SCÈNE XIIÏ
Les Mêmes, excepté SURVILLE.
BUULL-PHA-GOS.
Dieux! comme cela se rencontre ! moi qui venais demander à Dupré quelque moyen pour sortir d'embarras. M"' DUPRÉ , qui , pendant tout ce temps , est restée sur sa
chaise. '
On n'a jamais vu de femme plus malheureuse.
BRULL-PHA-GOS.
Je conçois combien votre douleur est légitime , ce cher Dupré était si bon.
Mme DUPRÉ.
Lui , il éiail brutal , colère , ah!
BRULL-PHA-GOS.
Je ne dis pas non. . . mais l'amour qu'il avait pour vous.
Mme DUPRÉ , de même.
Depuis cinq ans, il m'avait abandonnée.
BRULL-PHA-GOS,
Je ne dis pas non . . . mais la concorde qui, auparavant, régnait entre vous.
Bime DUPRÉ.
Nous nous disputions sans cesse. . . Ah! quelle perte! je suis bien malheureuse,
BRULL-PHA-GOS.
Je vous en prie , madame Dupré , calmez votre douleur , votre désespoir est si grand, que ce sera pour vous une consolation de remplir votre devoir.
// lui présente l'agenda sur lequel il a écrit.
M™^ DUPRÉ
Qu'est-ce que c'est ?
BRULL-PHA-GOS.
Une simple formalité ; il s'agit, comme veuve, d'écrire là votre nom.
M"'^ DUPRÉ , essuyant ses yeux.
Comment , voilà tout ce que vous exigez de moi ?
BRULL-PHA-GOS,
Pas autre chose,
M"" DUPRÉ
Eh bien alors!
BRULL PHA-GOS.
C'est tout uniment pour prendre date . . parceque souvent il y a foule. . . mais maintenant que vous êles enregistrée , vous voilà certaine. . .
M'"*^ DUPRÉ
De quoi .•*
BRULL-PHA-GOS,
De ce que je vous disais ce matin. . . de paraître à cette auguste cérémonie qu'ont établie en ces lieux nos lois et nos usages.
Mine DUPRÉ.
Gomment , monsieur , je serais obligée de mourir pour un mari qui ne sait pas vivre .''
BRULL-PHA-GOS.
On ne force personne. . , mais dès qu'on a signé, il n'y a pas moyen de s'en dédire.
( 25) Mais c'est donc une fournaise , un enfer , que ce pays-ci?
BRULL-PHA-GOS.
Vous avez au moins l'avanlage de ne pas attendre , et de profiter d'une belle occasion, . . un bûcher magnifique. . . . bûcher de première classe.
Mine DUPRÉ.
Ah! mon dieu! que faire , personne n'arrivera-t-il à mon secours.'*
BRULL-PQA-GOS.
Walse de Rossini,
Oui , parions à l'instant , Déjà 1 on vous attend.
Et voyez quel bonheur D'avoir un protecteur , Songez donc que personne N'eut un pareil honneur ; Le tour que je vous donne Est un tour de faveur.