SCENE XI
MlRIS.
Hé bien, donne-le-moy : c'est pour vous satisfaire. (On heurte.)
Cri8pin.
Mais je crois que l'on frape à la porte.
MlRIS.
Que faire?
Avalez promptement.
Je le trouve trop chaud; Prens-le viste, Crispin.
Crispin.
Voila ce qu'il me faut, )e n'ay pas déjeuné.
Orphise.
Voyez donc à la porte.
Crispin, un peu à l'écart.
Il faut, en le prenant, montrer une ame forte. (Beatrix, ayant ouvert, on entend une voix qui dit :) Comment s'est, depuis hyer, porté Monsieur Cleon ?
Beatrix.
Il est mort.
(La voix répond :) C'est assez.
Crispin.
Il estoit, ma foy, bon; Mais il m'a bien brûlé.
Beatrix.
Prenez, sans plus attendre, Vostre bouillon.
Miris, à Crispin.
Donnez.
Crispin, en découvrant Vécuelle.
Quoy! je le viens de prendre, Comme vous m'avez dit.
Miris.
Cestoit pour le garder.
Crispin.
J'ay crû que je devois le prendre sans tarder, Afin de vous servir. .
Beatrix.
Si...
Miris
Gardez de rien dire ; En Pestât où je suis, ne me faites pas rire.
Beatrix.
Tenez donc; ce biscuit que j'avoispris pour moy, Vous devez le manger.
Miris.
Ah! de grâce, tay-toy.
Orphise.
Mais prenez-le, ma sœur, c'est moy qui vous en prie ; Il faut manger un peu pour conserver sa vie.
Miris. (Elle mord le biscuit.) Hé bien, donnez-le-moy. Je n'ay point d'appétit.