‹ La Veuve Pinchon, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 16 sur 29 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

deste cadeau de noces que j’ai fait venir de Paris, et que je voulais déposer aux pieds... (Se reprenant et montrant un bonnet Irés-élégant gu'U tire du carton) C’esl-a-dire sur la jolie tête de mon aimable tante!...

Perrine. Ali! le joli bonnet, ma tante!...

Catherine. Ali ! monsieur Frédéric... c'est bien aimable! (Elle va pour prendre te bonnet.)

Philippe (i>n emparant). Ça un bounet! (Il le met sur son poing) Ça confectionné à Paris!... mais je ferais mieux que ça moi. ..-mais il est affreux !... Je suis sdr qu'il enlaidit... (Il le met sur la tête de Mulot.) Tenez... il rend très-laid !

Mulot (se trémoussant). Je ne ris pas!

Philippe ( le mettant sur la télé de doucheno/;. Il vieillit! Il vieillit d’au moins quarante ans...

Bouchenot (le débattant). Veux-tu bien ?...

Catherine. Philippe!...

Fhedéric. Il va l’abîmer!...

Philippe ( coiffant Frédéric de travers). F.t il est de travers ... II... est... de... travers...

Fbedéhic ( vexé ) . Voyons donc!... voyons donc!

Catherine. Philippe, je me ficherai.

Philippe (sans l'écouter, riant). Ah ! ali !... dis donc .. il est encore bon enfant cet autre, avec ses chiffons de quatre sous, comme si nous manquions de bonneis... et de plus beaux... et de plus chers... et de pas de travers... Comme si je n'étais pas la, quand tu voudras, pour t'eu aller chercher des quinze et des vingt... à Paris... dans la rue Vivienne... où on dit qu'il se fabrique ce qu’il y a de plus huppé dans ce genrela... Veux-tu que je parte tout de suite t’en chercher des bottes, à Paris... de bonnets?

Catherin b (a part, dépitée). En vérité, il le ferait exprès...

Philippe. Mais gardons toujours celui-là, tu as raison... ça peut servir... nous mettrons ça sur nos cerisiers pour faire peur aux moigniaux.

(Il le roule et le met dans sa poche.)

Frédéric et Perrine. Ah! mon Dieu!

Mulot (à pari). Bon! il est vexé!

Bouchenot (aux autres). Ah! ça, il a quelque chose...

Catherine (à elle-même, dépitée). Voilà qui est un peu fort!...

Perrine (avec regret). Un bonnet si gentil !

Catherinh ( bas à Philippe, d'un ton impérieux). Philippe, il faut que je vous parle.

Philippe. Seul à seul ?...

Catherine. Oui.

Philippe (avec un salut militaire). SufQcit, mon général !... Allons, les amis, vous êtes tous bien gentils... mais j>rivez-nous quelque peu de votre aimable société... vous reviendrez dans un moment... j'ai quelque chose à vous offrir avant le repas, auquel je vous invite tous... et au bal aussi... bien entendu...

Frédéric (remerciant). Ah! monsieur le marié...

Philippe. Excepté vous!

Frédéric. Hein?

Philippe. Je ue vous invite pas...

Mulot (bas'. Ali! bravo!...

Perrine. Par exemple!...

Catherine (regardant Philippe). Monsieur Frédéric, je vous invite, moi.

Frédéric. A la bonne heure.

Philippe (à demi-voix). Et moi, je ne vous invite pas...

Frédéric ( ironiquement ). Prenez garde, inon cher, vous n’étes pas sage... vous vous ferez mettre en pénitence... ali ! ah ! ah!...

PHiLippEfrion/). Ah! ah! ah! farceur!... (Il lui appuie la main sur Cèpaule et pèse vigoureusement.)

Frédéric (pliant) Oh!... (Même jeu de Philippe.) Oh!... que le diable!...

Philippe. Je oe vous invite toujours pas!

ENSEMBLE

CHOEUR de la Part du Diable.

N-i-n-i , c’esl fini !

Tous les deux ont prononcé foui ;

Heureux époux Vous v'Ià chez vous ;

La cérémonie Est Unie.

N-i-n-i C'est Hui ;

Tendres époux D'un sort si doux Nous sonuu'és jaloux.

Nous r’viendrons tous Au rendez-vous Faire les fous.

( Les invités sortent par lejond.)

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