SCÈNE XVÏI
M-neDUPRE, SUR VILLE, BRULL-PHA-GOS .
ZEILA.
BRULL-PHA-GOS,
Venez donc vite. . . au moins ici on peut parler en sûreté.
SURVILLE
Zélla, quelle a élé ma surprise en vous voyant traverser les jardins de la pagode où depuis une demi-heure j'attendais monsieur.
BRULL-PHA-GOS.
Mais il n'est pas question de cela, parlons de nos affaires, entendons-nous. Nous avons dit quaranfe mille piastres. .. .
SUR VILLE
Les voici dans ce portefeuille en bons sur la compagnie des Indes,
BRULL-PHA-GOS.
Cela suffit: et comme un honnête homme n'a que sa parole, je me charge de tout. Le nom de Zéiia sera à jamais en honneur dans le pays chacun porte ;»ux nues cette nouvelle Arthémise. Ainsi, Madame peut se regarder comme authentiquement brûlée.
M'"^ DUPRÉ , à pari..
Ah! le fripon. . . si je l'avais su.
BRULL PHA-GOS , à Zè.ila.
Voici même le procès- verbal que j'avai rédigé d'avance et avec lequel vous pouvez attester à qui de droit ...
ZÉlLA.
Je n'en ferai pas usage ; envoyez-le à ma famille , c'est tout ce que je demande. Mais comment espérez -vous faire ?
BRULL-PHA-GOS.
Cela me regarde ■ . . j'ai ici quelqu'un de disponible et sur lequel je compte pour vous remplacer.
M'"« DUPRE , à part et s' avançant.
C'est ce que nous allons voir.
BKULL-PHA GOS.
Sans cela , vnvis scnrez bien que je ne me serais pas avisé au moment môme .. . ah! vous voilà , maclame Dupré , j« suis enchanté àc vous trouver. . . Eh bien! ma chère amie , voilà un événement qui vous avance- . • vous m'avez dit que vous étiez prête. . . voici îe moment. .
StRVILLE.
Comment! ce serait madame ?
BRULL-PHA-GOS.
J'espère que vous n'avez pas à vous plaindre , une petite femme fort gentille , for! convenable. . . allons, partons. M'"" nuPRÉ.
A.vec grandplaisir , mon honnête monsieur; mais il n'y a qu'une petite difficulté.
ERULL-PHA-GOS.
Et quelle est-elle, sil-vous-plaît.''
jime QUPRÉ , ouvrant ii. porte.
Tenez , la voici
BRULL-PHA-GOS.
C'est Dupré !
SURVILLE
Ah ! mon ami , v ens donc ; combien je te remercie , j'ai suivi tes conseils, et tout est arrangé {montrant Brull-Pha- Gos) N"esf-il pas vrai ?
BRULL-PHA-GOS.
C'est-à-dire tout est arrangé. . . dans ce sens que je suis dans un furieux embarras, et que je ne sais trop comment faire.
SI UVILLE
Comment , morbleu ! voudriez-vous vous dédire ?
BRULL-PHA-GOS.
Du tout, du tout, vous avez ma parole . . . {regardant M'"^. Dupré) Mais c'est que je comptais. . . . ' regardant Dupr^ ) Il se porie bien.
DUPRÉ
Je vous préviens du reste que tout le peuple s'impatiente, et qu'il V a déjà quelques minutes que la cérémonie devrait «!re commencée.
LRULL-PHA-oos, à part.
Allons, il faul sortir de là. . . Ce beau mannequin que j'ai en réserve pour les bonnes occasions- ... il n'y a pas <i' autre moyen. . Ah çà, quoi qu'il arrive, vous me promettez le secret ;'
SURVILT.E..
Vous pouvez cire îranquiile , nous nous embarquons.
BRULL-PHA-GOS-.
C'est encore mieux ; mais ne tardez pas.. . Au moment où vous verrez la flamme briller , sortez alors , c'est le moment le plus favorable parce que tout le monde sera dans la grande place à jouir du spectacle.
DUPRÉ
Nous profiterons de vos avis.