CRISPIN, DAME JEANNE
Dame Jeanne.
Ne courez point. Monsieur est trépassé, Et comme une chandelle, helas ! il a passé.
Beatrix.
Quoy ! le pauvre défunt est donc mort ?
Crispin.
Quoy! mon maistre, Je ne vous verray plus l
Beatrix.
Tu nous trompes peut-estre.
Dame Jeanne.
Il est mort tout-à-fait ; je m'y connois assez, Car je suis tous les jours avec les trépassez.
Beatrix.
Quoy donc ! il est tout mort? Ah ! je m'en désespère ;
Je le servois en maistre et je l'aimois en père. Voilà ce qu'en dormant, l'autre nuit, je révay. Ahlahlahlahl
Crispin.
Hy! hy! hy! hy!
Dame Jeanne.
Hay! hay! hay! hay!
Crispin.
Je croy que nous pleurons de toutes les manières : Hy! hy! Hay! hay! Ah! ah!
Beatriz.
Il ne m'importe gueres De quel ton nous pleurions.
Crispin.
Tu n'y penses donc pas?
De diverses façons on honore un trépas ; De pleurer avec art aujourd'huy l'on se pique, Et les grands seulement font pleurer en musique.
Beatrix.
Le pauvre homme!
Crispin.
A sa mort que nous perdrons tous deux !
Dame Jeanne* Je ne garday jamais malade moins fâcheux.
Il a voit une humeur agréable et docile ;
11 me parloit tourjou d'une façon civile, Lorsqu'il me demandoit le bassin trop souvent.