SCENE XI. 3l
• Crispin.
Elle va là-dessus jette r tout son dépit.
Loin de vous affliger, songez que le veufvage, Madame, a ses plaisirs comme le mariage :
N'ayez plus désormais l'esprit inquiété, Vous verrez tout le monde avecque liberté.
Miris , en tenant son biscuit.
Ah ! mon pauvre mary !
Beatrix.
Ce n'est pas luy, Madame ; C'est un biscuit.
Orphise.
Son mal me perce jusqu'à Pâme.
Crispin.
Peste , qu'elle va viste! il est tantost mangé.
Beatrix.
On mange avec fureur quand on est affligé.
Miris.
J'étouffe.
Crispin.
La chose est assez facile à croire :
Quand on mange si viste, il faudroit un peu boire.
Orphise.
Ne boirez-vous pas bien? Répondez donc, ma sœur. Mais voulez-vous du vin ?
Miris.
Eh!
Orphise.
Il refait le cœur.
(On heurte.) Mais quelqu'un vient encor : si l'on sçait que je mange, Cent critiques fâcheux le trouveront étrange, Et diront que je dois autrement m 'affliger.
Vous me pressez en vain, je ne sçaurois manger.
Crispin.
Le jour qu'un mary meurt on ne boit ni ne mange.
{Il va ouvrir.) Beatrii.
Pour moy, je trouverois cette coutume étrange.
Miris.
Ah! ne m'en parlez plus.
Orphise.
Mais c'est monsieur Damis.