FRÉDÉRIC
Aile?, donc, «piand la tante appelle Il ne faut pas lui donner de Ihmneur;
Au revoir, Perrîne, ma belle
De vous dépend aujourd'hui mon bonheur.
SCÈNB III.
FRÉDÉRIC, MULOT, puis PHILIPPE.
Frédéric (à lui -même). Délicieuse petite ii Ile ! — Je ferai des folies pour elle! excepté celle de l’épouser, par exemple!
Mulot (qui s’est approché derrière lui) Qu es! ce que vous lui cuchotiez donc comme Ç« dans le tuyau de l'oreille, vous?
F rédéric. Vous êtes bien curieux, mon bon?
Mulot. Je ne suis pas votre bon. , Je 11e suis le bon de personne...
Frédéric. Ab !
Mulot. Il n’y a pas d’./ ni de fl... el si sa tante vous protège , moi , je me ferai soutenir par mon parrain, qui va devenir son oncle... Et nous verrons...
Frédéric. Ton parrain... Philippe? Peste I voilà un protecteur .. un militaire de ce calibrelà... un gaillard qui rendrait des points à- Dumanet.
Mulot. Qui ça, Dumanet!
Frédéric (riant). Un conquérant de l’Algérie... célèbre par son courage et son intelligence comme ton parrain Philippe. (Oh entend rire bruyamment en dehors.)
Philippe (en dehors). Mais laissez donc...
mais laissez donc...
Frédéric. Tiens, le voilà, je crois.
Philippe (en dehors). Ab! que c’est béte! voulez-vous finir, vous autres? Je vas le dire à marne Catlieriné... vous verrez... (Il entre et Jerme la porte., sa toilette est dérangée.)
Mulot. Et ç’a été fantassin dans la cavalerie d’Afrique...
Philippe (parlant à travers la porte.) Allez. mes enfants, riez, amusez-vous... mais manie Catherine vous paiera tout ça .(Ouvrant un carnet.) Je vas vous coucher dessus mou livre , (Il écrit.) Gorju, Thomas, Gorenflot, Perruclioii
Frédéric (riant). Qu’est-ce qu’on lui a fait? qu est-ce qu'on lui a fait ?
Philippe. C'est ees garnements-là qui inc bousculent... qui me tirent mon habit neuf et qui m'abîment nia frisure de noces... que c’est béte !... (Il se rajuste.)
Frédéric (le regardant). Il s’est fait friser!...
Philippe. Mais nous voirons.., (Montrant
le carnet ) V’Ià leurs noms... Je les dirai à ma femme.
Mulot. A votre femme!... si ça ne fait pas gémir!... Avec une carrure comme la vôtre...
avoir besoin que votre femme vous défende!
Est-ce que vous n êtes pas assez fort ?
Philippe Oui, que je le suis... assez fort !... (Il serre te poignet de Mulot, appuie une main
dn, r) PaU e d<: F ' éd, ric et le jaU P ,ier en
Mulot (criant). Ali!...
Philippe (tranquillement). Je suis assez tort.... niais puisque Catherine ne veut pas 1 l-ti-ec mystère.) L’avez-vous déjà vue vous autres ?..
Frédéric. Pas encore, mon futur oncle!...
Mulot (rageant). Hein ! vous avez entendu?
Philippe ( avec calme). Oui... il a dit Pas encore, mon futur oncle!...
ai L lot. ht ça ne vous tait pas bondir, vous mon parrain? ’
. Pm'-ii-PK (avec calme). Pourquoi donc que le bondirai? (J Frédéric . — Désignant 1/hlot.) A cause donc, que je bondirais, hein ?
Frédéric ( r/ui riait). Ab ! ah ! ah ! (Philippe "" !" ee ,a main *" r /'épaule et te fait plier.)
Mulot (rageant). Oli !...
Philippe (à Frédéric). Ali ça! vous êtes donc construit en osier !... ou en caoutchouc, vous... « rit.) Vous seriez bon à faire des sommiers élastiques. (H fait te geste de s ’asseoir et bondir plusieurs fois. - Riant.) Hé! hé! lié!
Frédéric (à part). Est-il bétel... me coinparer à...
Philippe (a’muÿo»/ les yeux et poussant ' ' fl * r,r J- S? ,a ne farceur, va !... me fait-il rire 1 (.-/ Mulot Comme ça, ma femme est toujours f,re «mille! nom d mie pipe !... ( Frédéric.) Je peux jurer... elle ne m entend pas... Ab! nom vhu, epine! Doit-elle être gentille, avec sa robe de mariée!... Restez la... Je vas vous dire ça...
