II
M"" DUPRK.
FJle laimail donc bien!
BRULL-PHA-r.OS.
Elle ne pouvait pas le souffrir ; mais c'est c£^al ! c'esl l'u sage du pays . . Dès qu'un homme marie vient à mourir , il n'y a pas de milieu , il faut que sa femme soit brûlée vive!
M'"*' DUPRÉ
Mais voilà une coutume qui n'a pas le sens commun I
BRULL-PilA-GOS.
Je ne dis pas non, mais elle est très-productive , pour nous autres courtiers. Ecoutez-donc , il faut que tout le monde vive... Aujourd'hui, par exemple, c'esl une fort belle affaire... Ce n'est pas que nous n'ayons des frais. • Douze voies de bois de sandal , six fagoïs d'aloës.. Ce qui est énorme.
Vaudemlle de Vqltaire chez Ninon.
Quelquefois pourtant , j'en convien , La famille nous en tient compte ; Aussi mes affaires vont bien , Et ma fortune sera prompte.
Mme DUPRÉ , à part.
Je n'en reviens pas, c'est affreux!
{ à Brufl-Pha-Gos)
Au moins, dites-moi , je vous prie , Peut-on se faire , dans ces lieux , Assurer contre l'incendie.
BRULL-PHA-GOS.
Il n'y a pas encore de compagnie d'assurance.
^me DUPRÉ.
Mais, Monsieur, lorsque les gens ne sont pas du pays, leurs femmes sont-elles obligées ?. .
BRULL-PHA-r.OS.
Non , certainement. A. moins que les maris ne se soient fait naturaliser, auquel cas, il est jus^e qu'ils jouissent des prérogatives et des avantages .. .
Ail ! mon dieu !
( 12 ) BRULL-PHA-GOS.
Qu'avez-vous donc ? ' f
M™^ DUPRÉ
Rien . , . Vous appelez cela un avantage ?
BRULL-PHA-GOS.
C'en est un réel.
Air du Ménage de garçon.
Chez nous , souvent glace par l'âge, Maint vieil époux a le malheur De ne trouver dans son ménage Qu'indifférence et que froideur !
Mais un espoir calme son âme Et , tôt ou tard , chaque mari Est toujours certain que sa femme Finira par hrûler pour lui.
Allons, je reviendrai voir ce cher Dupré... Ah ! il est mané ... (^A part , en sortant. ) Encore une pratique de P'ws... {Il sort.)