‹ La veuve du MalabarChapitre 15 sur 19 · SCÈNE XYI · texte numérisé non relu

SCÈNE XYI

DUPRE , M'"^ DUPRE.

DUPRÉ

Ma femme. . . ma femme- . . qu'ns-tu donc ?

jVjme nUPRE

Cette fois, je ne me trompe pas, c'est bien lui; tu existes, n'est-ce pas?. . lu en es bien sûr.

nuPRÉ.

Jej;'en donne ma parole d'honneur.

AiR : Du partage de lu richesse.

Dès aiijourd'hui nous quittons ce rivage, rVîais on pouvait soupçonner nos projets ;

El j'ai pris le parti fort sage D'être défunt pour m'en aller en pais.

Ma mort n'était qu'une ruse nouvelle ; Mais , j'ai voulu, par un ordre prudent , Qu'on le l'apprit, afin que la nouvelle

Se répandit plus promptement. ,

jime DUPRÉ,

Si tu savais l'effet que cela a produit sur moi. . la joie , la crainte. . .

DUPRÉ

Mais effectivement. . . sa physionomie est toute renversée. Je n'aurais jamais cru que ma femme m'aimâtà ce point Là. M™^ DUPRÉ , le retenant parla main.

Reste là. . ne t'éloigne pas . que je te regarde encore- • Dieux ! qui m'aurait jamais dit que la vue de mon mari me ferait tant de plaisir.

DUPRÉ

Ma femme ! ma chère Angélique . . . ai-je été injuste à ton égard. . . être adoré à ce point-là et sans s'en douter. . .

Mme DUPRÉ.

Quand j'ai cru l'avoir perdu ... si tu savais quel a été mon désespoir . . . j'ai manqué ne pas le survivre.

On u'a pas d'idée d'un dévouemenl comme celui là. . . . va. . . je reconnaîtrai cet excès de tendresse. . . Toutes nos affaires sont en ordre. . . tout est disposé. . . nous n'attendons plus que M. de Surville et noire jeune veuve. . , Où est elle donc ."^

M™« DUPRÉ

Qui ? Zéila? Ah ! mon dieu, elle était là toul-à -l'heure , lorsqu'il est venu un courtier qui voulait te parler, un nommé Brull-Pha-Gos.

DUPRÉ

Oh ciel ! eh bien ?

M""= DUPRÉ

Eh bien. . . Zéila a voulu partir avec lui , et il l'a emmenée,

DUPRÉ

El tu l'as laissé faire. . . tu les as laissé partir. . . malheureuse ! c'est fait de nous , de notre fortune. . . Oue dire maintenant à M. de Surville. . . Je n'ai plus qu'à me brûler la cervelle.

jyjme puPRÉ , tombant dans un fauteuU.

Die|ix î impossible qu'aujourd'hui j'en réchappe. DUPRÉ , regardant par la fenêtre.

De celte fenêtre , qui donne sur la grande place, on aperçoit déjà tout le peuple rassemblé. . . et ce grand bûcher qui s'élève au centre ... les feux sont allumés. • mais personne encore n'y paraît. . . (j'egaidant par la porte) Eh! mais. . je ne me trompe pas. • . quel bonheur!. . M, de Survilie et Zéila qui viennent de ce côté. . . Brull-Pha-Gos les accompagne. . . n'oublions pas que pour lui je suis mort. . . . ma femme , reste-là ; je reviens dans l'instant,

Mme DUPJIÉ,

Comment, mon ami, tu t'en vas?

DUPRÉ

Je te dis que je suis là.

jime DUPRÉ.

N'importe ... ce n'est pas la même chose . . j'ai besoin de la présence.

Dupré entre dans le cabinet, madame Biipré reste dans le fond

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