‹ La veuve; comédie en trois actesChapitre 17 sur 68 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

NORANCEY.

Eh bien, je vous l'ai dit... il adorait Albertine...

LA COMTESSE

Encore une fois, c'est impossible.

XORANCEY.

Et pourquoi cela, s'il vous plait?.. pourquoi n'adorerait-il pas Albertine?.. Est-ce qu'Albertine n'a pas tout ce

qu'il faut pour être adorée?.. (Mouvement de la comtesse.) VoUS

doutez encore, vous ne douteriez plus, si vous les aviez vus tout à l'heure à l'Opéra...

A l'Opéra... ils sont à l'Opéra!...

NORANCEY.

Oui., tous les deux...

LA COMTESSE

Ah!

NORANCEY.

Vous voyez bien... Il y a une heure, j'y étais aussi. Albertine et moi, nous étions sur le devant delà loge... Il était, lui, derrière Albertine, comme ceci, tenez... Il lui parlait tout bas... et elle rayonnait en l'écoutant... Pendant ce temps-là, sur la scène, il y avait mademoiselle chose... vous savez, une grande brune très-belle, qui chantait... (n fredonne une phrase du TYouvère.) Mais ni lul, ni elle ne l'écoutaient... lui continuait à parler bas, elle continuait à rayonner. Alors, n'y tenant plus, je suis sorti de la loge, mon parti était pris. Albertine viendra ici tout à l'heure. Il l'accompagnera naturellement, mais comme il sait que vous ne consentiriez pas à le recevoir, il restera en bas.

LA COMTESSE

En bas?...

NORANCEY.

Oui, dans la voiture. Je vous laisserai Albertine. J'irai retrouver monsieur de Léoneins, nous irons ensemble au cercle, j'amènerai tout doucement la conversation sur ta politique, nous nous querellerons et demain...

LA COMTESSE, le regardant avec stupeur.

Mais... c'est que, vraiment, il serait capable !...

La porte du foad s'ouvre brusquement. Albertine eu grande toilette entre comme un tourbillon et se jette dans les bras de la comtesse.

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