‹ La veuve; comédie en trois actesChapitre 59 sur 68 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

MADEMOISELLE DE CHAR ENTONN AY

Oh ! oui, monsieur Georges a bien voulu...

NORANCEY.

Savez-vous le bezigue chinois ?

MADEMOISELLE DE CH AREXTOXN AY

Ob ! oui, monsieur Gaëlan a eu la bonté...

Ils s'installent et eommenceat ù joner. AlLertine, madame de Château- Lansac et madame Palmer bavardent tout en observant ; Léoneins s'est rapproché de la ccmtesse, il doit y avoir là, entre elle et lui, un jeu de scène fort important.

LA COMTESSE, bas à Léoneins.

Eh bien, voyons !... qu'alliez-vous me dire tout à l'heure?

LÉONEINS, pendant que la comtesse continue à jouer du piano en parcourant une partition de Gounod , Mireille ou Faust.

J'allais vous dire... C'est sans aucun doute une grande maladresse que je commets là... Mais qu'est-ce que vous voulez?... c'est plus fort que moi, j'ai absolument- besoin d'être maladroit... J'allais vous dire que j'ai été coupable envers vous et que je m'en accuse. J'ai soufifcrt que l'on jouât une comédie pour vous tromper, je n'aurais pas dû le souffrir.

LA COMTESSE

Une comédie?...

LÉONEINS.

Oui, l'on vous a dit un tas de choses, n'est-ce pas? On vous a dit que j'étais amoureux de madame de Norancey.. ce n'était pas vrai. Je n'aime, je n'ai jamais aimé que vous ; je vous ai aimée le jour où je vous ai vue pour la première fois, et de- [»uis ce jour-là, vous avez été le but unique et la constante occupation, de ma vie !... Il n'y a pas eu un battement de mon cœur qui ne fut à vous... Je vous aime enfin, je vous aime... je vous adore... Je sais bien qu'en vous disant ces choses- In, je vous irrite... et que je me perds... Mais c'est plus fort que moi, je vous le répète, et je "ne puis pas ne pas vous les dire...

LA COMTESSE

Et... dans quel bat cette comédie?...

LKONEIKS.

Vous ne vouliez pas me recevoir... Alors on avait imaginé... Mon Dieu ! il est bien clair, après cela, que vous ne me pardonnerez jamais... On avait imaginé... on avait supposé...

LA COMTESSE

Que le jour où je vous croirais amoureux d'une autre, je m'empresserais...

LÉONEINS.

Je ne voulais pas d'un tel moyen, moi... et chaque jour j'arrivais ici avec l'intention bien arrêtée de tout vous avouer ; si je n'en ai rien fait, c'est que...

LA COMTESSE

C'est que?...

LÉONEINS.

C'est que ...

C'est que vous avez \u que le moyen en question réussirait assez bien?...

LÉONEINS.

Oui, c'est-à-dire non... enCn oui, le moyen avait l'air de réussir... Je pouvais vous voir... Là-dessus est arrivée l'histoire de la Timbale!., vous m'avez mis à la porte... et puis vous m'avez permis de revenir à la condition que je ne vous parlerais ni de mariage, ni d'amour...

LA COMTESSE

Et vous avez promis...

LÉONEINS.

Oui, j'ai promis, et je crois, Dieu me pardonne, (jue j'ai ri, que j'ai plaisanté ; j'dvais si peur de vous déplaire... Mais je n'ai pas la force de mentir plus longtemps, l'amour n'est pas plaisant de sa nature, il est sérieux, au contraire ; tout ce qu'il y a de plus sérieux. ..'et c'est de l'amour que j'ai pour vous, et c'est de l'amour que je vous demande. Je ne veux

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