LES SONNETS
le sonnet dit libertin, et ce n'est pas étonnant, quand nous connaissons la facilité avec laquelle Mistral rime, + et rime excellemment!.
Quant aux vers employés dansi les sonnets. nous rencontrons l’alexandrin quatre fois à l'état pur et une
fois mélangé avec le vers de six syllabes, dans Lis
- Isclo d’or, et cinq fois à l’état pur, une fois mélangé
avec l'octosyllabe dans Zis Oulivado. Le sonnet en
alexandrins est donc, selon l'usage, celui auquel s’ar-
rête définitivement Mistral. Mais dans Lis lsclo d'oc, sur onze sonnets nous en trouvons six écrits en d’autres vers, soit quatre en octosyllabes et deux en vers de six syllabes?
De ces quelques remarques nous pouvons conclure que le sonnet n'est, en somme, pour Mistral qu’un petit poème de circonstance, dans lequel il introduit de la
fantaisie tout d’abord, non pour faciliter sa tâche, mais - par désir d'originalité ; peu à peu, sans cultiver davan-
tage le sonnet, il le traite de façon plus régulière, mais il ne semble pas que jamais il y ait attaché beaucoup d'importance. Son génie est ailleurs.