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courageux, de comprendre où ils vont et de voir leur but et leurs chances. Il faut l’enthousiasme !
Vette méconnaissance du rôle de l’opinion a été l’erreur commune de tant de conspirateurs au dix-neuvième siècle
Gustave Geffroy nous a présenté, sans y insister assez, la stupeur de Blanqui, maître de l'Hôtel de Ville, installé là par la réussite d’un beau coup de force, imprévu, inattendu ! Il y demeure seul, avec une poignée de partisans, abandonné par une population qui ne sait rien et qui ne comprend pas !
Sous la Restauration, dans les complots incessants ourdis par les militaires pleins des souvenirs de Napoléon, ou par des révolutionnaires admirateurs des Jacobins, on partait de cette idée que le peuple français, et surtout le peuple parisien, était révolutionnaire comme en 03. Les armées étrangères avaient installé les Bourbons. Un coup de main heureux pouvait les jeter par terre. Aussitôt, le peuple de Paris se soulevait. La révolution était faite !
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Pourtant, quand la révolution de Juillet éclata, aucun complot ne l'avait fomentée ! C’est la force de l’opinion, une inquiétude qui grandissait depuis plusieurs années, des rancunes qui fermentaient, les coups de fouet de la presse dont la liberté était menacée. C’est tout cela qui la soulevait.
En revanche, les partisans des complots mystérieux et des coups de force à la Blanqui pourraient répondre que, sous Louis-Philippe, les insurrections ne cessèrent pas. Chaque année, on pourrait dire chaque trimestre, les pavés se dressaient en barricades dans quelques coins de Paris et une centaine de héros se faisaient tuer pour l’idée républicaine. Ces émeutes ne furent point perdues. Elles ont abouti à la Révolution de 1848.
Oui ! maïs la France n’a pas suivi La
: Révolution de 1848 a répété en grand Île -destin de Blanqui s’emparant de l'Hôtel de Ville. Sitôt consulté, le peuple de pro-
vince et des campagnes s’est prononcé contre elle.
Sous Napoléon III, il n’y a plus d’insurrections : il n’y a que des attentats.
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Depuis la République, on pourrait dire que la rue n’a bougé que contre nous |!
Elle a bougé pour Boulanger. Elle a bougé contre les dreyfusards ! Si ! il y a eu l'insurrection contre Jules Ferry ! et les manifestations pour Ferrer ! et quelques beaux premier-Mai !
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Oh ! une bonne étude sur l’opinion !
On se contente d'évoquer l’idée en gros, sans préciser ; on parle de l’opinion pu- blique, on lance des appels à l’opinion 1 publique. Il faudrait entrer dans le détail. Il faudrait la confronter avec les modes, les emballements pour la toilette ou pour le cinéma, ou pour telle chanson en vogue que tout le monde fredonne, on
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pour les sports. < Il faudrait, surtout, étudier de près + ë l’action de la presse. + ; Qu’y a-t-il de commun entre l'opinion d'autrefois, avant les journaux, par exemple aux premières années de la Révolntion (ce que Taïine appelle l’époque 4 de la grande peur) et l’opinion du peuple français d’aujourd’hui ? Où chaque matin :
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