‹ La veuve à la modeChapitre 26 sur 50 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Beatrix.

Par coutume, elle doit estre fort affligée, J'en demeure d'accord, et je n'empesche pas Que son cœur aujourd'huy ne pousse des helas ! Au contraire, elle doit, aux yeux de tout le monde, Montrer qu'elle ressent une douleur profonde. De ce que je vous' dis, Madame, je fais foy : Et qui devant vos gens sçait mieux pleurer que moy ? Bientôt, sans y penser, vous ferez tout de même ; Mais d'abord, quand on perd, la douleur est extrême.

M IRIS

On doit toujours pleurer quand on perd un épous.

Hé quoy ! vous voulez donc aussi feindre avec nous ? Pleurez tout vostre saoul, pleurez, pleurez, Madame. Pourquoy faut-il pleurer, lorsque Ton rit dans l'âme, Et souvent s'imposer par coutume la loy De pleurer pour autrûy, lorsque l'on rit pour soy ? % (On heurte.)

Mais quelqu'un heurte.

Miris, en se retournant, et se jet tant dessus un siège. Ouvrez. Oûy, vostre attente est vaine, Puis qu'ayant tout perdu, ma mort est trop certaine. C'est Alcipe.

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