‹ La verrerie en Gaule sous l'Empire romainChapitre 60 sur 75 · II. — Dorure · texte numérisé non relu

II. — Dorure

Au commencement du iii^ siècle, la dorure sur verre était connue.

A l'époque des empereurs syriens, on dorait quelquefois les applications vermiculaires rapportées à chaud (voy. plus haut, p. 204, n° 2, et p. 210, no 9).

(i) HÉRON DE ViLLEFOSSE, Verras antiques trouves en Algérie; dans la Revue archéologique, 1874. t. I, p. 281-289.

(2) HÉRON DE ViLLEFOSSE, loc. cit. I,e5 bols de Nulles et d'Algérie sont difficiles à dater. On serait tenté de les placer au in^ siècle de notre ère. Jlais, des verres peints par le même procédé, découverts eu Russie méridionale, seraient d"une époque bien plus haute. lis faisaient partie, paraît-il, de mobiliers funéraires non remaniés, caractéristiques du ï" siècle av. J.-C. Nous ne pensons pas qu'il faille faire remonter si haut le bol de Nîmes; mais il est prudent, dans l'état actuel de nos connaissances, de différer la solution de ce prol)lème chronologique. Quoi qu'il en soit, la pcintiue sur verre, ou plutôt sur quartz, se rencontre déjà à Pompéi [voy. Revue des études grecques, 1912, p. 400].

(3) Anton Kis.\, Das Glas im Altertume, p. 818, fig. 345.

(4) Anton Kis.\, loc. cit., p. 819-820, fig. 343.

(5) Ces bols font partie des collections du musée de Copenhague. Us ont été publiés par C. Engelhardt dans les Mémoires de la Société royale des Antiquaires du Nord, nouvelle série, 1872, p. 57 et suiv., pi. X, XI et xir.

Ce n'est cependant qu'aux iv^-v^ siècles que la dorure devint d'un usage fréquent. Les verres chrétiens de cette période tardive sont souvent à la fois gravés, dorés et peints.

La coupe dite de Sainte Ursule et la coupe de Saint Séverin en sont les exemples les plus célèbres.

La coupe de Sainte Ursule a été trouvée en 1866, à Cologne (i). En 1867, elle était dans la collection de M. E. Herstatt, à Cologne. Elle a ensuite été achetée par le Musée Britannique. Elle est ornée de huit scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, disposées en cercle : i et 2. Jonas ; 3. Daniel entre quatre lions ; 4. Les trois jeunes Hébreux dans la fournaise ; 5. Guérison d'un aveugle ; 6. Suzanne dans la position de l'Orante ; 7. Guérison du paral>i;ique ; 8. Êzéchiel ressuscitant des débris humains. Les personnages sont dorés. Les feuillages qui remplissent les vides sont peints en vert. Le centre de la coupe manque ; il n'en reste que quelques débris portant les fragments d'une inscription : Ec... DvLCi...

I^a coupe de Saint Séverin, trouvée, elle aussi, à Cologne, faisait partie en 1864 de la collection Disch. Comme sa parèdre, elle a été acquise par le British Muséum (2). C'est un fond de patène sur lequel on a appliqué, à chaud, une série de rondelles de verre à feuilles d'or historiées (3). Les sujets traités appartiennent au répertoire chrétien ordinaire : Adam et Eve, le sacrifice d'Isaac, Moïse frappant le rocher, les trois jeunes Hébreux dans la fournaise, Jonas, Suzanne, Daniel, etc..

Deux de ces rondelles dorées sont plus spécialement dignes d'attention. Sur l'une d'elles, le sujet d'Adam et Eve est déjà composé, comme il le sera beaucoup plus tard dans les mosaïques, les fresques, les lampes, les enluminures, les ivoires, les plats de cuivre du Moyenâge et de la Renaissance (fig. 328).

Sur l'autre est représenté un lion [fragment du motif de Daniel] dont la tête est tournée de face. Le motif constitué par un animal

{1)1^ coupe de Sainte J7rsW« a été publiée par H. DiiNTZER, àanSil^St Bonner J ahrbiicher àe 1867, fasc. 42, p. 169-182 et pi. V (bonne reproduction eu couleurs).

(2) I.a coupe de Saint Séverin a été publiée par Aus'm'Weerih dans les Bonner Jahybucher de 1864. fasc. 36, p. iig et suiv. et pi. III (en couleiu-s).

(3) I,es Catacombes de Rome ont foiuiii un grand nombre de ces rondelles isolées.

LES PROCEDES D'0RNE:\IEXTATI0N.

posé de profil avec la tête placée de face est oriental. Il a eu une vitalité surprenante. De l'Orient, il a pénétré de bonne heure dans la zoographie grecque pour se répandre ensuite en Europe où il s'est

FiG. 32S. — Ad.wi et "Eve : A. D'après uii des médaillons de %'erre doré de la coupe de Saint-Séverin. iv*-\'<^ s. British Muséum. — B. D'après un plat de cuivre. x\''^-xvi"= s. Collection Morin-Jean.

maintenu jusque dans l'ornementation des chapiteaux et des tympans des églises romanes (i).

(i) Consulter à ce sujet : Ed. Pottier, L'histoire d'une hèle, dans la Revue de l'Art ancien et moderne, u" 165, t. XXVIII, 14* année, décembre igicp. 419-436; et Morin'-Jean, Le dessin des animaux en Grèce d'après les vases peints, p. 23 et note p. 24.

La verrerie en Gaule dans le mobilier funéraire. Principaux lieux de trouvailles.

Nous avons tenu à mettre à la fin de cet ouvrage un certain nombre de croquis où les verreries romaines ne sont pas reproduites

FiG. 329. — SÉPULTURE A usTiox, découverte à Nîmes (diemin de Montpellier, Pont-Biais). — Musée archéologique de Nîmes. — A. Amphore de terre cuite contenant le mobilier funéraire fi. Olla de terre renfermant un bronze de Caligula ; 3. deux bols d'argile ; 3. lampe de terre cuite). — B. Bouteille de verre à panse prismatique. — C. Ampoule de verre.

isolément et pour elles-mêmes, mais figurées avec les objets composant l'ensemble du mobilier funéraire où elles ont été trouvées.

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