqu'aux grandes invasions. Ces nécropoles contiennent à la fois des incinérations et des inhumations. Citons comme exemple le cimetière du Vieil- Atre à Boulogne- sur- Mer, qui a servi depuis Claude jusqu'à la fin du iv^ siècle.

2° Les cimetières qui ne contiennent que des incinérations. — Ces cimetières n'offrent, en général, pas plus d'homogénéité que les pré-

RÉPARTITION GKOGRAPHIQUE DES \rERRES ROMAINS 255

cédents, car ils sont le plus souvent à cheval sur le Romain I et le Romain II. C'est le cas de la plupart des cimetières que l'abbé Cochet a fouillés en Normandie et où il a recueilli des verreries des deux périodes.

30 Les cimetières qui ne contiennent que des inhumations. — Tels le cimetière d'Homblières à Abbeville, qui n'a été utilisé qu'entre Magnence (350 à 353) et Honorius (395 à 423), et celui de Vermand qui a servi de Gallien (260 à 268) au début du v*'. Ces nécropoles ne contiennent en général que des verres de la seconde phase du Romain II.

Répartition géographique des verres romains découverts en Gaule.

Xarbonnaise. Prédominance de la verrerie du Romain I. Verres importés

FiG. 333. — Mobilier fuxér.\ire d'une tombe a incinération de la v.vllée du Rhin. — Musée de Mayaice— A. Urne cinéraire en terre blanchâtre. — B. Ampoule de verre jaune. — C. Ampoule de verre bleu. — D. Monnaie d'Hadrien (117 a 138).

d'Italie et d'Orient. Verrerie locale. Grande abondance d'urnes cinéraires.

Principaux lieux de trouvailles. — Tolosa (Toulouse), Nemausus (Nîmes) ; Massilia (Marseille), Aquce Sextiœ (Aix), Arelate

(Arles), Avenio (Avignon), Arausio (Orange), A pin Julia (Apt), Vasio (Vaison), Saint- Gabriel (Vaucluse), L,e Pouzin (Ardèche), Montagnole (Savoie).

Aquitaine.

Découvertes importantes dans le Poitou, la Vendée, la Saintonge. Restes d'un établissement d'industrie verrière, trouvés en 1863

FIG. 334. INCEŒRAHON COLLECTI\'E DANS T.TXE CUVE DE PIERKE A CAVITÉ RECTANGULAIRE. FouiUeS

de Vaison, en 183S. — Musée d'Avignon. — A. B. C. D. Quatre ollœ de verre tjTJe sans anses. — E. V. Deux œuochoésde verre, forme 44(1). — G.H.I. J.Quatre ampoules de verre mince. — K.L.DeiLS flacons de verre à panse prismatique. — M. Bouteille de verre, forme 45. — N. :Miroir. — G. P. Q. R. lampes d'argile. — S. Cruelle d'argile. — T. Plat de terre rouge contenant 5 monnaies (Agrippa, Domitien, Trajan et Antonin).

dans la forêt de Mervent (Vendée). Fouilles du R. P. Camille de la Croix au cimetière des Dunes, près de Poitiers.

Principaux lieux de trouvailles. — Burdigala (Bordeaux), Santones (Saintes), Grues, Saint- Médard-des-Prés, Chavagnes-en- Paillers (Vendée), Amure, Verrines (Deux- Sèvres), Pictavi (Poitiers), Iciodonim {Issoire) , A quœ calidœ (Vichy), Aquœ-nerœ (Néris), Moulins, Varennes (Allier).

(i) Voir au tableau de morphologie générale.

RÉrARTITION GÉOGRAPHIQI'K DES VERRES ROJVIAINS.

lyYONNAISE.

Riches découvertes. Très anciens ateliers de verrerie établis à Lugdunum (Lyon). Fouilles de l'abbé Cochet dans le pays des Vélio-

FiG. 335. — Incinération collective dans uue cuve de pierre rectangulaire. — FouillesdeVaisoneni838. — Musée d'Avignon. (Forme des objets de la fig. 334.)

casses, et des Calètes (Barillets frontiniens et verres de toutes sortes) .

D'intéressantes verreries, remontant à la période comprise entre le ne siècle et les invasions, ont été trouvées à Paris. Ces verres sont loin de former des séries aussi riches que celles de la vallée du Rliin. Ils mériteraient pourtant une étude particulière. Ils ont été trouvés sur la rive gauche de la Seine, surtout dans deux nécro-

LA VERRERIE EN GAULE .SOUS L'EMPlRE ROMAIN

pôles sur lesquelles aucun travail d'ensemble n'a été fait (i).

La plus ancienne de ces nécropoles s'étendait, du sud au nord, entre l'Observatoire et la rue actuelle du Val-de-Grâce ; de l'est à l'ouest, entre la voie romaine de Lutèce à Gcnabum (Orléans) et un chemin vicinal qui se dirigeait sur Montrouge.

Ce cimetière, dit de la Rue Nicole, contenait des tombes païennes du n^ et du m*' siècles, les unes à incinération, les autres à inliuma-

FiG. 336. — 3IOB1LIER d'dne tombe DU ni'" s,, découverte à Cologne, rue de Luxembourg. — Musée dt Cologne. — A. Diota de verre, forme 42. — B. Bouteille de verre sans anse. — C. Fiole de verre, forme 24. • — D. Fragment d'ime verrerie à applications vermiculaires. — Cette sépulture contenait, en outre, une monnaie de l'Impératrice Crispitia Augusla (morte en 183).

tion. On y a trouvé d'intéressantes pierres funéraires, notamment la stèle du Forgeron conservée au musée Carnavalet.

L'autre nécropole parisienne, dite Cimetière Saint- Marcel, était comprise, du sud au nord, entre les environs de la rue Le Brun et la Bièvre ; de l'est à l'ouest, entre la rue des Fossés- Saint- Marcel et la ruelle des GobeUns. Elle bordait la voie romaine de Lutèce à Lug-

(i) Sur les fouilles exécutées à Paris, on pourra consulter :

De Lasteyrie, Un cimetière romuin découvert d Paris, rue Nicole (Extrait de la Revue archéologique, juin 1878).

Ch. Magne, Les voies romaines de l'Antique Lutèce, Paris (Chani]jion, éditeur).

Ch. Magne. Cimetières gallo-romains et mérovingiens de Vavenue des Gobelins et de la rue L>escartes, explorés en 1898. Paris, Champion.

Consulter aussi le plan de l'aris à l'époque gallo-romaine, par Th. Vacquer, exposé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris.

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