‹ La veuve à la modeChapitre 19 sur 50 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Dame Jeanne.

Je ne peux l'éveiller.

Beatrix.

Montez là-haut, vous dis-je ; Je le feray lever. Que ce malheur m'afflige ! De sa santé jamais je n'ay rien espéré.

Crispin, dépesche-toy, Monsieur est empiré.

Crispin !

Crispin.

J'y vais.

Il vient, et cependant ne bouge.

Crispin sort en frotant les yeux.

On ne voit goûte encor dedans ce maudit bouge.

Beatrix.

Cours viste au médecin, et ne t'arreste pas.

Crispin.

Vous avez donc dessein d'avancer son trépas ?

Beatrix.

Tu devrois t'habiller avecque diligence.

Crispin.

Mon pauvre maistre, helas !

Beatrix.

Ah ! je pers patience.

Va donc viste, Monsieur est à l'extrémité.

Crispin.

Quoy ! n'espereroit-on plus rien de sa santé ?

Beatrix.

Il est tout-à-fait mal.

Crispin.

Mais crois-tu qu'il en meure?

Beatrix.

Oûy, si tu ne le fais secourir tout-à-l'heure.

Crispin.

Je pense que Madame a bien de la douleur.

Elle ressent ce coup jusques au fond du cœur. Mais va donc !

Crispin.

Elle doit craindre fort le veufvage.

On dit qu'elle perdra force biens.

Beatrix.

Ah ! j'enrage !

Crispin.

Mais Monsieur songe-t-il à faire un testament?

Beatrix.

Tu ne marcheras pas ?

Crispin.

Ça.

Beatrix.

Va donc promptement.

Crispin.

Mais nous laissera-t-il quelque chose ?

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