‹ La vertu en FranceChapitre 6 sur 6 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

de sa volonté. Sous ce rapport et sous plus d'un encore, nous n'avons rien à envier aux autres peuples.

Les personnes dont j'ai parlé appartiennent à ce que l'on nommait jadis: le pauvre commun de France; humbles conditions, vertus éclatantes; résignation dans le dénuement, sacrilices douloureux pour secourir la misère d'autrui, c'est là un admirable spectacle, fait pour exciter l'émulation et fortifier l'énergie du cœur. La vertu ne serait-elle que de l'imitation, c'est toujours la vertu si l'infortune en profite.

Il ne faudrait pas conclure de ce qui précède qu'en notre pays le dévouement est l'apanage des seules gens de condition inférieure; ce serait se tromper et fermer les.yeux à l'évidence; j'ai vu à l'œuvre les heureux de ce monde, je l'ai dit ailleurs*, et je n'ai pas à revenir sur les vertus que j'ai signalées. La haute naissance, les élégances et même les frivolités de la richesse ne dédaignent point les obscurs labeurs de la bienfaisance et semblent rivaliser de zèle dès qu'il s'agit de faire acte de commisération. Si décriée, si futile qu'elle soit, la société française est comme le bon Samaritain : elle s'empresse auprès de celui qui souffre, le ramasse, le soigne et le rend à la vie. Il semble qu'en notre pays l'exercice du bien est instinctif : pour le pauvre, c'est une consolation; pour le riche, c'est un devoir; pour tous, c'est une jouissance où l'on trouve un double bénéfice : l'apaisement des maux de son semblable et l'amélioration de soi-même.

1. La Charité privée à Parié, 1 vol. in-lG. Librairie HacHétte.

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