‹ La victoire en dérouteChapitre 107 sur 169 · LU · texte numérisé non relu

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me l’ouvrier partant pour l'usine reçoit son journal, le lit et s’en pénètre.

Il y a seulement trente ou quarante ans, beaucoup de gens ne lisaient pas ou

- rarement le journal. Aujourd’hui, l’ha-

bitude de cette lecture quotidienne, que maudissait Théophile Gautier, est devenue universelle.

Par là, l’opinion, selon la prédiction de Karl Marx, est devenue une marchandise.

C’est une grosse entreprise commerciale qu’un journal ! Où est le temps des journaux d'opinion, comme L’Intransigeant, d'Henri Rochefort 1

Ils ont disparu. À leur place, quelques grand quotidiens, Petit Parisien, Matin, Journal, et en province Le Petit Marseillais, La Dépêche de Toulouse, tiennent l'opinion.

À condition d’agir prudemment, ils peuvent la former. Si le gouvernement et les grands quotidiens sont d’accord, le peuple français pense comme ils veulent, Contraste saisissant ! La démocratie est le régime de l’opinion. Or, en régime capitaliste, l’opinion est une marchandise qu’on fabrique et qu’on achète !

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