LUCILLE
Comme je prens beaucoup de part à vostre ennûy, Je viens comme voisine et comme vostre amie...
Que mon malheur est grand 1 Ma peine est infinie.
Lucille.
Nous devons tous mourir, nous aurons nostre temps.
Beatrix.
La méchante façon de consoler les gens !
LUCILLÏ.
Il est bien mort.
Cbispin.
Tant pis.
Lucillb.
Que vous perdez, Madame!
Orphise, bas.
Croit-elle ainsi chasser la douleur de son ame ?
Crispin.
C'est là le vray moyen d'augmenter son ennûy.
Beatrix.
On ne console plus autrement aujourd'huy.
Miris.
Quand le pauvre défunt m'avoit mise en colère, Afin de m'adoucir il ne sçavoit que faire.
Il est vray : car souvent, afin de l'appaiser, Il venoit doucement dérober un baiser.
Lu CILLE.
Il estoit agréable estant avec les dames, Et toujours, en riant, vouloit baiser les femmes. Ne pleurez point. Àh ! ah ! et que vostre grand cœur.. . Œur, ne se laisse point abatre à la douleur.
Hay!hay!hay! quand on pleure, on ternit tousses charme
Beatrix.
Faites comme je fais, et retenez vos larmes.
Ah! ah! ah! Mais je pleure.