‹ La veuve à la modeChapitre 11 sur 50 · XII NOTICE · texte numérisé non relu

XII NOTICE

que le roi, prêt à partir, signait le contrat de MUe d'Alençon avec M. de Guise et donnait au jeune couple un magnifique dîner de fiançailles , Molière, rouvrant son théâtre 1 , reprenait /'Attila de Corneille, accompagné d'une première représentation, celle de la Veuve a la mode.

L'auteur de la Veuve a la mode était de Visé. Plus homme d'esprit qu'homme de talent, de Visé ne dépassait guère le mjédiocre; mais il avait la médiocrité heureuse. Sa Mère coquette avait fait bonne contenance vis-à-vis de celle de Quinault dont elle avait balancé le succès. Molière lui en savait gré. Outre cela, Molière trouvait l'homme amusant, et de Visé était amusant en effet, comme un Parisien-né qui savait tout son Paris par cœur et en colportait les anecdotes. Il avait inventé par hasard, avec sa Lettre sur le Misanthrope, le feuilleton des lundis à venir, et, sans se rendre compte de lui-même, il se croyait la vocation du théâtre, parce qu'il avait celle de la galette littéraire.

I. Dans le post-scriptum de sa Lettre envers du dimanche 8 mai, Robinet annonçait la Veuve à la mode pour le lendemain, c'est-à-dire pour le jour même où paraissait le journal; quelque accident imprévu, quelque remaniement de la pièce, décidé à la dernière heure, en fit sans doute remettre la représentation au dimanche suivant, et aussi la réouTerture du théâtre*

SUR LÀ VEUVE A LÀ MODE. Xtll

La Veuve a la mode était une comédie toute parisienne. Un seul acte, peu d'intrigue, la vie bourgeoise prise sur le /ait, quelque chose comme les- Scènes populaires d'Henri Monnier, avec une forme de versification. Pour intérêt, le trompe-l'œil, l'exactitude du menu détail, la vérité des mauvais sentiments, la parodie téméraire de ce qui devrait être sacré pour le thédtre burlesque, la mort présente et la maison en deuil.

Dans la pièce de de Visé, un homme se meurt.

Disons un mari, pour prendre la chose au comique. La garde qui veille en haut M. Cléon crie au valet d'aller vite chef le médecin. Rien ne bouge. Force est à la bonne femme de quitter son malade. Elle descend les degrés quatre à quatre. La voici à la porte de Crispin, frappant, appelant, maugréant, et toujours sans réponse. Le temps d'éveiller le drôle qui dort dans un cabinet obscur, et de lui persuader qu'on est au matin, le temps qu'il ouvre, qu'il s'habille, qu'il demande à la servante si leur maître les a couchés sur son testament, le pauvre maître a eu loisir d'agoniser. Au moment où Crispin se décide enfin à sortir, monsieur n*a plus besoin du médecin, et, comme dit la garde, qui était remontée un instant à son poste, il vient de passer comme une chandelle.

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