(// va pour entrer dans la chambre.)
Frédéric (te retenant). Hé! doucement...
doucement . sa toilette n’est peut-être pas finie.
Philippe. Vous croyez? tant mieux !
», ,, . (U va pour entrer.)
Mulot (le retenant brusquement) Mais quand on vous dit qu’elle s'habille!
m,Mi IL J P » PE ‘ I,eu! " a Ç rès? — Animal ! puisqu elle est quasiment ma femme!
Air : du Parnasse des dames.
I. 'matin du jour où l’on s'marie D’la porte on nos* franchir le seuil;
L pauvre époux, par supercherie Lontr la serrure applique un œil.
Mais le soir, c'est une autre affaire ht c moment-lâ me pldt bien mieux'*
Avec permission d’mosieur l'mairo *
Je pourrai rbquer les «leux veux.
Je compte bien ouvrir les dî*ux yeux.
. (// frappe discrètement )
Catherine! mam* Philippe !...
Pebbixe (en dedans). Qu'est-ce qui est là?
C'est t’y un carton ? (Elle ouvre.)
Philippe. Non... c’est moi... le mari...
Pebbixe. On n’entre pas!... ( Elle veut refermer.)
Phi lippe ( retenant la porte). Laisse donc... puisque je suis le...
Pebbixe. Ça ne Tait rien.
Philippe (même jeu). Ah ça! voyons donc!...
Je te dis que je veux...
Cathebixe ( dans la chambre). Monsieur Philippe, je ne veux pas !
Peiuunf. . Vous entendez! Ma tante ne veut pas.
Philippe ( cédant tout à coup). Ah ! c’est différent... Du moment que ma temme ne veut
pas...
Pebbixe. Là... (Elle ferme la porte.)
FnÉnÉitic (liant). Voilà ce que c’est!...
Mulot. Si ça ne fait pas... (Haussant les épaules) Ali ! mon Dipu! mais rien que pour ce mot-là Je. ne veux pas... je serais entré, moi, à travers des barricades, à travers Perrine, a travers tout... Vous ne savez donc pas qu’il y a écrit dans la loi : « l.a femme doit obéissance à son mari. »
Philippe. Mais, bêta... quand la femme veut que ce soit le mari qui obéisse.
Mulot (interdit). Hein ?...
Fbéuéric (riant). Bravo! bien répondu!
Philippe Pas vrai ? (// va pour lui mettre la main sur l'épaule. Frédéric fait un demitour et Cécile. — Il reste la main étendue d'un air surpris .) Ousque vous allez donc.
Mulot. Mais vous êtes encore plus conscrit que quand vous êtes parti pour l’armée... mais vous êtes un vrai Pin 'lion II, comme ils vous appellent dans le village .. Est-il Dieu de Dieu possible 1 ... n’avoir qu’un parrain et qu’il soit bonacc comme ça !
Philippe. Ah!je suis bonacel... Ah! je suis bête !... n’empêche pas que Catherine a refusé le maître d’école Bouchenot, avec tout son esprit, et le maître de poste avec tous ses écus... et le maréchal, avec son air crâne... et qu’elle m’a accepté, moi, avec mon air bête... Donc, c’est pas si bête d’être bête! (Frappant sur l’épaule à Frédéric.) Pas vrai, vous?
Fbédéric ( trébuchant ). Ah ! mais dites donc, tourlourou ?
Mulot ( poussant Philippe du coude). Tourlourou! Il vous appelle tourlourou. Mais tapez donc dessus! Mais vous ne savez donc pas qu’il est mon rival !... qu’il va m’enlever Perrine... et qu’il arrivera un malheur, si ça arrive?
Philippe. Eh ben! Pourquoi que tu ne la demandes pas à sa tante? Je te soutiendrai, moi.
Mulot. Vous!...
Fiiédéhic (riant). Parbleu !...
Philippe Oui, moi !... Est-ce que je ne suis pas ton parrain ?
Mulot. Oui... mais, si vous faites eucorela poule mouillée... si vous ne me soutenez pas,
1*1 NC H ON.
voyez- vous, je vous perds de réputation dans tout le village... Je ne vous appelle plus que ma marraine, ma marraine Philippe!...
Philippe. Je te soutiendrai.
Fbédébic. C’est ça... Fais ta demande... (lus porte s’ouvre.) Voici justement la mariée.
Philippe (vivement). Ma Catherine !... (Ouvrant ta porte du fond.) La v’ià ! la v’Ia!...
Eh! les amis!... arrivez donc!... la v’Ià!...